En plein tumulte géopolitique et financier, Bitcoin repasse en mode risque et laisse craindre un nouveau scénario de correction profonde.
La géopolitique fait trembler Bitcoin
Les marchés financiers replongent dans la nervosité à mesure que la guerre US-Iran s’intensifie. Ces incertitudes géopolitiques ont ravivé la peur chez les investisseurs, faisant basculer à la fois les marchés actions et Bitcoin (BTC), désormais de nouveau corrélé positivement avec le S&P 500.
Après avoir démontré une étonnante résilience début mars, surpassant l’or et les indices boursiers, ma première cryptomonnaie affiche désormais un recul marqué, victime d’une vague de panique globale.
Selon les dernières données de sentiment, plus de 52 % des investisseurs particuliers se déclarent pessimistes, un niveau de défiance inédit depuis mai 2025. Les indices de peur ont plongé à des extrêmes, reflétant un climat d’incertitude alimenté par l’ultimatum de 48 heures lancé par Donald Trump concernant le détroit d’Ormuz et par la disparition progressive des espoirs de baisse des taux de la FED. Certains observateurs craignent même un tour de vis monétaire supplémentaire, ce qui pèserait encore davantage sur les actifs risqués.
L’analyste Tony Severino avertit que le retour de la corrélation Bitcoin–S&P 500 au-dessus de zéro, après une période négative, a souvent précédé des crashs boursiers suivis d’une chute du Bitcoin. Dans un tel scénario, les rebonds observés ces derniers jours pourraient n’être qu’un « dead cat bounce », c’est-à-dire un simple rebond technique avant une nouvelle phase de baisse plus marquée.
Jusqu’où ira la chute ?
Sur le plan technique, le cours du BTC a cédé près de 6 % sur la semaine et est retombé à 68 100 $ après la cassure d’une figure de tête et épaules le 21 mars. Cette rupture de support ascendant ouvre théoriquement la voie à un objectif baissier autour de 62 200 $, un niveau déjà identifié par plusieurs analystes comme cible potentielle. Une divergence haussière du RSI pourrait toutefois permettre un rebond à court terme si le BTC parvient à regagner les 69 500 $.
Malgré la pression vendeuse, les investisseurs institutionnels et les détenteurs à long terme semblent profiter de la baisse. Le nombre de baleines crypto a atteint 1 283, son plus haut en un an, et les positions de long terme ont bondi de 12 % entre le 21 et le 22 mars. Cette accumulation massive laisse penser qu’une partie du marché perçoit la correction actuelle comme une opportunité d’achat.
Reste que les zones d’offre situées entre 69 400 $ et 70 700 $ abritent plus de 670 000 BTC susceptibles d’être revendus en cas de rebond, freinant toute reprise durable. Seul un franchissement clair de 70 700 $, puis 71 200 $ ouvrirait la voie vers une stabilisation, et un retour au-dessus de 75 900 $ serait nécessaire pour invalider la dynamique baissière. Dans le cas contraire, la perte du seuil de 67 600 $ relancerait la chute en direction des 64 000 $, puis possiblement des 62 000 $, voire 59 600 $ si la panique s’intensifie.
La morale de l’histoire : à trop vouloir grimper sans parachute, Bitcoin finit toujours par vérifier la gravité.