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François Villeroy est remis en question par le PDG de Coinbase à Davos

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Mis à jour par
Célia Simon

21 janvier 2026 14:18 CET
  • Brian Armstrong remet en question les propos du chef de la banque centrale française, affirmant que Bitcoin est plus indépendant que les autorités monétaires souveraines.
  • Le débat de Davos marque un tournant majeur dans l’affrontement direct du défi que représente Bitcoin pour les banques centrales.
  • En parallèle, le PDG de Coinbase accuse les banques de faire pression contre la concurrence crypto.
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Ce mercredi 21 janvier, le PDG de Coinbase, Brian Armstrong, a placé Bitcoin au cœur du débat sur les politiques publiques du Forum économique mondial (WEF), notamment avec un face à face intéressant avec le gouverneur de la banque de France.

Ses commentaires tombent alors que les marchés anticipentfortement la venue du président américain Donald Trump au forum de Davos, compte tenu de ses déclarations souvent improvisées sur le commerce, les tarifs douaniers et la géopolitique.

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L’indépendance de Bitcoin face aux banques centrales

Le dirigeant de Coinbase a directement interpellé le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, sur la question de l’indépendance monétaire.

« Je fais davantage confiance aux banques centrales indépendantes dotées d’un mandat démocratique qu’aux émetteurs privés de Bitcoin », a rapporté Gareth Jenkinson, citant Villeroy de Galhau lors d’une discussion à Davos.

Cette déclaration fait écho à une position de longue date parmi les banquiers centraux, selon laquelle les institutions souveraines sont intrinsèquement plus légitimes que les alternatives décentralisées.

Armstrong a choisi de recentrer le débat sur la question du contrôle et de l’émission, plutôt que sur le mandat politique.

« Bitcoin est un protocole décentralisé. Il n’existe en réalité aucun émetteur. Ainsi, dans la mesure où les banques centrales sont indépendantes, Bitcoin l’est encore davantage. Aucun pays, entreprise ou individu ne le contrôle dans le monde », a expliqué Armstrong.

Cet échange a constitué l’un des rares moments du WEF durant lesquels Bitcoin lui-même – et non simplement la blockchain ou la finance tokenisée – a été directement débattu.

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Des années durant, les panels du WEF se sont en majorité concentrés sur les registres autorisés, l’adoption institutionnelle et les monnaies numériques de banques centrales, tout en évitant généralement d’aborder le défi posé par Bitcoin à la souveraineté monétaire.

Cette dynamique a cependant commencé à évoluer lors du WEF 2026, en partie sous l’effet de questions insistantes de la part de journalistes présents sur place.

Gareth Jenkinson a ainsi interrogé Armstrong lors de la session « Crypto à la croisée des chemins », pour lui demander si les États-Unis donneraient suite aux discussions concernant l’établissement d’une réserve stratégique en Bitcoin.

La réponse d’Armstrong visait à présenter Bitcoin moins comme un actif spéculatif que comme un réseau monétaire mondial et neutre, que les gouvernements sont de plus en plus forcés de reconnaître plutôt que d’ignorer.

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Bitcoin s’invite dans le débat stratégique et macroéconomique

Armstrong a d’ailleurs continué d’affûter sa critique du système TradFi. Dans un entretien distinct accordé à CNBC, il a accusé le lobby bancaire américain de tenter d’étouffer la concurrence par le biais d’une pression réglementaire, notamment au sujet de la législation sur le stablecoin.

En faisant référence au CLARITY Act, maintenant en stand-by, Armstrong a estimé que les banques s’efforçaient de priver les plateformes crypto de la possibilité de proposer des rendements, non pas pour une question de risque systémique, mais en raison d’une menace concurrentielle.

« Leurs groupes de lobbying et leurs organisations professionnelles interviennent et essaient d’interdire la concurrence », a déclaré Armstrong, ajoutant que les entreprises crypto devraient pouvoir rivaliser sur un terrain réglementaire équitable, plutôt que d’être exclues par les acteurs historiques.

Le calendrier de ces débats coïncide par ailleurs avec une inquiétude macroéconomique croissante concernant le système financier mondial.

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Ray Dalio, figure historique des fonds spéculatifs, également interrogé par CNBC durant la semaine de Davos, a averti que l’ordre monétaire actuel était sous pression.

« L’ordre monétaire est en train de s’effondrer », a déclaré Dalio, évoquant l’augmentation de la dette et l’évolution des stratégies de réserves parmi les banques centrales et les fonds souverains.

Il a relevé que le retour de l’or sur le devant de la scène traduit des inquiétudes accrues concernant la stabilité des monnaies fiduciaires. Ces préoccupations s’étendent désormais de plus en plus aux alternatives numériques telles que Bitcoin.

Les signaux politiques provenant de Washington suggèrent que Bitcoin n’est plus totalement extérieur au calcul stratégique de l’État. Le secrétaire au Trésor américain, Scott Bessent, a confirmé en 2025 que tout Bitcoin saisi lors d’opérations judiciaires serait ajouté à la réserve stratégique des États-Unis.

Bien qu’il ne s’agisse pas d’une adhésion franche, cette initiative traduit une reconnaissance discrète de la résilience de Bitcoin en tant qu’actif monétaire. Pris dans leur ensemble, les échanges à Davos témoignent d’une évolution subtile mais significative. Ainsi, Bitcoin n’est plus simplement un élément perturbateur extérieur auquel on se contente de s’opposer de loin. Il fait désormais l’objet de débats de plus en plus nombreux, parfois inconfortables, au sein même des institutions qui tentaient autrefois de l’ignorer.

La morale de l’histoire : “Touche pas à mon Bitcoin”.

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