Entre volatilité, désillusion et espoir suspendu, Bitcoin semble plongé dans la phase la plus inconfortable de son cycle : celle où rien ne bouge, mais tout se joue.
Bitcoin entame une période difficile
Bitcoin traverse l’une de ces périodes où ni les optimistes ni les sceptiques ne trouvent leur compte. Malgré une série de secousses, le marché semble suspendu entre peur et attente, dans une zone où la conviction s’étiole et la volatilité épuise la patience des investisseurs.
Selon CryptoQuant, trois indicateurs clés confirment cette situation : la demande apparente, l’indicateur de cycle et le Long-Term Holder SOPR. Ces outils suggèrent que le cours du BTC évolue actuellement dans une phase psychologiquement difficile du cycle, un moment de consolidation qui précède souvent les grandes décisions du marché.
Après une brève reprise de la demande à la suite d’une chute des prix, les acheteurs opportunistes ont vite disparu, révélant une faiblesse structurelle de la demande. Le signal est clair : peu d’acteurs ont aujourd’hui la conviction nécessaire pour soutenir durablement les prix.
L’indicateur de cycle de CryptoQuant souligne cette transition vers un marché baissier latent. Le prix oscille latéralement, la volatilité reste forte, mais sans direction nette, un terrain fertile pour la lassitude et le désengagement. En parallèle, le SOPR des détenteurs à long terme est passé sous 1, ce qui signifie que même ces investisseurs de conviction commencent à réaliser des pertes. Historiquement, c’est un signe que le marché entre dans une phase de redistribution, les mains faibles cédant leurs positions à de nouveaux entrants à plus bas coût.
Tous les signaux au rouge ?
L’incertitude macroéconomique justifie pour beaucoup le phénomène. Arthur Hayes, cofondateur de BitMEX, indique qu’il ne déboursera pas un dollar dans Bitcoin, évoquant les tensions géopolitiques, notamment entre les États-Unis et l’Iran, ainsi qu’une politique monétaire américaine encore restrictive. Selon lui, seule une injection de liquidité par la FED offrirait le bon signal pour un retour massif des acheteurs. À l’inverse, un prolongement du conflit au Moyen-Orient pourrait faire plonger le cours du BTC sous les 60 000 $, déclenchant une cascade de liquidations.
Les données on-chain renforcent cette lecture prudente. Environ 40 à 45 % de l’offre en circulation est désormais détenue à perte, un niveau typique des débuts de marché baissier. En revanche, les véritables bottoms, observés en 2015, 2019 et 2022, se sont produits quand plus de 50 % de l’offre était dans le rouge. Autrement dit, la pression actuelle pourrait encore s’intensifier avant un possible retournement durable.
Enfin, les taux de financement atteignent leur plus bas niveau depuis 2023, autour de 6 %, plaçant le marché dans son 30e percentile. Les positions vendeuses dominent : sur les 30 derniers jours, 25 ont affiché un funding négatif, un phénomène inédit depuis plus de deux ans. Les traders short paient pour maintenir leurs positions, signe d’un déséquilibre croissant entre pessimisme et espoir latent.
Bitcoin se trouve donc dans une phase charnière : pas encore prêt à rebondir, mais déjà trop fragile pour chuter trop loin. Une période frustrante où l’attente devient le test ultime de la patience des investisseurs.
La morale de l’histoire : tout vient à point à qui sait attendre… sauf quand Bitcoin, préfère tester la patience avant les portefeuilles.