Retour

Le rapport qui détruit entièrement la potentielle menace du quantique sur Bitcoin

Préférez-nous sur Google
author avatar

Ecrit par
Kamina Bashir

editor avatar

Mis à jour par
Célia Simon

09 février 2026 19:11 CET
  • CoinShares affirme que la menace de l’informatique quantique pour Bitcoin reste encore très lointaine.
  • Environ 0,1 % de l’offre de Bitcoin serait plausible vulnérable au risque quantique.
  • Des experts alertent également sur le risque pour la neutralité de Bitcoin en cas de changements précoces du protocole.
Promo

Les craintes selon lesquelles l’informatique quantique pourrait un jour briser la cryptographie de Bitcoin ont refait surface. Pourtant, un nouveau rapport de CoinShares affirme que les risques liés au quantique restent finalement assez loins de nous, seule une fraction de l’offre de Bitcoin y étant potentiellement vulnérable.

Le rapport présente l’informatique quantique comme un défi d’ingénierie sur le long terme. Il estime en effet que Bitcoin dispose de suffisamment de temps pour s’adapter bien avant que les machines quantiques n’atteignent une échelle suffisante pour casser sa cryptographie.

Sponsored
Sponsored

La menace quantique revue à la baisse pour Bitcoin

Dans ce rapport intitulé « Quantum Vulnerability in Bitcoin: A Manageable Risk », Christopher Bendiksen, responsable de la recherche Bitcoin chez CoinShares, a expliqué que Bitcoin repose sur la cryptographie à courbe elliptique pour sécuriser les transactions.

En théorie, un ordinateur quantique suffisamment puissant pourrait utiliser l’algorithme de Shor pour dériver des clés privées à partir de clés publiques. Cela permettrait d’effectuer des dépenses non autorisées.

Toutefois, Bendiksen a souligné qu’une telle attaque nécessiterait des machines quantiques dotées de millions de qubits stables et corrigés des erreurs. Ce scénario se trouve bien au-delà des capacités actuelles.

« Briser secp256k1 dans un délai raisonnable (<1 an) nécessite 10 à 100 000 fois plus de qubits logiques qu’actuellement ; une technologie quantique pertinente n’est pas attendue avant au moins 10 ans. Des attaques à long terme pourraient s’étendre sur plusieurs années et deviennent envisageables d’ici une décennie ; les attaques à court terme (attaque de mempool) nécessitent des calculs en moins de 10 minutes, ce qui reste infaisable sauf à très long terme (décennies) », peut-on lire dans le rapport.

Le rapport s’est également penché sur l’ampleur de la réelle exposition de Bitcoin. Selon Bendiksen, seuls environ 1,6 million de BTC, soit à peu près 8 % de l’offre totale, sont logés dans des adresses héritées Pay-to-Public-Key (P2PK) où les clés publiques sont déjà exposées. Cependant, le véritable risque pratique est bien moindre.

Sur ce montant, le rapport estime qu’environ 10 200 BTC pourraient raisonnablement être ciblés d’une manière qui aurait un réel impact. Cela représente moins de 0,1 % de l’offre totale de Bitcoin.

Sponsored
Sponsored

« Les ~1,6 million restants sont répartis dans 32 607 UTXO individuels d’environ 50 btc chacun, qui nécessiteraient des millénaires pour être débloqués, même dans les scénarios d’évolution technologique les plus exagérément optimistes en matière d’informatique quantique », indique Bendiksen.

Les pièces restantes qui s’avèrent vulnérables sont dispersées sur des dizaines de milliers d’adresses. Cette distribution rendrait, selon l’analyse, toute exploitation à grande échelle lente et opérationnellement impraticable, ce même pour des systèmes quantiques avancés.

Cette exposition limitée est due aux types d’adresses modernes. En effet, les adresses Pay-to-Public-Key-Hash (P2PKH) et Pay-to-Script-Hash (P2SH) ne révèlent les clés publiques qu’au moment où les pièces sont dépensées, réduisant ainsi considérablement la surface d’attaque.

Bien qu’il existe déjà des propositions de cryptographie post-quantique, Bendiksen met en garde contre tout changement prématuré ou forcé. Il avertit en effet que cela pourrait introduire de nouveaux risques, affaiblir la décentralisation ou reposer sur des schémas cryptographiques qui n’ont pas encore été suffisamment éprouvés en situation réelle d’attaque.

Sponsored
Sponsored

« Pour l’avenir prévisible, les implications sur le marché semblent limitées », ajoute Bendiksen. « La préoccupation majeure est de préserver l’immuabilité et la neutralité de Bitcoin, qui pourraient être compromises par des changements prématurés du protocole. »

En parallèle, cette perspective rejoint celle d’autres acteurs de l’industrie, notamment Jameson Lopp, cofondateur de Casa et Charles Hoskinson, fondateur de Cardano, qui ont tous deux affirmé que l’informatique quantique ne représente pas une menace pour la cryptographie de Bitcoin à court terme.

Le risque quantique reste bien présent pour d’autres

Cela dit, tous les acteurs du marché ne partagent pas ce point de vue. Certains investisseurs institutionnels prennent de plus en plus en compte le risque quantique dans leur exposition à Bitcoin, plutôt que de le considérer comme une préoccupation lointaine.

BeInCrypto a notamment rapporté que le stratège Christopher Wood a réduit une allocation de 10 % en Bitcoin dans le portefeuille modèle de Jefferies, réallouant le capital vers l’or et les actions minières. Cette initiative a lieu dans un contexte d’inquiétudes quant au fait que de futurs progrès dans l’informatique quantique pourraient menacer la sécurité de Bitcoin.

Sponsored
Sponsored

Dans le même temps, plusieurs projets blockchain prennent déjà des mesures proactives. En effet, coinbase, Ethereum et Optimism ont présenté publiquement des initiatives pour se préparer à l’ère post-quantique.

Charles Edwards de Capriole Investments a également suggéré que le cours de Bitcoin pourrait devoir baisser davantage avant que le réseau n’attire une attention suffisante sur la question de la sécurité quantique. Il considère la pression du marché comme un catalyseur potentiel à une discussion technique plus large.

« Les 50 000 $ ne sont plus très loin. J’étais sérieux l’an dernier en disant qu’un prix plus bas serait nécessaire pour inciter à un véritable intérêt envers la sécurité quantique de Bitcoin. C’est le premier progrès prometteur que nous ayons constaté à ce jour », a-t-il déclaré.

Edwards a ajouté qu’il reste encore beaucoup de travail à accomplir, en notant que les initiatives de préparation quantique de Bitcoin devraient s’accélérer à partir de 2026.

La morale de l’histoire : Le quantique est un loup pour Bitcoin… avec l’ombre d’un yéti.

Avis de non responsabilité

Avis de non-responsabilité : Conformément aux directives de The Trust Project, BeInCrypto s'engage à fournir des informations impartiales et transparentes. Cet article vise à fournir des informations exactes et pertinentes. Toutefois, nous invitons les lecteurs à vérifier les faits de leur propre chef et à consulter un professionnel avant de prendre une décision sur la base de ce contenu.

Sponsorisé
Sponsorisé