Alors que l’or flirte avec des sommets historiques et devrait encore s’envoler dans les prochains jours, l’argent, lui, dévisse brutalement, révélant la nervosité d’un marché en perte de repères. Que se passe-t-il ?
Le cours de l’argent trébuche
L’argent a connu un véritable ascenseur émotionnel sur les marchés ces derniers jours. Après une envolée historique de plus de 14 %, le métal blanc a brutalement dévissé, enregistrant une chute de près de 7 % en une séance à New York. Ce repli spectaculaire intervient alors que l’or franchissait le seuil des 5 000 $, attirant les capitaux des investisseurs qui fuyaient les devises et les obligations d’État en pleine tourmente.
Selon les données relayées par The Kobeissi Letter, le cours de l’argent a touché les 117 $ avant de retomber brutalement, sous l’effet direct de prises de bénéfices massives. Un phénomène qui lui aura fait perdre pas moins de 900 milliards de dollars de capitalisation en une heure !
SponsoredCette correction est d’autant plus marquante qu’elle survient après l’une des plus fortes progressions intrajournalières depuis 2008. La hausse fulgurante de l’argent s’expliquait par une quête de refuge face à la perte de confiance dans les devises fiduciaires et les marchés obligataires. Mais comme souvent en période de frénésie, la spéculation a pris le dessus, poussant de nombreux acteurs à encaisser leurs gains dès les premiers signaux de surchauffe.
La société Heraeus a d’ailleurs évoqué la fin possible du rallye des métaux précieux, invoquant des indicateurs techniques au rouge vif et une compression du ratio or/argent qui traduit une tension extrême.
Un rebond à venir ?
Pour les investisseurs, la question est désormais de savoir si cette chute n’est qu’un accident de parcours ou le début d’un retournement durable. Malgré la violence du mouvement, le cours de l’argent a rapidement trouvé un point d’appui autour de 103 $, avant de se stabiliser puis de remonter au-dessus de 110 $.
Ce rebond partiel traduit une résistance notable du marché, soutenue par la faible performance du dollar en baisse de près de 2 % sur six séances et par les anticipations liées à la politique monétaire américaine. La perspective d’une aide au yen, la nomination prochaine du nouveau président de la FED et l’attente de la décision du FOMC alimentent un climat d’incertitude propice aux mouvements brusques.
Les spécialistes du secteur estiment que le maintien de l’argent au-delà de 110 $ pourrait ouvrir la voie à un retour vers 115,50 $, dessinant un possible rebond en « V ». En revanche, une rechute sous 105 $ confirmerait qu’une phase de correction plus profonde est en cours.
La morale de l’histoire : même les métaux précieux ont leurs jours de rouille.