Le crash du marché crypto force les experts à réajuster leurs positions. Après avoir changé d’avis sur la trajectoire de Bitcoin en février, analystes et institutions revoient leurs prédictions pour l’année 2026.
Bitcoin va nous surprendre
Malgré le cours du BTC en baisse, du côté de Bitwise, gestionnaire d’actifs numériques reconnu, le ton reste ferme : Bitcoin n’a pas dit son dernier mot. Malgré une baisse récente de 38 % depuis son record d’octobre 2025 sous les 80 000 $, la société conserve une perspective haussière pour 2026 et prédit même un nouvel ATH. Le moteur ? Un afflux croissant de capitaux institutionnels et une évolution du marché vers plus de stabilité.
Ryan Rasmussen, responsable de la recherche chez Bitwise, estime que le fameux cycle quadriennal du halving n’est plus d’actualité. Avec les ETF, l’accès facilité via de grandes plateformes et l’intérêt des investisseurs professionnels, la première crypto du marché serait moins sujette aux corrections de grande ampleur.
Le directeur des investissements, Matt Hougan, va plus loin : il décrit Bitcoin comme plus mature et moins volatil que certaines actions majeures comme Nvidia en 2025. Il prévoit aussi une baisse progressive de la corrélation entre le Bitcoin et les indices boursiers américains, ouvrant la voie à une utilisation du BTC comme véritable actif de diversification dans les portefeuilles institutionnels.
Solana grimpera moins que prévu
À l’inverse, Standard Chartered adopte une posture plus prudente concernant Solana (SOL). La banque a récemment révisé sa prévision pour fin 2026 à 250 $, contre 310 $ auparavant. Une baisse qui s’explique par la fin de la spéculation autour des meme coins et la transition vers des usages plus concrets : micropaiements, transactions en stablecoins et applications IA.
Toutefois, Geoff Kendrick, responsable de la recherche sur les actifs numériques, souligne que cette phase de ralentissement n’est pas synonyme de déclin. Le réseau Solana, connu pour ses frais ultras faibles, verrait désormais sa liquidité se concentrer sur les paires SOL-stablecoins, circulant deux à trois fois plus vite que sur Ethereum.
Ce repositionnement marquerait les prémices d’un écosystème adapté à la microfinance et aux flux d’IA.
S’il reconnaît que le SOL devrait sous-performer Ethereum jusqu’en 2027, Kendrick anticipe une remontée lente mais durable, avec un potentiel de 2 000 $ d’ici 2030, surpassant ainsi même Bitcoin sur certaines métriques d’adoption.
La morale de l’histoire : à force de vouloir lire l’avenir de la crypto, les institutions finissent par le réécrire.