Un fonds de 3 000 milliards en péril, des défauts de paiement en hausse, et Bitcoin en ligne de mire : découvrez pourquoi la crise Blue Owl fait trembler l’écosystème crypto.
C’est la panique chez Blue Owl
Blue Owl Capital, géant du capital-investissement gérant plus de 307 milliards de dollars d’actifs, a suspendu définitivement les rachats d’investissements dans son fonds de dette privée OBDC II, axé sur le commerce de détail. Cette décision, annoncée récemment, fait suite à une hausse des demandes de retrait liée aux inquiétudes sur l’exposition aux sociétés de logiciels dans le contexte de l’essor de l’IA.
Les économistes y voient un signal d’alarme pour le marché du crédit privé, évalué à 3 000 milliards de dollars. Depuis novembre, les rachats de parts d’OBDC II étaient gelés, avec une promesse de réouverture ce trimestre qui a été abandonnée. Blue Owl opte désormais pour des paiements périodiques via la vente d’actifs, au lieu des retraits trimestriels. Ces versements devraient atteindre 30 % de la valeur du fonds, contre 5 % auparavant, restituant ainsi six fois plus de capital sur 45 jours.
En parallèle, Blue Owl a vendu 1,4 milliard de dollars d’actifs de trois fonds à des acheteurs comme l’assureur Kuvare et des fonds de pension californien et ontarien, à 99,7 % de leur valeur nominale.
Le marché du crédit privé subit une tension accrue : 40 % des sociétés de prêt direct affichent un flux de trésorerie négatif, le taux de défaut atteint 4,55 % sur le marché intermédiaire, et 30 % des entreprises avec dette échéant avant 2027 ont un EBITDA négatif. Les dégradations de notations dépassent les améliorations depuis sept trimestres. L’analyste Crypto Rover pointe un cercle vicieux pour les PME, dépendantes de ce financement, avec des coûts de refinancement en hausse et des défauts en augmentation qui rappellent la crise de 2008.
Quel impact sur les cryptomonnaies ?
Bien que sans contagion directe, des liens indirects émergent via la corrélation entre le cours du BTC et celui des actions de logiciels, où le crédit privé est massivement investi. Une dureté des conditions de crédit pourrait peser sur les valorisations tech, impactant les crypto corrélées aux valeurs de croissance.
En cas de resserrement financier, Bitcoin risque une nouvelle baisse. À contrario, un assouplissement monétaire pourrait au contraire booster les actifs numériques. Le risque reste donc conjoncturel, lié à la liquidité globale plutôt qu’à une exposition structurelle du marché crypto.
La morale de l’histoire : qui a le diable dans sa bourse finit sur la paille.