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Crise de 1979 : et si l’histoire se répétait en 2026 ?

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Mis à jour par
Célia Simon

09 mars 2026 16:57 CET
  • Le prix du pétrole explose tandis que les fragilités structurelles refont surface, rappelant les pires scénarios des années 1970.
  • Côté bourse, la chute de la confiance des investisseurs pourrait accélérer la crise sur les marchés financiers.
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À mesure que le prix du pétrole flambe et que la guerre gronde au Moyen-Orient, certains économistes redoutent que les marchés mondiaux ne reproduisent la crise de 1979.

Le retour de la crise de 1979 ?

Depuis fin février 2026, les marchés mondiaux vacillent sous l’effet d’une flambée des prix du pétrole, alimentée par le conflit opposant l’Iran aux forces américaines et israéliennes. Pour l’économiste Steve Hanke, la situation pourrait rapidement dégénérer si la confiance des investisseurs s’effondre, d’autant que les valorisations actuelles atteignent des niveaux rarement observés dans l’histoire récente.

En 1979, lors du second choc pétrolier, le ratio cours/bénéfices du S&P 500 ne dépassait pas 8. Aujourd’hui, il frôle les 29. Autrement dit, les actions sont beaucoup plus chères par rapport aux bénéfices réels des entreprises, ce qui rend les marchés plus vulnérables à tout retournement de tendance. Si la confiance s’évapore, une correction brutale pourrait entraîner un repli de la consommation mondiale et raviver le souvenir des grandes crises de la fin du XXe siècle.

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Pour autant, Hanke nuance le parallèle avec la crise de 1979. La dépendance globale au pétrole a nettement diminué : l’Iran ne représente plus que 5 % de l’offre mondiale, contre plus de 8 % à l’époque, tandis que les États-Unis ont accru leur part de production de 15,6 % à près de 19 %. L’efficacité énergétique a progressé, et l’économie mondiale consomme désormais moins de pétrole par unité de PIB.

L’impact politique et financier d’un choc pétrolier reste toutefois majeur. JPMorgan avertit qu’un conflit prolongé avec l’Iran pourrait propulser le baril au‑delà de 100 $, entraînant une chute de près de 10 % du S&P 500. Or, un pétrole durablement au-dessus de ce seuil ferait basculer l’économie mondiale d’une lutte contre l’inflation à un risque de récession. À l’inverse, Derek Podhaizer de Piper Sandler rappelle que la flambée du WTI, déjà +40 %, n’a pas profité aux majors pétrolières américaines : selon lui, toute désescalade militaire pourrait rapidement corriger les prix.

crise de 1979

Le marché boursier aggrave la situation

Comme le fait savoir Steve Hanke, le danger immédiat vient surtout de la défiance des marchés. Depuis début février, l’Indice de Fear and Greed des investisseurs nord-américains s’est effondré, passant de 66 à près de 21.

indice de fear and greed
Source : CNN

Les frappes du 28 février ont déclenché une série d’attaques iraniennes qui ont temporairement fermé le détroit d’Ormuz, paralysant un cinquième du commerce mondial de pétrole. La hausse des prix de l’énergie menace désormais les approvisionnements asiatiques, en particulier ceux de la Chine, et pousse plusieurs États du Golfe à envisager de rapatrier une partie de leurs investissements nord-américains.

Cette défiance coïncide avec la fragilité du secteur technologique : malgré des résultats positifs, les actions de Microsoft et de Nvidia ont reculé, alimentant le spectre d’une bulle liée à l’intelligence artificielle. Dans ce climat d’incertitude et de volatilité, les messages contradictoires de l’administration Trump sur la crise iranienne accentuent le désarroi des marchés. Pour Hanke, la guerre a une constante : elle détruit la valeur. Et dans un monde plus interconnecté que jamais, cette destruction pourrait, cette fois, dépasser celle de 1979.

La morale de l’histoire : trop de confiance gonfle les bulles, mais un missile suffit à les faire éclater.

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