Alors que Discord vacille entre nouvelles règles d’identité et promesse de liberté numérique, une idée radicale émerge : et si Bitcoin devenait sa porte de sortie ?
Du BTC pour sauver Discord ?
Le débat autour de la vérification d’identité sur Discord rebondit après une critique virulente de Peter Todd, développeur reconnu de Bitcoin. Sur X, l’ingénieur a estimé que la populaire plateforme communautaire devrait envisager une intégration du Bitcoin plutôt que de renforcer les contrôles d’âge imposés par certaines législations nationales.
Selon Todd, les nouvelles obligations mises en place par Discord, notamment la vérification d’âge et les tests d’identité, traduisent une soumission croissante aux pressions gouvernementales. Il estime que la société aurait tout intérêt à adopter l’architecture décentralisée du Bitcoin pour contourner les exigences de type « Know Your Customer » (KYC).
En d’autres termes, la crypto pourrait servir à maintenir le financement de la plateforme en faisant venir de nouveaux utilisateurs pour remplacer ceux qui partent en cas de restrictions dans des pays comme le Royaume-Uni ou l’Australie.
La discussion intervient dans un contexte tendu pour Discord. L’entreprise a récemment annoncé un système mondial de vérification destiné à répondre aux nouvelles réglementations sur la protection des mineurs. Ce dispositif, prévu initialement pour 2026, a suscité une controverse majeure en raison de craintes autour de la collecte d’identités et de scans faciaux. Discord affirme désormais que plus de 90 % des utilisateurs ne seront pas concernés, la plupart n’accédant pas à des salons restreints.
La plateforme fait marche arrière
Face à la polémique, le PDG Stanislav Vishnevskiy a tenté de calmer les inquiétudes dans un message d’excuse publique. Il a reconnu un manque de clarté dans la communication et précisé que les utilisateurs ne seraient pas systématiquement soumis à une vérification faciale ou à la présentation d’une pièce d’identité. Le déploiement a d’ailleurs été reporté à la seconde moitié de 2026, après une fuite de données chez un ancien prestataire et la fin du partenariat de test avec la société Persona.
Le nouveau modèle introduira plusieurs niveaux de vérification. L’âge sera estimé à partir d’indices internes (ancienneté du compte, activité, modes de paiement), tandis que seuls les utilisateurs voulant accéder à des contenus restreints devront fournir une preuve par carte bancaire ou prestataire externe, avec promesse d’anonymisation des données. Par ailleurs, des espaces de discussion alternatifs seront proposés pour éviter d’enfermer les thèmes sensibles dans des zones strictement réservées.
Reste à savoir si Discord osera suivre le conseil de Peter Todd. Une approche reposant sur Bitcoin pourrait séduire les défenseurs de la décentralisation et repositionner la plateforme comme bastion de la liberté numérique. Cependant, elle confronterait aussi l’entreprise à d’autres défis : contrôle des flux, conformité financière et gestion du risque d’abus. Pour l’heure, Discord mise donc sur une transparence accrue pour regagner la confiance de ses utilisateurs, avant de peut-être rouvrir la porte au monde crypto qu’elle avait entrebâillée en 2021.
La morale de l’histoire : à trop vouloir vérifier la face du monde, Discord risque de perdre la sienne.