Si le détroit d’Ormuz se ferme plus d’un mois, le monde pourrait basculer d’une simple montée des prix du pétrole à un scénario de choc global où Bitcoin et monnaies papier vont devoir prouver qui garde vraiment la confiance des investisseurs.
3 scénarios de choc pétrolier
Environ un cinquième du pétrole et du gaz naturel mondiaux transite par le détroit d’Ormuz, ce qui explique pourquoi toute menace sur sa libre circulation se traduit par une prime de risque immédiate sur les cours. La guerre US-Iran déjà provoqué une envolée du Brent, qui a dépassé les 100 $ le baril pour la première fois depuis plusieurs années, signe que la géopolitique reprend le dessus sur la seule logique d’offre et de demande.
Sur la base de différentes hypothèses de durée de perturbation, Bloomberg distingue plusieurs scénarios possible pour la suite :
- Un pétrole à 105 $ si le détroit est fermé un mois ;
- Une montée à 140 $ si le détroit est fermé deux mois ;
- Un baril à 165 $ si le blocus se prolonge à trois mois.
Milk Road Macro synthétise ces niveaux en zones économiques : 80 à 90 $ restent gérables, 90 à 100 $ correspondent à une zone de forte volatilité, 100 à 120 à une phase de stagflation, 120 à 150 à une « zone de danger » de contraction de la croissance, et au‑delà de 150 $ à un véritable « régime de choc mondial ».
Chaque hausse de 10 dollars du pétrole pourrait augmenter l’inflation américaine d’environ 20 points de base, ce qui reflète comment une cherté durable de l’énergie resserre les conditions financières. Si les prix se maintiennent autour de 95‑100 $ pendant plusieurs mois, certains modèles portent l’IPC américain à environ 3,2%, soit un niveau proche de celui observé en 2024, ce qui pousserait la FED à repousser ou réduire le rythme des baisses de taux. Les marchés anticipent déjà une forte probabilité que les taux restent inchangés lors de la prochaine réunion du FOMC, ce qui limite l’appétit pour les actifs risqués.
Bitcoin comme actif de résistance
Malgré ce contexte, Bitcoin a surpris en affichant une résilience relative : depuis le début des tensions autour du détroit d’Ormuz, il a pris environ 7,3 %, surperformant à la fois l’or, l’argent, le S&P 500 et le Nasdaq.
Cette performance contraste avec la chute de plusieurs valeurs refuges et montre que, dans un environnement de crise géopolitique, certains investisseurs continuent de voir Bitcoin comme un pari sur la rareté et la décentralisation plutôt qu’un simple actif spéculatif.
Le véritable test pour le BTC interviendra si les perturbations au détroit d’Ormuz se prolongent, si l’inflation reste élevée et si la FED maintient une politique restrictive. Dans un tel scénario, tout resserrement des liquidités et tout épisode de liquidations en cascade sur les marchés dérivés pourraient accentuer la volatilité du Bitcoin, 24 h/24 et 7 j/7, et révéler dans quelle mesure il tient vraiment son rôle d’actif de résilience macroéconomique.
La morale de l’histoire : là où le pétrole chauffe les prix, Bitcoin tente de garder la tête froide.