Tandis que le monde s’embrase et que la FED vacille, les courbes du cycle de Benner tracent à nouveau un destin économique que nul ne semble pouvoir arrêter.
Le cycle de Benner refait surface
Près de 150 ans après la publication de son ouvrage, les prédictions de Samuel Benner, un fermier de l’Ohio devenu prophète des marchés, reviennent sous le feu de l’actualité. Dans son livre Business Prophecies of the Future Ups and Downs in Prices, publié en 1875, Benner avait tracé une série de cycles économiques alternant prospérité et effondrement jusqu’en 2059. L’année 2026 y était marquée d’une indication claire : le moment de vendre.
Le 28 février 2026, lorsque la guerre US-Iran a commencé, les marchés mondiaux ont brutalement réagi. Cette secousse géopolitique majeure semble coïncider avec un point charnière du fameux cycle de Benner.
Les indices boursiers ont tangué, les investisseurs ont réduit leur exposition et le prix du pétrole a bondi. Un enchaînement presque littéral de la prophétie formulée il y a un siècle et demi.
Selon l’économiste Steve Keen, frapper un grand producteur de pétrole fait grimper les prix de l’énergie et renchérit l’ensemble de la chaîne de production mondiale. Les entreprises doivent absorber le choc, le répercuter sur les consommateurs ou fermer. Les salaires stagnent, le coût de la vie explose et les gouvernements impriment de la monnaie pour financer l’effort de guerre, un phénomène que Keen appelle « warflation ».
L’économie confirme la prophétie
Les effets de cette flambée énergétique ne tardent jamais. L’histoire montre que les chocs pétroliers influencent l’inflation dans les cinq à six mois suivant leur survenue. En réaction, les banques centrales durcissent souvent leur politique monétaire. Cette fois, les marchés parient déjà sur une intervention de la FED : le site Polymarket évalue à 19% la probabilité d’une hausse des taux en 2026, confirmée par le Market Probability Tracker de l’Atlanta Fed cité par CNBC.
Ce scénario rappelle étrangement les phases prédites par Benner. Les hausses de taux de 2022 avaient précipité l’effondrement du marché des crypto‑actifs, avant que le bottom de 2023 ne relance un cycle haussier s’étendant jusqu’à… 2026. Si les précédents se répètent, la phase suivante serait une longue période baissière pouvant durer jusqu’en 2032, exactement comme Benner l’avait prévu.
La morale de l’histoire : quand les canons tonnent, les prophètes de l’économie retrouvent toujours la parole.