Avec les enlèvements crypto, on a l’impression que l’impunité règne en France. Pourtant, les agresseurs ne sont pas intouchables. Et si, derrière la vague de violence qui secoue la France, se cachait un réseau suffisamment sûr de lui pour rançonner… ses propres complices du dark web ?
Des kidnappeurs rançonnés… à leur façon
Depuis 2025, les autorités françaises recensent plus d’une vingtaine d’enlèvements, séquestrations et extorsions visant des détenteurs de crypto, avec un calendrier et des modes opératoires de plus en plus coordonnés. Cette flambée de violences s’inscrit dans un climat de panique alimenté par le piratage présumé de la plateforme fiscale Waltio, dont une base de données de plus de 5 000 utilisateurs aurait circulé sur le dark web avec noms, coordonnées et statuts fiscaux.
Sur BreachForums, un message signé via PGP et relayé début février 2026 affirme que les données dérobées chez Waltio auraient permis d’identifier et de cibler trois enlèvements majeurs : Dompierre-sur-Mer pour environ 9,3 millions de dollars, une zone en Savoie ou Haute-Savoie pour près de 3,8 millions, et La Chapelle-Saint-Aubin pour environ 4 millions, soit plus de 17 millions de dollars extorqués.
SponsoredL’auteur du message, qui se présente comme le fournisseur des données, assure qu’un autre groupe aurait mené ces opérations sur la base de ses informations, avec la promesse de lui reverser 15 % des rançons. Face au non-paiement présumé de cette commission, il menace désormais de doxxer ce réseau criminel, en publiant publiquement les identités et éléments compromettants de ses membres si la somme n’est pas réglée avant le 10 février 2026 à 20 h.
Si l’origine du message reste anonyme, les lieux, les montants et le calendrier décrits recoupent avec une précision troublante les affaires documentées par les médias et confirmées par les autorités depuis décembre 2025, notamment l’enlèvement à Dompierre-sur-Mer où un couple a été forcé de transférer environ 8 millions d’euros de crypto.
Les enlèvements crypto continuent
Parallèlement, les incidents continuent de se multiplier, preuve que les réseaux à l’œuvre ne sont pas dissuadés par les premières opérations policières. Ce week-end encore, en Isère, une magistrate de 35 ans et sa mère de 66 ans ont été enlevées à leur domicile par un commando, avant d’être séquestrées près de trente heures et retrouvées blessées dans la Drôme. Les agresseurs visaient les cryptomonnaies du compagnon de la magistrate, dirigeant d’une société spécialisée dans l’écosystème.
Le fait qu’une magistrate soit prise pour cible de façon indirecte illustre la montée en gamme de ces réseaux, qui semblent désormais assumer un haut niveau de violence et un sentiment d’impunité croissant. Alors que les enquêteurs ont déjà démantelé certaines cellules, notamment une organisation dont le cerveau présumé agissait depuis le Maroc, les flux de capitaux et les rivalités internes exposées sur le dark web laissent entrevoir une possible bascule : celle d’un réseau de kidnappeurs menacé à son tour d’être livré à la police par ses propres partenaires.
Dans ce contexte mouvant, les prochaines heures et l’échéance fixée pour ce compte à rebours de doxxing pourraient jouer un rôle clé, soit en révélant un pan entier de ce banditisme crypto, soit en alimentant davantage la guerre d’influence entre cybercriminels. Pour l’heure, une certitude s’impose : l’industrialisation des enlèvements contre rançon crypto en France est bien engagée, et la frontière entre hackers de données et braqueurs physiques n’a jamais paru aussi poreuse.
La morale de l’histoire : tel wallet crypto donne, tel rançon reçoit.