L’essor des cryptoactifs a profondément transformé le paysage de l’investissement individuel. Aujourd’hui, 10 % des Français en détiennent, et 1 sur 3 envisage d’en faire l’acquisition. Mais devant cette opportunité inédite se dresse un frein majeur : la volatilité. Pour les investisseurs particuliers, surtout les plus néophytes, la question se pose de savoir comment orienter leurs décisions pour résister aux cycles baissiers et sécuriser leurs gains dans la durée.
Face à cette instabilité, une première approche s’impose par sa rigueur : le Dollar Cost Averaging (DCA). Cette stratégie consiste à investir des montants fixes à intervalles réguliers, indépendamment des conditions de marché. En renonçant à l’illusion du market timing, un exercice notoirement imprévisible, l’investisseur lisse ses points d’entrée et réduit mécaniquement l’impact de la volatilité. Le DCA ne promet pas de maximiser les gains à court terme, mais il offre une discipline d’investissement solide, particulièrement adaptée aux marchés fluctuants comme celui des cryptos.
Une seconde voie, plus accessible, repose sur la gestion sous mandat. Déléguer la prise de décision à un expert permet de contourner les biais émotionnels qui pénalisent souvent les particuliers : peur de manquer une hausse, difficulté à arbitrer en période de baisse, ou encore hésitation à sécuriser ses gains. En confiant la gestion à un professionnel, l’investisseur s’inscrit dans une logique pilotée par des objectifs précis et un profil de risque clairement défini. Cette délégation permet également de réduire la charge mentale liée aux arbitrages permanents, souvent source d’erreurs coûteuses.
Cela étant dit, une autre problématique émerge, essentielle dès lors qu’on réalise des gains : celle de la sortie. Comment transformer des plus-values réalisées en cryptoactifs en capitaux réutilisables dans des placements traditionnels, alors même que les flux issus des cryptoactifs restent parfois perçus comme sensibles par les établissements bancaires ?
La réponse réside aujourd’hui dans la capacité de certains acteurs bancaires à faire le lien entre ces deux univers. Grâce à des outils d’analyse avancés, il est désormais possible de retracer l’origine des fonds, d’identifier les activités associées aux portefeuilles numériques et de vérifier la conformité des opérations dans le respect strict des exigences réglementaires, notamment en matière de lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme (LCB-FT). Ce processus permet à l’investisseur de rapatrier ses actifs, de les convertir en monnaie fiat (euro par exemple), puis de les réallouer vers des supports financiers traditionnels, comme un PEA, un contrat d’assurance-vie ou un contrat de capitalisation.
Au-delà d’un service technique, il s’agit d’un véritable mécanisme de réintégration des capitaux issus des cryptos dans l’économie réelle. A noter toutefois que toute cession de cryptoactifs est soumise à impôt (prélèvement forfaitaire de 12,8 % ou sur option globale au barème progressif de l’impôt sur le revenu, auquel s’ajoutent les prélèvements sociaux dont le taux a été augmenté à 18,6 % par la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026).
Investir en cryptoactifs ne se limite plus à une logique spéculative pure. Cela suppose une approche rationnelle, combinant discipline d’investissement, accompagnement expert et anticipation des enjeux de liquidité. Dans ce cadre, la capacité à sécuriser à la fois l’entrée, la gestion et la sortie des investissements devient un facteur déterminant de performance durable.
À propos de l’auteur
Edouard Belliard est VP Crypto Development au sein du pôle Wealth Management de la Banque Delubac & Cie. Il dispose d’une solide expérience en gestion de portefeuille et en banque privée. Sa passion pour les technologies de pointe et les opportunités d’investissement innovantes lui permet d’accompagner efficacement les acteurs financiers dans leur
transition vers les actifs numériques.
Avant de rejoindre Delubac & Cie, Edouard Belliard a occupé le poste de Responsable de la Distribution et des Partenariats chez Meria pendant 3 ans. Dans ce rôle, il a aidé des conseillers financiers et institutionnels à intégrer cette nouvelle classe d’actifs, mettant en avant des solutions performantes et sécurisées. Edouard a également travaillé pour plusieurs institutions financières de renommée, telles qu‘Oddo BHF, AXA Wealth et UBS, où il a géré des portefeuilles de clients haut de gamme.
Edouard possède un Master en Gestion de Patrimoine International de l’ESCP Europe ainsi qu’un diplôme en Finance et Gestion d’actifs de l’Ipag Business School.