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Affaire FTX : la justice américaine a-t-elle été trop dure avec SBF ?

4 mins
Par Michael Washburn
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EN BREF

  • D’après la procureure américaine Danielle Sassoon, SBF est trop dangereux pour être libéré.
  • Les procureurs demandent que l’ancien patron de FTX soit emprisonné jusqu’à son procès d’octobre.
  • Pourtant, la justice américaine a été beaucoup plus clémente avec d’autres personnes.
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Sam Bankman-Fried est trop dangereux pour être libre, même pour le peu de temps qui lui reste avant son procès d’octobre. C’est du moins ce que pensent les procureurs en charge de l’affaire FTX.

D’après la procureure américaine Danielle Sassoon, “aucune liste de conditions de libération ne peut assurer la sécurité de la communauté dans le cas de Sam Bankman-Fried”. Cependant, Elizabeth Holmes, la fondatrice de la tristement célèbre startup Theranos, a eu droit à un traitement complètement différent.  

Sam Bankman-Fried croule sous les accusations

Depuis son extradition, Sam Bankman-Fried, le fondateur de FTX, vit avec ses parents dans une luxueuse maison californienne. Mais sa vie est loin d’être aussi paisible qu’on ne le pense.

Outre les accusations liées à l’effondrement de l’exchange crypto FTX, l’ancien milliardaire est poursuivi par Alameda Research pour avoir donné 700 millions de dollars au gestionnaire d’actifs K5 Global. Ce dernier affirme cependant que les transactions ont été effectuées dans le cadre d’une relation commerciale tout à fait légitime.

De leur côté, les avocats de Sam Bankman-Fried critiquent sans cesse les décisions de John Ray III, le nouveau PDG de FTX. Dans un nouveau dossier judiciaire, ils l’accusent d’avoir mené “des attaques ad hominem contre Sam Bankman-Fried”, et d’avoir oublié son rôle de liquidateur judiciaire.

SBF a également été critiqué pour avoir montré des fichiers Google Docs privées de son ex-petite amie, Caroline Ellison, au New York Times. Il fait désormais face à des accusations d’intimidation et de falsification de preuves.

Caroline Ellison, qui était à la tête d’Alameda Research, devrait également témoigner lors du procès d’octobre.

Source : Centre de recherche de l’université New Hampshire

SBF a-t-il vraiment enfreint la loi en se confiant aux médias ? 

Malgré toutes les accusations qui lui sont portées, Sam Bankman-Fried n’est peut-être pas plus dangereux que Elizabeth Holmes, la fondatrice de Theranos.

D’après ses avocats, SBF était obligé de montrer les documents pour prouver ses propos. Ainsi, en vertu du cinquième et du sixième amendement de la loi américaine, ses actions seraient tout à fait légales. De même, le patron déchu de FTX “n’a pas enfreint les conditions de libération sous caution auxquelles il est soumis”, affirment ses avocats.

Dans une lettre envoyée le 22 juillet au juge Lewis Kaplan, les avocats de Sam Bankman-Fried ont fermement rejeté les accusations d’intimidation de témoins et de falsification de preuves. Ils ont également appelé le tribunal à imposer les mêmes restrictions aux autres parties de l’affaire, y compris Caroline Ellison.

“L’avocat de la défense a conclu que les documents en question peuvent être consultés par la presse. Il a également contacté les procureurs le lendemain et a proposé de fournir des copies de ces documents à l’équipe des procureurs afin qu’ils puissent vérifier par eux-même la nature des informations qu’ils contiennent”, peut-on lire dans la lettre.

Deux poids, deux mesures

Certains observateurs accusent la justice américaine et les médias d’avoir été trop sévères avec Sam Bankman-Fried et trop cléments avec Elizabeth Holmes.

De nombreux anciens employés de Theranos ont déclaré avoir peur des représailles de la fondatrice de l’entreprise. Certains d’entre eux n’ont même pas osé dire ce qu’ils savaient sur les pratiques commerciales trompeuses de l’entreprise. 

Elizabeth Holmes n’a pas seulement volé le travail des scientifiques, comme le dit John Carreyrou dans son livre Bad Blood: Secrets and Lies in a Silicon Valley Startup. Elle a instauré un climat toxique dans l’entreprise qu’elle dirigeait, et elle ne tolérait pas la déloyauté, qu’elle soit réelle ou imaginaire. 

Surekha Gangakhedkar, l’une des anciennes employées de l’entreprise, a même fait des copies des documents de Theranos avant de démissionner. “J’avais peur que les choses tournent mal. J’avais aussi peur d’être blâmée”, a-t-elle expliqué au tribunal.

Pire encore, Ian Gibbons, un scientifique qui a fait part de ses inquiétudes au sujet des appareils de test Theranos, a été licencié  pour avoir dit la vérité. Quelques mois plus tard, il s’est suicidé. D’après sa veuve, Elizabeth Holmes n’a jamais présenté de condoléances ni exprimé de remords.

Pourtant, malgré tous ses dépassements et ses intimidations contre les témoins, Elizabeth Holmes a pu vivre confortablement et en toute liberté. Elle n’a été emprisonnée qu’en mai 2023, soit près de deux ans après le début de son procès.

Sam Bankman-Fried, qui est certes loin d’être innocent, n’a pas bénéficié des mêmes privilèges qu’Elizabeth Holmes. Il semble que pour la justice américaine, un entrepreneur crypto est bien plus dangereux qu’une ex-PDG dont la cruauté a poussé un lanceur d’alerte au suicide.

Morale de l’histoire : Justice extrême est extrême injustice.

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Fatima-Zahra C
Diplômée de Toulouse Business School, Fatima-Zahra a entamé sa carrière en tant que consultante chez Deloitte, avant de se reconvertir dans la presse économique et fintech. En plus de son travail de journaliste, Fatima-Zahra a géré les relations presse de plusieurs cabinets d’avocats à Paris, Londres et Casablanca. Tombée sous le charme des cryptomonnaies en 2021, elle a travaillé en tant que traductrice chez BeInCrypto de 2021 à 2023. Ses sujets d’expertise : Cryptomonnaies, Finance...
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