Deux mois à peine après le halving de Bitcoin, son taux de hashage vient d’atteindre un nouveau sommet en date.

La soudaine réduction de la rentabilité du minage n’a clairement pas forcé les opérateurs à abandonner le réseau, contrairement à ce que certains craignaient. Le dernier halving de Bitcoin, qui a eu lieu le 11 mai 2020, a réduit la quantité de BTC versés aux mineurs de 12,5 à 6,25.

Sachant que les mineurs se font maintenant concurrence pour moins de bitcoins, certains ont alors commencé à parler d’une “spirale mortelle”. Dans ce scénario, les mineurs non rentables finiraient pas quitter leur poste, tout en inondant le marché de leurs monnaies précédemments minées.

Pas de “spirale mortelle” : le réseau Bitcoin accroît même son hashage

Ceux qui croyaient à la théorie de capitulation des mineurs pensaient que ces derniers vendraient la plupart, voire la totalité de leurs bitcoins dans l’espoir de compenser cette période de rentabilité réduite.

Cette pression de vente supérieure à la normale aurait entraîné une chute du cours du BTC. Alors que la valeur de chaque nouveau BTC serait réduite en termes de monnaie fiduciaire, la pression d’achat se serait théoriquement répandue vers d’autres opérateurs de minage plus efficaces. D’où le terme de “spirale mortelle” au sujet de cette capitulation massive.

Pourtant, les dernières données en date montrent qu’une telle vague de capitulation n’a finalement pas eu lieu. Après une brève chute récente de son taux de hashage, la puissance informatique collective du réseau a rebondi pour atteindre de nouveaux sommets.

Lors de la rédaction de ces lignes, la puissance combinée alimentant le réseau Bitcoin mesurait 124,4 ETH/s. En d’autres termes, le réseau est actuellement capable de créer 124,4 quintillions de calculs de hashage de bloc chaque seconde. Un quintillion correspond à un numéro suivi de 18 zéros.

Dan Held, directeur du développement des affaires de la plateforme d’échanges Kraken, a souligné ce taux de hashage en hausse dans un tweet publié ce lundi. Il y dit :

Les craintes et incertitudes au sujet d’une “spirale mortelle” sont à nouveau dissipées.

De nouveaux hardwares de minage

Dans le graphique ci-dessus, on peut observer une chute de la puissance de hashage sur le réseau suite au halving de mai. Ce déclin fut bref, et la hausse du taux de hashage qui s’en est suivie suggère que les unités de minage qui auraient pu jeter l’éponge ont été remplacées par d’autres, plus performantes.

Le soudain retour de la puissance de hashage peut-être due à une vague d’optimisme quant à une hausse du cours du BTC, ainsi qu’à l’arrivée de nouveaux hardwares de minage de Bitmain et MicroBT. Ces nouvelles unités de minages offrent ainsi un meilleure taux de hashage avec une dépense moindre de puissance.

En plus du matériel, l’électricité représente clairement la plus grande dépense pour les mineurs de Bitcoin. Ces derniers peuvent ainsi bénéficier d’une meilleure marge de profits et se trouvent moins à risque de devoir capituler en raison d’un changement des conditions du réseau.

La compétition est féroce pour les récompenses de blocs de Bitcoin

Le taux de hashage est en hausse, mais également la difficulté du réseau. Bitcoin a été conçu avec une difficulté de minage variable, afin d’assurer une création régulière de nouveaux BTC.

Une soudaine hausse de la puissance de hashage sans ajustements de sa difficulté entraînerait de nouvelles transactions incluses de plus en plus rapidement au sein de la blockchain. Afin d’éviter cette situation, le réseau augmente automatiquement la difficulté de résolution du prochain “hash”. Ainsi, le taux de hashage combiné du réseau se trouve constamment surveillé.

Au moment de la rédaction de cet article, le dernier ajustement en date de la difficulté de Bitcoin était imminent. Le réseau devrait donc accroître sa difficulté de hashage de blockchain d’environ 9,52%. Dans ce cas, son taux de difficulté numérique s’élèverait à 17,29 billions (précédemment 15,784 billions).

En d’autres termes, en onze ans d’existence, le Bitcoin n’a jamais été aussi difficile à miner.

Ce réajustement de difficulté a lieu toutes les deux semaines environ. De même, le taux de hashage a chuté deux fois sur quatre semaines. Plus récemment, le premier redressement de la difficulté du réseau a eu lieu après le 16 juin, et le second était prévu pour ce lundi.

Cet ajustement pourrait bien forcer quelques mineurs à jeter l’éponge. Cela dit, face aux performances du taux de hashage de ces deux derniers mois, Dan Held semblait avoir raison en disant que cette “spirale mortelle” n’était finalement qu’un mélange de craintes et d’incertitudes.

Si un événement de taille et générateur d’une capitulation auto-entretenue des mineurs devait avoir lieu, il se serait déjà produit.

Il n’existe aucun antécédent d’une telle “spirale mortelle”

Ce n’est pas la première fois que les observateurs du milieu expriment leurs craintes à l’égard d’un événement généralisé chez les mineurs. Un même sentiment s’est déjà manifesté lors du halving des blocs de récompenses de 2016. Cela dit, comme l’histoire le prouve, aucune capitulation de la sorte n’a encore eu lieu.

À vrai dire, durant les mois suivant le halving de juillet 2016, le taux de hashage a continué à monter. Toute perturbation chez les mineurs fût d’ailleurs si réduite que sans connaître à l’avance la date du halving, il aurait été très difficile de déterminer le jour exact de cette réduction de l’offre des BTC en se basant seulement sur le graphique présenté ci-dessous.

Malgré les défis de cette année, Bitcoin tient le coup

Cette année a présenté l’une des plus grandes mises à l’épreuve dans la jeune histoire du réseau Bitcoin. Tout d’abord, la planète entière a subi un crash massif de pratiquement tous les actifs, actions ou commodités existantes lors du pic de la crise économique engendrée par la pandémie du Covid-19.

Bien que le cours de Bitcoin ait brièvement plongé en tandem avec celui d’autres actifs à la mi-mars, il a rapidement rebondi alors que la panique ambiente a diminué. De même, sa valeur pourrait avoir été stimulée par les mesures monétaires extrêmes des banques centrales.

L’impression massive d’argent semble ainsi prête à faire baisser la valeur des principales monnaies du monde, ce qui peut renforcer l’attrait d’actifs plus rares. Le second événement de taille qui aurait pu avoir un impact majeur sur Bitcoin fût le halving lui-même. Avant ce dernier, de nombreux actionnaires s’attendaient à ce qu’il s’agisse d’un immense catalyseur pour une montée en flèche du cours.

La valeur de Bitcoin ne s’est pas envolée dès le lendemain du halving et certaines personnes ont prédit une vague de vente, les actionnaires novices abandonnant leurs positions face au cours stagnant. Ainsi, toute vente de taille à cette époque a possiblement fait pression sur les mineurs, lesquels se trouvaient dans une période de rentabilité déjà réduite.

Cette vague de ventes, similaire à la chute du taux de hashage, fut de courte durée. Le cours a rapidement rebondi pour évoluer dans une marge allant de 9 000$ à 10 000$. Bitcoin a ainsi passé plus de deux mois à se consolider dans cette fourchette de prix, ce avec une volatilité réduite par rapport au reste de son histoire.

La performance à l’année du cours de Bitcoin est également notable. La première cryptomonnaie du marché a démarré l’année à environ 7 200$. Malgré les craintes économiques mondiales et l’incertitude du halving, ses gains de 25% depuis le début de l’année s’avèrent assez encourageants.

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