Les données on-chain montrent que les principaux acteurs du marché Bitcoin sont devenus plus actifs après le crash des cours de mars 2020, ainsi que pendant les périodes de consolidation de cet été. Cela peut suggérer un modèle d’accumulation par les “baleines” et/ou les institutions.

Tous ceux qui ont suivi l’évolution de la cryptomonnaie ces dernières années connaissent sans doute le respect que le secteur porte aux investisseurs institutionnels. La croyance populaire est que lorsque les plus grands gestionnaires de fonds de la planète entreront sur le marché de la cryptomonnaie, la pression d’achat qu’ils susciteront fera rapidement gonfler les cours de l’ensemble des actifs numériques.

Cette année déjà, un certain nombre d’acteurs de premier plan ont admis détenir des BTC pour se protéger de l’inflation. Parmi eux, le légendaire gestionnaire de fonds spéculatifs Paul Tudor Jones et la société d’analyse commerciale Microstrategy, cotée au NASDAQ.

Les institutions accumulent-elles vraiment des BTC ?

Un récent rapport d’OKEx Insights, s’est appuyé sur les données on-chain fournies par Catallact, afin d’analyser les plus importantes transactions de Bitcoin pour tirer des conclusions sur l’activité du marché institutionnel du BTC. Deux pics majeurs dans le nombre de transactions de taille, en particulier, amènent les auteurs du rapport à conclure que les investisseurs institutionnels accumulent probablement du Bitcoin.

Le rapport observe que les plus petites transactions de détail (0 à 1 BTC), suivent vaguement le cours de Bitcoin – lorsque Bitcoin est en achat fréquent, les transactions de détail sont plus nombreuses.

À l’inverse, dans les cas de fortes baisses comme mars 2020, on constate une diminution du nombre de petites transactions. Le rapport suggère que les investisseurs de détail ont adopté une approche “attentiste” lorsque le BTC s’est effondré à la suite du ralentissement du marché mondial provoqué par le début de la pandémie COVID-19. Une tendance similaire est apparue lorsque le cours de Bitcoin est revenu au niveau des 10 000 dollars au moment de son troisième halving.

L’analyse des transactions Bitcoin plus conséquentes présente un schéma différent. Coïncidant avec le crash de mars, les transactions de 100 à 1 000 BTC ont soudainement atteint un pic. Le nombre de transactions entre 1 000 et 5 000 BTC a également connu une hausse similaire.

La plupart de ces transactions de taille ont eu lieu au moment du dernier halving en mai dernier. Depuis lors, les chiffres ont progressivement augmenté.

Enfin, si les transactions de 5 000 à 10 000 BTC n’ont pas connu la même hausse autour du krach de mars, il y a eu de nombreux pics d’activité entre la mi-mai et la mi-juillet.

OKEx Insights reconnaît que les données ne sont pas parfaites. Elle ne tient pas compte de la nature des transactions (achats ou ventes), ni de la question de savoir si les plus importantes de ces transactions sont simplement des exchanges déplaçant des fonds entre portefeuilles, ou s’il s’agit bien d’acteurs institutionnels. Elle ne tient pas compte non plus des données postérieures au début du mois d’août 2020.

Les données on-chain soutiennent des développements externes

Avec les réserves susmentionnées, le rapport OKEx prend soin de noter que ses conclusions ne sont que spéculatives. Cependant, il présente le cas comme quoi les pics des plus grandes transactions peuvent en effet être la preuve d’une accumulation institutionnelle.

Cela confirmerait les récentes annonces de Paul Tudor Jones et de MicroStrategy. Plus tôt dans l’année, tous deux ont déclaré publiquement qu’ils accumulaient des bitcoins pour se protéger contre le gonflement des monnaies fiduciaires.

Les efforts de relance dans la lutte contre le coronavirus ont engendré la création de monnaies fiduciaires la plus prolifique que le monde ait jamais connue. Cette offre en croissance rapide va certainement créer une pression sur le pouvoir d’achat des monnaies émises par les gouvernements.

En mai, Paul Tudor Jones a déclaré aux lecteurs de sa newsletter que Bitcoin incarnait la naissance d’une nouvelle réserve de valeur Comparant cet actif à l’or, il a admis qu’il détenait un à deux pour cent de sa valeur nette en BTC.

Plus tard, en août, BeInCrypto a fait état de l’achat de Bitcoin par Microstrategy pour un montant de 250 millions de dollars. Comme Jones, le PDG de la société, Michael J Saylor, a établi un parallèle avec l’or lorsqu’il a expliqué la décision d’allouer du capital en BTC.