“La plupart des startups qui ont réussi sont celles qui ont su identifier ce fossé qu’elles pouvaient combler” : Cyrus Fazel, PDG de Swissborg

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La question se pose souvent de savoir si Swissborg est une plateforme d’échange de cryptomonnaies ou un smart wallet. Ni l’un ni l’autre, pourrait-on répondre, ou bien les deux. Plus précisément, Swissborg est un logiciel de management de patrimoine financier. Permettant d’abord la gestion de valeurs mobilières traditionnelles, l’entreprise suisse s’est ensuite portée sur les valeurs mobilières basées sur la blockchain, un peu l’instar d’un comparateur de vols pour trouver les meilleures transactions afin de réaliser les meilleurs investissements.

Lors du Paris Blockchain Week Summit, Be[In]Crypto a rencontré son fondateur et actuel PDG, Cyrus Fazel, et avons pu l’interviewer.

Cyrus Fazel (CF) : 

Je suis le PDG de Swissborg. Je suis d’origine suisse et iranienne. J’ai grandi dans une famille très riche qui a tout perdu. Quand j’étais jeune je pensais que la richesse, c’était l’argent. En réalité, la richesse vient non seulement de l’argent mais aussi des terrains, du parc immobilier que l’on possède. Ce sont les valeurs mobilières. 

Mais le plus important, le plus cher, c’est l’identité. Le statut qu’on a dans une société. Venant d’une famille de réfugiés, nous avons dû déménager à de multiples reprises dans notre vie. J’ai commencé à travailler dans la gestion de fortune car je pensais que l’argent aller me donner cette “identité”.

J’ai réalisé seulement plus tard que la blockchain était seulement le vrai moteur, la vraie technologie qui permettrait de créer la fortune de demain. Ça apporte du statut aussi par la traçabilité, car on sait ce qu’on fait dans la société. Il peut y avoir une preuve de toutes les actions qu’on a prises. Une trace qu’on a voté, de ce qu’on a investi, ce qu’on a “yieldé”, ce qu’on a joué. C’est ça qui m’a donné un déclic dans ma vie pour passer de la gestion de fond à la gestion humaine. C’est ce qui est pour moi le plus important dans la crypto.

Be[In]Crypto (BIC) : Le but de la blockchain est de graver une information, une identité pour toujours. Avec la multiplication des blockchains, on se demande si elles vont toutes perdurer ? Quelle est votre opinion ou conseils à ce sujet ?

CF : 

Exactement. Quel sera le ledger de demain qui gardera vraiment pour toujours les traces de ces transactions ? En général c’est le premier venu est toujours celui qui arrive à rester. 

Je compare toujours l’évolution de la technologie avec l’évolution humaine. Comparons les cryptos aux religions. Si on le compare à nos cultures, Bitcoin est pour moi Abraham, peu importe de quelles religions nous sommes ou ne sommes pas, Abraham est périodiquement arrivé en premier. Ensuite on a Ethereum, et évidemment Ethereum c’est le Christ. Et par la suite forcément il y aura d’autres religions. Ceci dit, elles n’effaceront probablement pas celles qui sont arrivées en premier. 

D’ailleurs, ces 5 dernières années, nous avons énormément de blockchains qui sont arrivées et énormément de blockchains qui sont parties, ou du moins qui ne sont plus dans le top 20, ou plus utilisées. Aujourd’hui, Lisk, je ne sais pas ce qui est dessus. Je connais leur fondateur et je trouve vraiment bien ce qu’ils ont fait mais malheureusement aujourd’hui, ils sont comme Waze qui baisse en termes d’utilisation. Même Ripple, qui est dans le top 4 en terme de market cap ; il n’y a pas grand chose dessus. Est-ce que Solana va tout prendre ? Ou est-ce que ça va bifurquer sur Ethereum ? Je suppose que ça va se reporter sur Ethereum. On a des systèmes comme PolkaDot qui sont très prometteurs, qui comprennent la gouvernance et profitent d’une certaine frustration par rapport à Ethereum.

Il faut comprendre pourquoi ils sont différents, qu’ont-ils à apporter, y-a-t-il des applications ou pas ? Si c’est seulement un rêve à la Cardano, ce n’est pas la peine. Si ça fait 5 ans qu’un projet est sur un modèle qui n’a toujours pas prouvé son utilisation, il y a de fortes chances que ça n’arrivera pas.

 Une autre chose très importante est l’interopérabilité. Comme Cosmos qui est celui qui aimerait se positionner en tête. Imaginons ça comme Google. Tout le monde compare ça à Internet ; moi, je compare ça à Google. À l’époque, quand j’étais enfant il y avait Lycos et la Toile de Québec, puis ensuite il y avait le celui qui les agréger tous, qui s’appelait Copernic, qui était un peu le cosmos. Puis maintenant il n’en reste que 6 dans le monde, dont Google qui en prend la plus grosse partie. Microsoft et Safari aussi. Et enfin les dictateurs qui ont leurs propres moteurs de recherche. 

Donc il y aura probablement plusieurs blockchains qui resteront, mais un nombre bien plus restreint qu’aujourd’hui. Même si Internet est seulement un protocole, je le ne vois pas comme un protocole, mais je vois un browser comme un protocole.  

BIC : Mis à part le fait que vous soyez francophone, pourquoi être venu à Paris ? Pensez-vous qu’il s’agit d’un haut lieu de la blockchain ?

CF: 

Moi j’ai toujours eu une double relation avec la France, qui est l’amour et la haine. Je pense que tout le monde l’a, en fait. Et quand je suis revenu en 2017, étant suisse,  je suis venu pour une rencontre sur la Côte-d’Azur, là ou j’ai grandi. C’était très sympa. Ensuite je suis allé à la maison du Bitcoin. Malheureusement, nous n’avons jamais réussi à avoir une relation avec ces gens là. Ils n’ont jamais voulu nous aider. On a beaucoup essayé de venir en France et ça ne s’est pas fait.

Cependant on a quand même ouvert notre SI dans la partie francophone [de Suisse]. Ceci dit, après le lancement de notre application Swissborg il y a 2 ans, on a commencé à avoir énormément de français qui sont venus. Gràce à Hasheur et plein d’autres influencers, puis avec l’histoire des gilets jaunes où plein de gens se sont rendus compte que le monde n’allait pas forcément dans leur sens ; ils se sont dit qu’ils voulaient contrôler leur futur. Ils sont donc venus dans la crypto. 

Du coup on a eu un accroissement de la communauté française qui est venue s’ajouter à la communauté francophone belge et suisse. Et je l’ai toujours dit :  la France va, à un moment être l’un des plus gros acteurs de la blockchain. Tezos est arrivé avec plein d’autres projets. Différents médias également. Aujourd’hui nous avons eu le statut PSAN. Nous sommes un des rares acteurs étrangers à l’avoir et c’est vraiment un gage de confiance de l’AMF. Je devais donc vraiment faire quelque chose pour célébrer cela. 

BIC : En étant à la fois comme un portefeuille et un exchange etc.. Vous vous attaquez à plusieurs domaines à la fois et vous avez donc de nombreux compétiteurs ; comment appréhendez-vous cela ? 

CF :

La plupart des startups qui ont réussi sont celles qui ont su identifier ce fossé qu’elles pouvaient combler. On a toujours été trop extrêmes, à vouloir faire beaucoup à la fois et à résoudre notamment 3 gros problèmes.

Comment rentrer en crypto ? Comment sortir en crypto ? et comment yielder en crypto et se lancer dans la DeFi ? Aujourd’hui, avec un virement SEPA, il est possible non pas de traiter avec Swissborg, mais de traiter gràce à Swissborg, contre toutes les plateformes d’échanges. Nous faisons du smart routing. Cela permet d’échanger contre toute devises crypto ou fiat en même temps mais de voir ce qu’il se passe derrière. On compare toutes les propositions de transactions en cours, comme un comparateur de vol qui donnerait le meilleur prix tout en donnant aussi le meilleur trajet. Tout ceci se fait en quelques secondes. C’est complétement multichain et rapide. C’est si intuitif qu’on réussi à avoir des personnes de plus de 80 ans qui réussissent à yielder chez nous à travers notre plateforme. On a voulu que les utilisateurs puissent faire des choses assez extraordinaires aujourd’hui dans la DeFi en quelques clics. On tourne autour de l’experience consommateur. 

BIC : Réussissez-vous à être compétitif niveau prix en offrant un tel service ?

CF :

C’est une question très juste. Chez Swissborg, nous ne serons jamais la plateforme la moins chère ; on arrivera à travers notre technologie à avoir les meilleurs prix mais en termes de frais pour retirer, nous laissons l’utilisateur payer les frais de la blockchain. Les frais de gaz sont donc à votre charge. Plus on utilise la plateforme, moins on a de frais, puisqu’on peut devenir membre premium en stakant des Swissborgs token. On arrive à être compétitifs sur certains tokens : avec l’USDT à 19%, presque personne n’est au même niveau. Pour résumer, je dirai que nous sommes plus sur de la compétitivité produit que de la compétitivité prix.

 BIC : Quels sont vos plus grands challenges pour l’année qui arrive ?

CF :

On ne sait pas précisément quand sera le moment de l’année le plus favorable pour le metaverse. L’idée serait donc de créer des paniers de tokens dans le metaverse par thématique. Cela permet d’investir sans avoir besoin de comprendre comment fonctionne chaque token. On pourra investir si on croit à un projet, à une thématique sans être un expert dans la dite technologie. Le but est toujours de faciliter pour l’utilisateur son arrivée dans la crypto.

BIC : Un projet qui vous passionne ?

CF :

Xborg et Soonieverse. Ce sont 2 projets NFT. L’un est une méta-guilde, sur comment créer des guildes qui joueront à différents jeux Web 3. Soonieverse c’est plutôt un projet artistique qui permet de comprendre quel va être le futur du metaverse, du Web 3 et des NFT, tout ça combiné dans un manga intéractif où les gens vont devoir décider de quel est le futur de la blockchain. On pourra parier sur la fin de différents épisodes chaque semaine. En pariant bien on peut gagner des NFT ou des tokens. Ce sont des projets qui sont à leurs débuts mais ce sont 2 projets qui nous tiennent beaucoup à cœur. 

BIC : Swissborg est-elle une grande équipe ?

CF :

Nous sommes 340. Lorsqu’on est une plateforme centralisée, on a besoin de beaucoup de ressources humaines. Ceux qui font que du décentralisé, n’ont pas d’équipe de compliance, de risque, de légal, d’onboarding. Ils peuvent se permettre d’être une petite équipe. Nous sommes nombreux. 

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Après avoir commencé des études de Droit à Aix-en-Provence, Victor décide de les poursuivre aux Etats-Unis où il obtient un Bachelor of Science, en Marketing. Depuis il travaille comme créateur de contenus, traducteur spécialisé dans le domaine des cryptomonnaies et photographe de mode.

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