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Monero face à la guerre : la fin d’un refuge crypto ?

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Mis à jour par
Célia Simon

04 mars 2026 16:45 CET
  • En temps de guerre, Monero a tendance à devenir un refuge... sauf cette fois-ci.
  • Pendant ce temps, les stablecoins s’imposent comme les véritables moteurs des économies sous pression.
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Pendant que Bitcoin grimpe en vitesse et que chaque guerre relance la ruée vers les privacy coins, Monero reste étrangement muet. Que se passe-t-il ?

Monero, l’oublié de la guerre ?

En temps de conflit, les privacy coins comme Monero (XMR) gagnent d’ordinaire en popularité. Leur anonymat avancé protège utilisateurs et capitaux des sanctions, des confiscations ou des gelures de comptes bancaires. Dans les précédents chocs géopolitiques, notamment au début de la guerre en Ukraine, ces actifs ont joué un rôle clé pour contourner les restrictions financières et transférer des fonds hors du système bancaire classique. Mais cette fois, malgré la flambée des tensions au Moyen-Orient, le XMR reste étonnamment à la traîne.

Le paradoxe s’explique par la conjonction d’une liquidité faible et d’un marché restreint. Alors que Bitcoin, Ethereum ou certains stablecoins affichent une profondeur de marché suffisante pour absorber les flux massifs des investisseurs, Monero reste une niche dominée par des échanges plus discrets. Son cours s’est récemment stabilisé autour de 322 $, loin des pics à 800 $ atteints lors du dernier cycle.

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Techniquement, le cours du XMR évolue dans un canal horizontal entre 285 $ et 370 $, avec une résistance clé à 360 $. Les indicateurs pointent vers une accumulation lente, sans impulsion haussière nette. Le RSI s’établit à 45, traduisant un équilibre précaire entre acheteurs et vendeurs.

cours du xmr
Source : TradingView

Un dépassement des 400 $ serait nécessaire pour relancer une dynamique positive, tandis qu’une rupture des 277 $ raviverait le risque baissier.

Monero, Altcoin le plus performant, analyse du prix XMR

D’autres actifs attirent l’œil

L’ironie, c’est que le besoin de confidentialité n’a jamais été aussi fort. Les frappes américaines sur l’Iran, le 28 février 2026, ont replacé au cœur de l’actualité l’usage des crypto dans les économies sanctionnées par les Etats-Unis ou l’ONU. Pourtant, ce ne sont pas les actifs privés comme Monero qui dominent la scène iranienne, mais les stablecoins, et en particulier l’USDT.

Selon Reuters, la Banque centrale d’Iran aurait accumulé 507 millions de USDT pour contourner le système bancaire international. Entre 2023 et 2025, environ 5 000 portefeuilles liés aux Gardiens de la Révolution (IRGC) auraient déplacé près de 3 milliards de dollars en stablecoins, selon TRM Labs. Ces jetons, faciles à convertir et à auditer, forment désormais la colonne vertébrale d’un écosystème résilient, même sous sanctions.

Ce basculement souligne l’évolution du rôle des crypto en période de crise. Là où l’opacité du XMR séduisait autrefois, c’est aujourd’hui la stabilité des stablecoins qui attire. Ils permettent de maintenir une valeur stable face à la dévaluation du rial iranien, tout en restant accessibles malgré la coupure de 99 % de la connectivité Internet constatée lors des premières frappes. Si Monero reste une référence pour les transactions invisibles, son isolement des grands marchés et sa liquidité réduite limitent désormais sa capacité à capter les flux géopolitiques.

La morale de l’histoire : quand la guerre gronde, ce ne sont plus les pièces cachées qui comptent, mais celles qui tiennent la valeur.

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