Après avoir semé la panique et vu son action s’effondrer à cause du FUD, MicroStrategy défie la tempête et conserve sa place dans les indices MSCI, envers et contre tous.
MicroStrategy restera coté
L’indice MSCI a finalement choisi de maintenir les sociétés de réserve crypto (Digital Asset Treasury Companies) dont MicroStrategy, dans son système d’indexation. Cette décision écarte, pour l’instant, le spectre d’une exclusion et d’une vente contrainte d’ETF ou de fonds indiciels exposés.
Elle a été saluée par Saylor lui-même, d’autant qu’elle confirme que les DATCO déjà en place resteront éligibles, à condition de respecter les critères habituels.
SponsoredMais cette stabilité a un prix : le MSCI gèle leur position. Aucune augmentation du nombre d’actions intégrées, aucun ajustement de leur facteur d’inclusion, ni ajout dans de nouveaux segments. Ce verrouillage signifie que le poids de MicroStrategy dans les grands indices mondiaux est désormais figé, limitant les futurs afflux de capitaux passifs. Parallèlement, MSCI a annoncé l’ouverture d’une consultation sur la place de ces entreprises « non opérationnelles », un signal clair que la question de leur légitimité reste ouverte.
Malgré ces doutes persistants, l’action MSTR a gagné 6 % de sa valeur, après en avoir perdu 5 % hier. L’événement avait fait couler de l’encre puisque la chute avait suivi un nouvel achat massif de Bitcoin, qui avait pour habitude de toujours faire grimper le cours.
Bitcoin n’est pas complètement sauvé
Si l’on échappe à une liquidation catastrophe sur le marché, les réactions sont contrastées. Les partisans de Michael Saylor voient dans la décision du MSCI une victoire pour la neutralité financière et la reconnaissance du Bitcoin comme actif stratégique. D’autres observateurs y perçoivent au contraire un simple report du problème : MicroStrategy, avec son bilan saturé de cryptomonnaie, se rapprocherait davantage d’un fonds Bitcoin à effet de levier que d’une société technologique cotée. En d’autres termes, elle reste un cas hybride dans un écosystème boursier qui peine encore à la classer, d’autant plus qu’elle base son activité sur un système de dette considéré comme risqué.
Le contexte macroéconomique ajoute une tension supplémentaire. Un choc financier est redouté pour vendredi : la Cour suprême américaine doit statuer sur la légalité des tarifs douaniers imposés sous Donald Trump. Les analystes estiment à 78 % la probabilité que ces droits, ayant rapporté environ 600 milliards de dollars, soient jugés illégaux. Leur annulation ouvrirait une bataille de remboursements d’une ampleur inédite, potentiellement explosive pour les budgets fédéraux.
Une telle issue pourrait déclencher une onde de choc sur les marchés mondiaux : flambée de la volatilité, dislocation des taux obligataires et chute simultanée des actions et des cryptomonnaies. Une « bombe de volatilité » dont MicroStrategy, par son exposition totale au Bitcoin, serait l’un des premiers baromètres.