Imaginez un monde sans lois internationales où la Chine défie les États-Unis, les tarifs douaniers fusent et les avoirs gèlent. C’est déjà le cas : Ray Dalio annonce la fin de l’ordre mondial actuel. La crypto deviendra-t-elle le refuge ultime ou la première victime ?
L’ordre mondial vacille
Dalio, fondateur de Bridgewater Associates, décrit un cycle historique où les empires dominants montent, culminent puis déclinent. Selon lui, nous sommes dans l’étape 6, marquée par l’absence de mécanismes d’application des lois internationales, contrairement aux systèmes domestiques. Les relations internationales se régissent alors par la puissance brute : un grand désordre surgit d’une période sans règles, la force fait le droit, et les grandes puissances s’entrechoquent.
Dalio identifie cinq conflits escaladants : guerres commerciales et économiques, guerres technologiques, guerres capitalistiques (sanctions, restrictions financières), luttes géopolitiques (alliances, territoires) et guerres militaires. La plupart des grands conflits commencent par des pressions économiques bien avant les armes à feu.
SponsoredIl compare notre époque aux années 1930 : crise de dette globale, politiques protectionnistes, extrémisme politique et nationalisme croissant précédèrent la Seconde Guerre mondiale. Avant les hostilités militaires, les pays se sont engagés dans des batailles tarifaires, gels d’actifs, embargos et restrictions financières. Autant de tactiques qui rappellent les mesures actuelles.
Le catalyseur principal serait la rivalité stratégique entre États-Unis et Chine, notamment autour de Taïwan. Dans un dilemme du prisonnier où chaque partie peut détruire l’autre, une confiance extrême est requise, ce qui est rare historiquement. Ces avertissements ne sont pas nouveaux mais confirment une thèse à long terme : les conditions structurelles d’une transition de puissance majeure sont en place.
Quid de la crypto ?
Ces tensions ravivent le débat sur l’impact géopolitique sur la crypto. En cas de sanctions, gels d’actifs et restrictions financières transfrontalières, les monnaies numériques émergent comme rails alternatifs hors infrastructure bancaire traditionnelle. Bitcoin est perçu comme résistant à la censure et aux contrôles de capitaux, et restera pertinent si la fragmentation financière s’accélère.
Pourtant, les cryptomonnaies restent sensibles aux conditions de liquidité globale. Les stress géopolitiques et durcissements politiques provoquent une aversion pour le risque massive sur les marchés. Une volatilité accrue est probable à court terme si les tensions mènent à des conditions financières plus serrées ou une appétence réduite pour le risque.
Les tensions poussent aussi vers les refuges traditionnels. L’or bénéficie historiquement de l’incertitude, comme lors des crashes récents où il a rebondi contrairement au Bitcoin. Ainsi, si les tensions s’aggravent, les flux pourraient favoriser les actifs défensifs établis… et pas forcément nos crypto préférées.
La morale de l’histoire : des empires tombent, la crypto persiste.