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Polymarket révise ses paris : la guerre US-Iran pourrait s’éterniser

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Mis à jour par
Célia Simon

19 mars 2026 15:30 CET
  • Sur Polymarket, les cotes s’effondrent, dessinant le scénario d’un conflit sans issue rapide malgré les millions misés.
  • La flambée du pétrole ravive les tensions entre lutte contre l’inflation et peur du ralentissement.
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Tandis que la Maison-Blanche promet une guerre éclair, les marchés de prédiction misent sur une guerre US-Iran bien plus longue que prévu.

La guerre US-Iran durera

Après avoir prédit la fin du conflit cet été, les marchés de prédiction et les experts en prévision repoussent désormais leurs estimations d’un cessez-le-feu entre les États-Unis et l’Iran. Ce glissement du sentiment reflète une réalité nouvelle : la perspective d’un conflit long, aux répercussions économiques déjà tangibles.

Sur Polymarket, principal marché de prédiction basé sur la blockchain, la probabilité d’un cessez-le-feu avant le 31 mars n’est que de 7 %. Le contrat d’avril peine à 35 %, en chute de 41 points par rapport à son pic. Même l’échéance du 30 juin, la plus optimiste, ne dépasse pas 53 %.

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Source : Polymarket

Depuis le déclenchement du conflit le 28 février, plus de 21,3 millions de dollars ont été échangés sur Polymarket. Ces chiffres reflètent un scepticisme prononcé quant à un règlement rapide du conflit.

Les Superforecasters de Good Judgment, réputés pour leurs liens avec la recherche en renseignement américain, confortent cette lecture. Leur dernière projection attribue 43 % de probabilité à l’absence de cessez-le-feu avant le 15 mai, un chiffre en hausse de dix points en une semaine. La fenêtre d’avril à mi-mai progresse également à 30 %, tandis que les chances d’un arrêt des hostilités avant le 26 mars se limitent à 2% . Ce double signal s’oppose nettement à la prévision officielle de la Maison-Blanche, qui tablait sur une guerre de « quatre à six semaines ».

guerre us-iran
Source : Good Judgment

Les marchés se préparent à la crise

Du côté de la FED, Jerome Powell a maintenu les taux directeurs à 3,50–3,75 % tout en révisant à la hausse sa prévision d’inflation 2026, à 2,7%. La flambée du pétrole, avec un Brent à 108,78 dollars le baril, pèse sur les calculs de politique monétaire. L’Institut de l’énergie (IEA) évoque une chute de huit millions de barils par jour dans l’offre mondiale. Powell a reconnu une « incertitude considérable » sur l’impact du conflit, tout en écartant les comparaisons avec la stagflation des années 1970.

Les marchés financiers absorbent déjà le choc. Le Nasdaq a reculé de 1,5%, le cours du BTC a glissé sous 70 000 $, et les rendements des bons du Trésor à deux ans ont atteint 3,73 % . En Asie, le Nikkei japonais et le KOSPI sud-coréen ont chuté respectivement de 2,80% et 2,95%, signes de la vulnérabilité des économies importatrices d’énergie.

Alors que le prochain comité de la FED se réunit dans six semaines, les investisseurs guettent tout signal d’apaisement. Pour l’heure, la position de Téhéran reste ferme : le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a affirmé le 15 mars que son pays « n’a jamais demandé de cessez-le-feu ». Tant que cette posture persistera, les marchés de prédiction continueront de miser sur la durée.

La morale de l’histoire : à la Bourse comme sur le champ de bataille, l’attente coûte toujours plus cher que le tir.

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