Le cours d’Ethereum aborde le mois de février 2026 à un carrefour décisif. En effet, après avoir perdu près de 7 % en janvier, l’ETH termine le mois en net contraste avec sa tendance historique. Habituellement, en janvier, le rendement médian s’établit généralement autour de +32 % mais cette année, la dynamique s’est inversée. En février, en parallèle, le gain médian de l’ETH s’élève à environ +15 % depuis 2016.
La dernière fois qu’Ethereum a abordé février dans une position similaire remonte à l’année passée. En effet, en 2025, la faiblesse s’est maintenue, menant à une baisse mensuelle de 32 % à 37 %. Que 2026 suive ce chemin ou s’en détourne dépendra alors de l’interaction entre la structure technique, les données on-chain et les flux institutionnels au cours des prochaines semaines.
Historique de février pour Ethereum et schéma de biseau déterminant
L’analyse des données sur le long terme aide à cadrer les attentes. Depuis 2016, Ethereum affiche un rendement médian d’environ +15 % au mois de février. Ce n’est donc pas le mois le plus performant pour l’altcoin, mais il affiche plus de hausses que de baisses.
Cette année, cela dit, le mois de janvier s’avère radicalement différent. Au lieu de suivre son gain médian de +32 %, l’ETH termine janvier 2026 en baisse d’environ 7 %. Il se rapproche ainsi du schéma de 2025, où la faiblesse du début d’année s’est prolongée par une baisse en février.
Ainsi, Ethereum aborde février 2026 à un carrefour décisif. Cela dit, tous les analystes ne considèrent pas la saisonnalité comme un indicateur de confiance à suivre.
L’équipe d’analystes de B2BINPAY, un écosystème crypto tout-en-un pour entreprises, nous met notamment en garde contre une dépendance excessive aux schémas historiques.
« Il ne faut pas se fier aveuglément aux schémas historiques. La plupart existent pour des raisons assez évidentes », ont-ils déclaré.
Ils ajoutent également qu’il manque actuellement à l’ETH des catalyseurs de croissance immédiats.
« Mais rien ne permet de supposer que février doive forcément apporter de la croissance. Dans cette logique, il n’est pas pertinent d’anticiper que février conserve une quelconque importance haussière “historique” », ont-ils souligné.
Les analystes prennent également l’année dernière en exemple :
« Même si l’on prend février 2025 comme exemple, Ethereum a chuté de 37 % », ont-ils déclaré.
Ce scepticisme se reflète par ailleurs dans la structure graphique actuelle. En effet, sur l’échelle de temps de deux jours, le cours de l’ETH reste à l’intérieur d’un schéma de biseau descendant. Un biseau descendant se forme lorsque le prix enregistre des sommets et des creux de plus en plus bas. Il signale souvent un affaiblissement de la pression vendeuse et une possibilité d’inversion de tendance.
Dans ce cas, le biseau est large et volatile. Une percée haussière confirmée suggérerait alors un mouvement d’environ 60 %. Il s’agit là d’un objectif maximal et non d’une prévision.
La dynamique, appellée momentum, ajoute une difficulté supplémentaire pour l’évolution d’Ethereum,
Entre le 17 décembre et le 29 janvier, l’ETH est sur le point d’enregistrer des creux de plus en plus bas. Sur la même période, l’indice de force relative (RSI) est resté aux alentours de 37. Pour rappel, le RSI mesure si la dynamique est contrôlée par les acheteurs ou les vendeurs.
Lorsque le prix baisse mais que le RSI ne suit pas, cela indique un affaiblissement de la pression vendeuse, ce qui génère une divergence haussière précoce.
Si la prochaine bougie du cours de l’ETH reste au-dessus de 2 690 $ et que le RSI se stabilise, les probabilités de retournement augmentent à mesure qu’un nouveau creux est confirmé sur le prix. Cependant, la confirmation reste absente ; c’est pourquoi les données on-chain deviennent cruciales.
Sponsored SponsoredLes données on-chain soutiennent un rebond mais la conviction faiblit
Les indicateurs on-chain constituent le premier test de validation important. Un indicateur clé est le Net Unrealized Profit/Loss (NUPL), qui mesure les profits ou pertes latents.
Actuellement, le NUPL d’Ethereum se situe autour de 0,19, ce qui le place dans la zone « espoir-peur ». Ce niveau revêt une importance historique. En effet, en juin 2025, le NUPL est tombé près de 0,17, tandis que l’ETH se négociait aux alentours de 2 200 $. Le mois suivant, le prix a flambé jusqu’à 4 800 $, soit un gain de plus de 110 %.
Ainsi, le NUPL est en adéquation avec ce que suggèrent le biseau et le RSI : la pression vendeuse diminue et les profits non réalisés sont en baisse. Cela laisse un potentiel de hausse.
Cependant, le signal reste incomplet. Les vrais creux de marché se produisent généralement lorsque le NUPL devient négatif. En avril 2025, il est tombé près de −0,22, marquant là une capitulation totale.
La valeur d’aujourd’hui reste bien au-dessus de ce seuil, ce qui signifie qu’il subsiste encore une marge de ventes. Cela suggère donc des rallyes de soulagement, mais pas de nouveau cycle haussier.
Le comportement des HODLers vient par ailleurs renforcer ce tableau contrasté. L’indicateur Hodler Net Position Change permet de suivre si les investisseurs de long terme accumulent ou distribuent. Tout au long du mois de janvier, cet indicateur est resté positif.
L’accumulation a atteint un pic le 18 janvier à environ 338 700 ETH. Le 29 janvier, ce chiffre est retombé autour de 151 600 ETH, ce qui représente un recul de plus de 55 %. Les holders continuent donc d’acheter, mais avec nettement moins de conviction.
Cela correspond à la façon dont les analystes de B2BINPAY décrivent l’ensemble du marché crypto.
« L’offre et la demande sont actuellement équilibrées : les acheteurs sont prêts à acheter à peu près aux mêmes niveaux où les vendeurs sont prêts à vendre […] Le marché a besoin d’un signal clair, soit à la hausse, soit à la baisse, pour que la direction se précise », ont-ils déclaré.
En résumé, le NUPL et l’activité des holders valident un scénario de rebond, mais montrent une conviction en déclin. Cela tourne donc les projecteurs vers le prochain groupe décisif : les gros investisseurs.
SponsoredLes baleines accumulent, mais les ETF sont toujours absents
Les gros détenteurs, ou baleines crypto, envoient un signal plus fort que les investisseurs institutionnels. En effet, les données sur l’offre détenue par les baleines montrent une accumulation continue en janvier. Au début du mois, ces détenteurs contrôlaient environ 101,18 millions d’ETH. À la fin du mois, ce chiffre était monté à environ 105,16 millions d’ETH.
Cela représente une hausse de près de 4 millions d’ETH, ce qui reflète des achats actifs lors des baisses.
Ainsi, alors que le prix a reculé après les sommets de mi-janvier, les grands portefeuilles ont continué à renforcer leur exposition. Cela confirme le scénario de rebond d’ETH mis en avant par le NUPL et le biseau, ce qui contraste nettement avec 2025.
À la fin janvier 2025, les baleines détenaient près de 105,22 millions d’ETH. Fin février, ce chiffre avait chuté à environ 101,96 millions d’ETH. Cette distribution a coïncidé avec une chute de 32 % de l’ETH en février. L’an dernier, les baleines vendaient tandis que cette année, elles accumulent.
En parallèle, les flux ETF en dents de scie témoignent d’une prudence accrue. En effet, plusieurs journées de forts flux entrants ont été suivies de sorties massives. Fin janvier, les retraits ont dépassé l’équivalent de 70 000 ETH.
Cela signifie que les ETF n’ont pas clairement pris le train de la reprise.
John Murillo, Chief Business Officer de B2BROKER, un fournisseur global de solutions fintech pour les institutions financières, estime que le comportement des ETF en janvier reflète des positionnements tactiques plutôt qu’une sortie pure et simple.
Sponsored Sponsored« Les sorties de mi-janvier des ETF spot-ETH ressemblent moins à une sortie structurelle qu’à un rééquilibrage tactique. L’inversion en fin de mois, menée par de fortes entrées sur le FETH de Fidelity, suggère que le comportement institutionnel devient de plus en plus partagé.[…] Au lieu d’une réduction massive du risque, les flux semblent fragmentés selon les émetteurs », a-t-il déclaré.
Selon Murillo :
« Les dynamiques ETF de janvier témoignent d’une maturité croissante, plutôt que d’un désengagement », a-t-il indiqué.
Murillo avertit par ailleurs que si cette tendance se poursuit, les produits dérivés pourraient prendre le dessus sur la formation du prix, ce qui constitue un risque clé pour le cours :
« Si février apporte des flux d’ETF hachés ou modérés, tandis que l’activité sur les produits dérivés continue de s’accroître, l’équilibre de l’influence pourrait alors basculer de la demande spot vers une découverte des prix davantage orientée par l’effet de levier.
Février devrait être un vrai test si le prix d’Ethereum est davantage ancré par l’allocation institutionnelle sur le marché spot ou par la dynamique des produits dérivés », a-t-il expliqué.
Pour l’instant, les baleines restent optimistes et les institutions demeurent prudentes. Cette combinaison favorise des rebonds, mais en limite la pérennité.
Les seuils clés du cours d’Ethereum en février 2026
Le NUPL évoqué précédemment montre qu’il ne s’agit pas d’un plancher confirmé. Le risque baissier persiste donc.
Le premier support critique du prix de l’ETH se situe autour de 2 690 $. Cela correspond au support observé sur les deux derniers jours ainsi qu’à la précédente phase de consolidation. Une clôture nette sous 2 690 $ signalerait une reprise de contrôle des vendeurs. Cela ouvrirait la voie à une baisse vers 2 120 $.
À la hausse, Ethereum doit d’abord reconquérir la barre des 3 000 $. Il s’agit à la fois d’une barrière psychologique et structurelle. Le prix a échoué à franchir ce niveau à plusieurs reprises depuis décembre.
Se maintenir au-dessus de 3 000 $ indiquerait alors un retour de la confiance.
La prochaine résistance se situe autour de 3 340 $, un seuil qui a limité les rallyes depuis le 9 décembre. Une percée haussière marquerait donc un changement significatif dans la structure du prix de l’ETH.
Au-delà, le seuil des 3 520 $ devient crucial. Un franchissement durable et un maintien au-dessus de 3 520 $ confirmeraient en effet la reprise de la dynamique haussière et ouvriraient la voie à une progression vers 4 030 $.
La morale de l’histoire : En février, Ethereum peut toujours s’enrhumer.