Et si, demain, ce n’étaient plus les humains qui engageaient des robots, mais eux qui louaient nos corps pour agir à leur place ? Un développeur crypto vient de créer une plateforme où cela est possible. Bienvenue sur RentAHuman.ai, le site le plus déroutant du moment.
RentAHuman.ai, un site qui marche ?
RentAHuman.ai, c’est le dernier projet déroutant du développeur crypto Alex, ingénieur chez Uma Protocol et Across Protocol. Cette plateforme inédite permet à des agents IA d’embaucher de véritables humains pour exécuter des tâches physiques dans le monde réel. Une sorte d’Uber inversé, où ce ne sont plus les personnes qui commandent des machines, mais les machines qui recrutent des personnes.
Sur le site, chacun peut s’inscrire, fixer son tarif horaire et indiquer sa disponibilité. Les prix oscillent généralement entre 50 et 150 $ de l’heure, payés en cryptomonnaies, pour des missions aussi variées que récupérer un colis, assister à une réunion, signer un document ou prendre des photos.
SponsoredLe projet, décrit par Alex comme « la couche physique de l’IA », aurait dépassé les 500 000 visites et recensé environ 26 000 inscriptions, bien que le créateur reconnaisse la présence de doublons et de faux comptes. Parmi les premiers profils recensés, un PDG de startup spécialisée dans l’IA côtoierait une modèle OnlyFans.
Côté technique, c’est également l’intelligence artificielle qui pilote ! L’ensemble a été conçu par une armée d’agents IA construits sur le modèle de Claude, via une méthode de vibe coding. Cette approche repose sur des Ralph loops, des boucles d’exécution où l’IA s’auto-corrige jusqu’à produire un code stable et fonctionnel. Le site s’appuie également sur le Model Context Protocol (MCP), un standard qui ouvre aux agents IA la possibilité d’utiliser des outils ou d’interagir via des commandes.
L’éthique du travail en question
Derrière cette prouesse technique, RentAHuman.ai soulève des questions vertigineuses. Plusieurs spécialistes redoutent le détournement de ce type de plateforme pour des usages peu éthiques. Une IA pourrait, par exemple, confier à différents travailleurs des micro-tâches anodines, sans qu’aucun ne perçoive la finalité d’un ensemble potentiellement illégal.
Les références à Black Mirror ou au roman Daemon reviennent souvent dans les discussions : qui serait responsable si l’agent artificiel orchestre le tout ?
Pour d’autres, la comparaison avec Amazon Mechanical Turk s’impose : les humains y réalisent déjà des tâches pour des systèmes automatisés, mais la différence majeure, ici, est l’autonomie de décision des IA. Enfin, on y voit également une étape de transition : une manière pour ces entités virtuelles d’agir dans le monde réel grâce à la main humaine, avant que robots et avatars physiques ne prennent le relais. Un genre de «patch temporaire » du monde physique, un pont curieux entre demain et aujourd’hui.
La morale de l’histoire : à trop vouloir créer des IA, on finit par leur prêter son corps.