L’Inde explore actuellement un système de vote alimenté par une blockchain pour des élections transparentes, sûres et inclusives.

La Commission électorale de l’Inde (CE) a organisé un webinaire sur les aspects technologiques du vote à distance, qui a permis d’étudier différents cas d’utilisation de la blockchain.

Le commissaire aux élections, Sushil Chandra, a soulevé la question de la protection de la vie privée des électeurs et a exprimé son inquiétude concernant les problèmes géographiques liés au vote. Il a souligné qu’un système de vote alternatif doit être “transparent, direct, vérifiable, et développer une perception de grande clarté dans l’esprit des électeurs”.

Il a précisé que la commission n’envisage pas de votes à domiciles via Internet. M. Chandra a ainsi déclaré :

“Le projet de vote à distance vise à permettre aux électeurs résidant dans des endroits éloignés, loin de leurs bureaux de vote désignés, de voter de manière sécurisée”.

Un autre fonctionnaire clé et conseiller du gouvernement, Vijay Raghavan, s’est montré optimiste à l’idée d’introduire une blockchain dans le mécanisme de vote. Il n’y a pas vu de “pièges majeurs” et a vivement demandé à la commission de tester cette technologie comme un exercice de simulation dans certains lieux.

Un important quotidien indian a notamment signalé :

Il y a peut-être des pièges, mais il est possible d’y remédier.

Les intervenants du webinaire ont présenté les approches possibles. VN Shukla, directeur informatique de la CE, a par exemple déclaré que les organisations doivent considérer le vote à distance comme un “système à plusieurs niveaux”. Ce dernier doit comprendre un processus facile à utiliser, une technologie robuste et évolutive et une interface utilisateur à l’entretien aisé. L’adoption de la technologie de blockchain devrait “augmenter progressivement”, a-t-il déclaré.

Le webinaire incluait une série de sessions allant de discussions sur la confidentialité des données et les préoccupations réglementaires à l’authentification et la vérifiabilité du vote par blockchain, entre autres. De hauts fonctionnaires de la commission électorale du pays, des défenseurs et des leaders mondiaux de blockchains y étaient présents.

L’Inde s’ouvre à la blockchain

L’État indien de Telangana a exprimé son intérêt à l’égard de l’expérimentation de la technologie de blockchain pour le vote à distance. Jayesh Ranjan, secrétaire d’État aux technologies de l’information de l’État de Telangana, a déclaré que des tests à échelle réduite pourraient être effectués à des fins d’apprentissage.

Selon le haut fonctionnaire, les gouvernements des États peuvent dans un premier temps mettre en place des blockchains sur de plus petits organismes tels que les sociétés, les sports et les associations culturelles pour leurs élections internes. Il a ajouté que les gouvernements locaux peuvent utiliser leur autorité, leur pouvoir et leur influence à ces fins, selon un site d’actualités indien.

Lorsque nous aurons suffisamment de cas d’utilisation, nous pourrons convaincre le gouvernement de s’y essayer et de l’adapter peu à peu à l’échelle nationale,

a déclaré Ranjan lors d’une série de webinaires intitulée “Blockchain applications & experiences from India and around the world” [Usages et expérimentations de la blockchain en Inde et dans le reste du monde]. Il a commenté que cette technologie “n’est pas compliquée” et qu’il n’y a pas d’exigences ou de déficience dans le vote à distance ou la blockchain.

Il devrait exister un besoin pour cette technologie particulière. Il faut démontrer que des lacunes spécifiques peuvent être comblées par l’usage de la blockchain et du vote à distance.

Ranjan a également cité les T-Chits fondés sur une base de blockchain du gouvernement de l’État de Telangana, comme exemple de la gestion des fonds de chit par l’État.

Cette série de webinaires a également bénéficié de l’assistance de hauts fonctionnaires d’autres États tels que le Tamil Nadu, le Maharashtra et l’Arunachal Pradesh.

Le Maharashtra, troisième plus grand État du pays, a également exploré cette technologie naissante. L’an dernier, l’État et le ministère du Revenu ont completé une preuve de concept (PoC) pour les registres fonciers de la blockchain. Cette PoC incluait notamment des tests de bout en bout en utilisant une plateforme hybride de blockchain à source ouverte.

Un gouvernement enthousiaste à l’idée du vote sur blockchain

La discussion sur le vote à distance basé sur un système de blockchain a démarré plus tôt dans l’année entre la Commission électorale et l’Institut indien de Technologie de Madras. Ce partenariat a exploré les possibilités d’un “système de vote électronique à double sens par blockchain, dans un environnement contrôlé”.

Sandeep Saxena, principal commissaire adjoint électoral, a déclaré à l’époque que ce processus incluerait une identification de l’identité des électeurs à l’aide de données biométriques et de webcams. M. Saxena a ajouté qu’après avoir établi l’identité des électeurs, le système générera un smart contrat personnalisé et géré par la blockchain. Il a ajouté :

Lorsque le vote à distance est effectué, le bulletin de vote sera crypté de manière sécurisée et un hashtag de blockchain sera généré. Cette annonce de hashtag sera envoyée à plusieurs parties prenantes. Dans ce cas précis, il s’agira des candidats et partis politiques.

Les votes effectués à distance seront alors validés au stade précomptage, afin de s’assurer qu’ils ne peuvent être falsifiés.

Sandra Ro, PDG de Global Blockchain Business Council, a fait la déclaration suivante lors du webinaire de ce lundi :

L’inde est prête à devenir le leader mondial de notre transition vers des systèmes de votes de nouvelle génération.

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