… et si la France avait HODL ?
Le 7 mai 2017, jour de son élection, Emmanuel Macron aurait pu, en théorie, décider d’acheter du Bitcoin. Ce même jour, le BTC se négociait autour de 1 597 dollars selon CoinMarketCap. Depuis, son prix a connu des sommets, et la France, un déficit persistent.
Alors, scénario purement hypothétique : combien de BTC Macron aurait dû acheter pour combler le déficit public en août 2025 ?
Le cadre budgétaire français
a) Un déficit tenace
- En 2017, le déficit public français était d’environ 3,4 % du PIB selon les données de l’INSEE.
- En 2025, il dépasse les 5 %, soit environ 150 milliards d’euros, selon la Cour des comptes.
b) La dette publique en 2025
La dette totale atteint 3 200 milliards d’euros ou 110 % du PIB, avec une charge d’intérêts annuelle de 55 milliards d’euros.
Bitcoin : de 2017 à 2025, à quel niveau ?
Le 7 mai 2017, le prix moyen du BTC était de 1 596 $.
Les projections techniques de l’exchange Changelly prévoient un prix minimum de 113 495 $ et un maximum de 118 893 $ pour août 2025. Dans une optique de prudence, nous retiendrons une valeur autour de 115 000 $.
Scénario 1 : combler le déficit 2025 avec le Bitcoin
- Déficit public en 2025 : 150 milliards d’euros.
- Appréciation par Bitcoin : 115 000 / 1 600 ≈ × 72.
Ainsi, pour effacer le déficit, il aurait fallu investir 150 milliards € ÷ 72 ≈ 2,08 milliards € en BTC en 2017.
Scénario 2 : rembourser la dette souveraine
- Dette : 3 200 milliards d’euros.
- Calcul similaire : 3 200 / 72 ≈ 44,4 milliards €.
Cela équivaut au budget de l’Éducation nationale.
Scénario 3 : viser un excédent
Supposons un investissement de 50 milliards d’euros en 2017 :
- Valeur en 2025 : 50 × 72 = 3 600 milliards €.
Après remboursement de la dette, il resterait 400 milliards d’euros pour des projets publics.
Est-ce réaliste ?
Volatilité
- En décembre 2017, le BTC est passé de 1 000 $ à près de 20 000 $, puis s’est effondré à 3 300 $ en décembre 2018.
Un tel investissement aurait pu se traduire par une catastrophe politique.
Contraintes institutionnelles
L’achat massif de BTC par un État aurait enfreint les règles de la BCE et les traités européens.
Les points de vue politiques
- Nouriel Roubini parlait d’un outil trop instable pour les États.
- Michael Saylor, à l’inverse, estimait que les États souverains devaient adopter le Bitcoin.
- Thomas Piketty suggérait plutôt de taxer les géants du numérique.
Comparaisons internationales
- El Salvador a acheté du BTC en 2021 ; malgré des fluctuations, le bilan est positif.
- Suisse et Chine explorent des réserves numériques encadrées, sans spéculation directe sur Bitcoin.
Une image saisissante, mais symbolique
- Pour combler le déficit 2025 : ≈ 2,1 milliards € en BTC dès 2017.
- Pour annuler la dette : ≈ 44,4 milliards €.
- Avec 50 milliards € investis : un excédent possible de 400 milliards €.
Cependant, la politique n’est pas un pari financier. Le fait est, toutefois, que le Bitcoin a évolué à une vitesse que les États, encore enfermés dans des logiques budgétaires lentes, peinent à suivre.
La morale de l’histoire : Tout est de la faute d’Emmanuel Macron ou pas.
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