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Emplois Web3 en 2026 : le marché ne « revient » pas, il grandit

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Mis à jour par
Célia Simon

01 février 2026 14:55 CET

En tant que fondateur de GoodHive, j’observe le marché de l’emploi Web3 depuis un point de vue très concret : celui des entreprises qui recrutent réellement et des talents capables d’entrer en production dans des environnements exigeants.

Depuis deux ans, le marché de l’emploi Web3 est raconté de manière binaire. Soit il serait mort avec la fin de la hype, soit il serait sur le point de renaître avec le prochain bull market. Actuellement, cette lecture ne tient plus. Ce que nous observons aujourd’hui n’est ni un effondrement ni un simple retour cyclique mais une transformation plus profonde : la professionnalisation du marché du travail Web3, à mesure que la technologie elle-même arrive à maturité.

Après le crypto-winter, le recrutement ne s’est pas arrêté. Il s’est mis en pause, il s’est filtré, il s’est rationalisé. Aujourd’hui, les signaux sont clairs. Selon le Web3 Jobs Report 2025 publié par Coincub, plus de 66 000 nouveaux postes Web3 ont été créés en 2025, soit une hausse de 47 % par rapport à l’année précédente. Les États-Unis restent le premier bassin d’emploi, tandis que les postes en full remote continuent de progresser fortement. Mais ces chiffres ne disent pas l’essentiel.

Ce qui a le plus changé, ce n’est pas le volume des recrutements, mais leur nature. Le Web3 n’embauche plus du potentiel ou des promesses. Il recrute de l’exécution. Les analyses du Electric Capital Developer Report montrent que la part de développeurs Web3 expérimentés atteint un niveau historique, traduisant une demande accrue pour des profils immédiatement opérationnels, capables d’opérer dans des environnements complexes et performants.

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La stabilisation du cadre réglementaire joue ici un rôle déterminant. L’entrée en vigueur de MiCA en Europe, combinée à la clarification progressive du cadre réglementaire aux États-Unis et à une posture plus lisible des autorités, a réduit l’incertitude juridique qui freinait les décisions d’investissement. Cette clarification attire des acteurs industriels et financiers de long terme, rend possibles des déploiements à grande échelle et transforme la nature des recrutements. La demande se concentre désormais sur des profils Web3 expérimentés, capables d’opérer dans des environnements matures, complexes et contraints.

Une autre évolution structurante concerne les compétences hybrides. D’après le Web3.career Intelligence Report 2025, 14 % des offres d’emploi Web3 exigent désormais des compétences en intelligence artificielle, contre seulement 2 % en 2021. La blockchain n’est plus un silo technologique : elle devient une brique intégrée à des systèmes plus larges mêlant IA, data, cybersécurité et conception de systèmes complexes.

Ces mutations ont des conséquences directes sur la manière de recruter. Les CV et les plateformes traditionnelles ne suffisent plus. Les contributions visibles, les audits publics, les projets open source, les hackathons ou les bounties jouent désormais un rôle central dans l’évaluation des talents. Ce que l’on a construit, livré ou audité pèse souvent davantage qu’un titre ou qu’un parcours académique.

Cette tension sur les profils expérimentés se reflète également dans les niveaux de rémunération. Selon les analyses croisées du Electric Capital Developer Report et de cabinets spécialisés, les salaires des profils tech Web3 restent supérieurs de 15 à 30 % à ceux de l’IT traditionnelle, avec une part croissante de rémunération indexée sur des tokens ou des actifs numériques.

Pris dans leur ensemble, ces éléments dessinent une transformation plus large. Le marché de l’emploi Web3 ne change pas seulement d’échelle, il change de logique. L’accès aux opportunités repose de plus en plus sur la confiance, la réputation et l’historique de contribution.

C’est dans ce contexte que des plateformes comme GoodHive prennent tout leur sens. Non comme une rupture artificielle, mais comme une conséquence naturelle de cette maturation : un modèle de recrutement fondé sur la recommandation, la contribution et l’alignement de long terme. Dans une économie décentralisée, il est cohérent que le marché du travail évolue lui aussi vers des formes plus décentralisées.

A propos de l’auteur

Benoît Kulesza

Benoît Kulesza est fondateur de GoodHive et cofondateur de la Web3TalentFair. Entrepreneur dans la tech depuis plus de dix ans, il analyse les mutations du travail Web3 à partir du terrain, des communautés et des dynamiques de recrutement réelles.

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