Les tribunaux indonésiens ont condamné trois individus pour financement du terrorisme en 2024 et 2025, s’appuyant sur des preuves on-chain comme fondement de chaque poursuite.
Ces affaires marquent un changement clair dans la manière dont les tribunaux d’Asie du Sud-Est considèrent les données issues de la blockchain, les adresses de wallet et les historiques de transactions étant désormais admis comme preuves recevables et centrales dans les dossiers.
Des données blockchain qui ont permis de monter le dossier
L’unité indonésienne de renseignement financier, PPATK, a collaboré avec le groupe d’élite antiterroriste de la police nationale, Densus 88, pour remonter la trace de transactions crypto liées aux trois prévenus.
Aucun de ces individus n’a mené d’attaque directement. À la place, ils récoltaient, transféraient et convertissaient des fonds en crypto afin de transférer de l’argent vers des réseaux terroristes.
L’un des prévenus a envoyé plus de 49 000 $ de Tether (USDT) au travers de 15 transactions depuis un exchange indonésien local vers une plateforme étrangère.
Selon TRM Labs, ces fonds ont ensuite été acheminés vers une campagne de financement liée à l’État islamique en Syrie.
« Les tribunaux indonésiens ont démontré que les preuves issues des cryptomonnaies… ne sont pas seulement recevables mais peuvent constituer le socle d’une poursuite pour financement du terrorisme », peut-on lire dans le rapport de TRM Labs.
Une tendance régionale se dessine
L’Indonésie n’agit pas seule. TRM Labs souligne que Singapour, la Malaisie et d’autres juridictions d’Asie du Sud-Est investissent également dans des capacités de renseignement sur la blockchain.
La société décrit un phénomène régional plus large où les cellules terroristes se sont tournées vers la cryptomonnaie précisément car les régulateurs tardaient à appliquer le même niveau de contrôle qu’aux canaux financiers traditionnels en fiat.
Le 1er avril, des responsables cambodgiens et chinois ont arrêté Li Xiong, l’ancien président du groupe Huione. Cette organisation aurait servi de plaque tournante à des centres d’arnaque spécialisés dans les escroqueries dites « pig butchering » et autres hacks crypto.
Xiong a été extradé vers la Chine, où il fait face à des accusations de fraude et de blanchiment d’argent. Son arrestation est intervenue trois mois après la capture de Chen Zhi, dirigeant du Prince Group, qui contrôle Huione Group.
TRM a par ailleurs rapporté en février que des entités illicites ont reçu environ 141 milliards de dollars en stablecoins en 2025, un record sur cinq ans. Les activités liées aux sanctions représentaient 86 % de tous les flux illicites crypto cette année-là.
Ces condamnations indonésiennes indiquent que la période durant laquelle il était possible de financer discrètement le terrorisme via la crypto touche à sa fin, d’autant plus que les tribunaux de la région acceptent les données blockchain comme preuves exploitables lors des poursuites.
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