Un an plus tard, qu’en est-il du metaverse ?

Par josh.adams
26 novembre 2022, 15:00 CET
26 novembre 2022, 15:00 CET
EN BREF
  • Selon Google Trends, l'intérêt pour le metaverse stagne depuis son pic atteint en janvier de cette année.
  • La récente vague de licenciements chez Meta a accentué les craintes d'une industrie qui ne parvient pas à asseoir ses arguments.
  • Cependant, de nombreux résultats d'enquêtes semblent prometteurs pour les amateurs de metaverse.
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L’avenir du metaverse semble incertain. Selon Google Trends, l’intérêt pour le monde virtuel a atteint un niveau record en janvier. L’intérêt pour le terme s’est pourtant effondré au deuxième trimestre de cette année et a depuis atteint un plateau.

Avec des milliards de dollars investis dans cette industrie, BeInCrypto s’est demandé où elle allait maintenant se diriger et où nous en étions après une année de scandales sur le marché et de battage médiatique entourant le metaverse.

Le terme “metaverse” est apparu pour la première fois en 1992 dans le roman “Snow Crash” de Neal Stephenson. Au départ, il s’agissait d’un terme de science-fiction pour décrire une réalité virtuelle dans laquelle les utilisateurs pouvaient échapper au monde réel dystopique. Depuis, le terme est passé de la fiction à la réalité.

Cependant, les premiers rapports concernant l’adoption du Metaverse se sont avérés mitigés. En effet, un article de CoinDesk (basé sur les données de DappRadar) avait rapporté que seulement 38 “utilisateurs actifs” étaient présents sur Decentraland en 24 heures. The Sandbox aurait pour sa part compté 522 utilisateurs au même moment.

Les plateformes de metaverse ont alors riposté. Elles ont notamment souligné que les chiffres de DappRadar ne comprennent que l’interaction entre l’adresse unique du portefeuille et le smart contract de chaque plateforme. Ainsi, ces données n’inclueraient pas les utilisateurs qui n’utilisent pas leur jeton de jeu. En effet, beaucoup utilisent le metaverse uniquement en tant que plateforme sociale.

Alors, quelle est la situation réelle ?

Qu’en est-il vraiment du metaverse au-delà du buzz ?

Le concept d’un metaverse construit sur la blockchain est loin de représenter l’avenir résolu des médias interactifs. En effet, selon les experts, il n’est pas garanti qu’il devienne le support dominant, la RA (réalité augmentée) et RV (réalité virtuelle) ayant mieux rivalisé pour attirer l’attention des technologues, des futuristes et des universitaires.

La blockchain serait-elle alors une nécessité pour l’avenir du metaverse ?

Nils Pihl, cofondateur et directeur général d’Auki Labs, une société spécialisée dans la réalité virtuelle et la réalité augmentée, estime que la question de savoir si les crypto-monnaies sont essentielles au metaverse repose en grande partie sur sa définition. “Si vous avez défini le metaverse comme une version spatiale d’Internet où l’identité et la propriété sont gérées par blockchain, alors il est clair que c’est crucial. Pourtant, on dirait un tour de passe-passe bon marché”.

“Si la blockchain n’avait jamais été inventée, le metaverse pourrait (et serait) toujours envisagé et construit de la même manière. Neal Stephenson a inventé le terme bien avant que la blockchain ne soit même un concept, et il était loin d’être le seul visionnaire à décrire ce type de futur cybernétique.”

Concerna l’accalmie de l’intérêt pour ce secteur, il a déclaré : “Le battage médiatique était entièrement basé sur les gens qui espéraient faire du profit, et non pas peupler ces mondes virtuels. Tous pariaient sur le fait que quelqu’un d’autre serait intéressé. Il faut créer quelque chose que les gens ont envie d’utiliser, pas quelque chose que les gens espèrent vendre.”

Un portrait mitigé pour le metaverse

La semaine dernière, le licenciement de plus de 11 000 employés de Meta a tiré la sonnette d’alarme dans le secteur des technologies. Avec le scepticisme préexistant et généralisé à l’égard du metaverse, les gens s’interrogent à nouveau sur la viabilité d’un modèle économique basé sur un concept encore mal défini.

Pour d’autres, le concept de “véritable propriété” reste une des raisons essentielles d’un monde virtuel basé sur la blockchain.

“Sachant que nos vies numériques font de plus en plus partie de notre identité en tant qu’individus, la véritable propriété des actifs numériques s’avérera cruciale pour le succès à long terme de tout metaverse”, a déclaré John Burris, directeur de la stratégie pour VCOIN chez IMVU. “La technologie blockchain donne lieu à une véritable propriété”.

Sur un plan collectif, nous n’en sommes qu’aux tout premiers jours du développement des metaverses et, avec le temps, je pense que nous verrons l’industrie gagner en traction… Quand le virage se produira, nous pourrons tous nous en rendre compte. Entre-temps, nous et les autres innovateurs du Web3 continuerons à bâtir l’infrastructure nécessaire pour offrir aux utilisateurs une expérience robuste et dynamique.”

“La plupart des entrepreneurs et des innovateurs avec lesquels nous interagissons régulièrement ne comptent pas sur Meta pour faire avancer cet espace. Si les difficultés de Meta sont regrettables, elles ne sont pas de nature à empêcher les constructeurs de Web3 de continuer à avancer.”

Et qu’en disent les sondages ?

Bien que des conceptions concurrentes subsistent, une enquête menée en octobre 2022 par Sitecore auprès des “enthousiastes” du metaverse a révélé un vif intérêt pour de nombreux aspects de ces nouveaux mondes numériques. On peut notamment citer les nouvelles expériences, ainsi que pouvoir s’évader de la réalité, les festivals et les concerts en ligne, la rencontre de nouvelles personnes et le test virtuel de nouveaux produits et services.

Cela dit, il s’agit là d’une enquête auprès de passionnés. Et nombre de ces expériences utilisateur sont intrinsèquement liées à la définition d’un metaverse. Cependant, il y a encore des obstacles à franchir.

Une précédente enquête menée auprès du grand public par Wunderman Thompson Intelligence a également révélé un enthousiasme similaire ; cela dit, elle a aussi montré que seulement 15 % des personnes interrogées “savaient ce qu’était le metaverse et pouvaient l’expliquer à quelqu’un d’autre”. Il s’agit d’un pourcentage très inquiétant pour le secteur.

Une enquête réalisée en novembre par TELUS International a pour sa part révélé que 65 % des personnes interrogées pensaient que le metaverse serait “mainstream” d’ici cinq ans. Plus important encore concernant les entreprises, les personnes interrogées ont déclaré qu’elles paieraient 5 % de plus pour un produit ou un service soutenu par une expérience metaverse de qualité. De même, près d’un quart des personnes interrogées ont déclaré qu’elles dépenseraient jusqu’à 10 % de plus.

Il n’est pas certain que les résultats de cette enquête reflètent véritablement la réalité. Cependant, d’après de nombreux indicateurs, l’enthousiasme pour le metaverse demeure lorsque la question est posée. Quant à savoir si cela se traduira par une utilisation réelle, il s’agit là d’une autre question.

Les prochaines tendances

On compte cependant des points positifs pour l’avenir. Le cabinet Gartner a identifié six tendances qui stimuleront l’utilisation du metaverse au cours des trois à cinq prochaines années. On y retrouve notamment les jeux de metaverse, pour lesquels Gartner prévoit une croissance de 25 %.

Parmi ces tendances figurent également “l’informatique spatiale”, qui permet d’améliorer numériquement des objets et des paysages réels par l’ajout d’informations invisibles.

De son côté, afin de préserver son patrimoine naturel, l’État des Tuvalu prévoit de télécharger l’ensemble de son pays sur le metaverse. Son ministre des affaires étrangères, Simon Kofe, a déclaré : “Alors que nos terres disparaissent, nous n’avons d’autre choix que de devenir la première nation numérique au monde.”

Une chose est claire : nous avons toujours besoin de clarifier ce qu’est le metaverse et comment il fonctionnera exactement. Pour les natifs du Web3 et les partisans de la décentralisation, la blockchain jouera souvent un rôle essentiel. Que ce rêve se réalise ou non reste encore à voir.

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