ConsenSys, société de développement de programmes de blockchain, a annoncé cette semaine le lancement d’une plateforme de services de staking d’Ethereum, à niveau institutionnel. La demande d’applications de staking est en hausse à l’approche du lancement du très attendu ETH 2.0, et cela devrait continuer dans ce sens.

ConsenSys, qui a récemment lancé des services de conformité pour l’industrie de la DeFi, fournit également un pistage et des analyses de blockchains d’entreprise, essentiellement pour les systèmes basés sur Ethereum. Ce mardi, la société a annoncé son association avec six partenaires pour un projet de programme pilote de staking Codefi.

Codefi, créé par ConsenSys, est un système d’exploitation de blockchains basées sur la DeFi. La compagnie a créé ce système afin d’optimiser la gestion des commerces et de numériser des instruments financiers.

Les premiers pas du staking d’Ethereum

Les “etheriens” ont longtemps attendu le passage du système des preuves de travail, ou proof-of-work, à la lourde demande énergétique, à un protocole plus efficace de preuves d’enjeu, ou proof-of-stake. Cette transition changera complètement les finances d’Ethereum, sachant que quiconque détenant 32 ETH pourra les placer en enjeu (en staking) afin de devenir valideur. Il faudra qu’au moins 16 384 valideurs placent en enjeu 524 288 ETH afin de pouvoir lancer la nouvelle blockchain d’Ethereum 2.0.

Il est nécessaire de maintenir un équilibre afin d’assurer la santé continue du réseau. Si le stimulus d’enjeu est trop bas, le réseau ne bénéficiera pas de la quantité minimale nécessaire de valideurs pour maintenir plusieurs shards, ou systèmes annexes. Si le stimulus est trop élevé, cela dit, le réseau paiera un surplus pour sa sécurité et subira une inflation à un taux néfaste pour l’ensemble des finances du système.

ConsenSys cherche clairement à prendre les devants, particulièrement dans le domaine institutionnel. Cette semaine, la société a dévoilé son premier jet de participants au programme pilote, lesquels donneront leurs impressions de ce dernier, et proposeront d’éventuelles options supplémentaires. Cela aidera au design et au développement de l’API de staking Codefi à l’approche du lancement d’Ethereum 2.0.

Ce programme de staking se base sur un programme de confiance de ConsenSys. Ce software fournira des solutions clés et sûres pour les entreprises souhaitant faire du staking sur Ethereum 2.0 lorsque ce dernier sera activé sur le réseau principal. Le staking de Codefi est écrit en Java et a été conçu à l’aide de PegaSys Teku.

Les six partenaires de ce projet sont Binance, Crypto.com, DARMA Capital, Huobi Wallet, Matrixport et Trustology. ConsenSys a ajouté que ces participants seront les premiers du marché à offrir l’option de staking d’ETH 2.0 à leurs clients.

L’énigmatique PDG de Binance, Changpeng Zhao (CZ), a hâte de participer à ce projet. Il a notamment déclaré :

En faisant su staking sur Binance, les utilisateurs pourront recevoir des récompenses d’enjeu sans devoir programmer de nodes, ou se préoccuper d’une quantité minimum de staking, ni de la durée du processus ou du moindre blocage. Les utilisateurs méritent de recevoir les récompenses que leurs monnaies peuvent offrir.

Les plateformes d’échanges sont évidemment enthousiastes à l’idée de proposer des produits de staking. En effet, ces derniers sont un moyen simple de générer plus de profit en prélevant une part des récompenses de staking sur les jetons de leurs clients. Cela s’apparente à la manière dont une banque génère des profits grâce à l’argent déposé sur des comptes à terme, avec un maigre taux d’intérêt (lequel est actuellement à zéro).

Coinbase a déjà agi de la sorte avec le Tezos. La plateforme d’échange américaine s’est ainsi octroyée 25% des récompenses simplement en fournissant ce service de staking. Il est donc très probable que la plupart des principaux exchanges du marché offrent des services de staking d’Ethereums, qui est actuellement le deuxième actif crypto de l’industrie.

Tim Lowe, responsable de Codefi Staking, a parlé de la raison pour laquelle beaucoup optent pour un service de staking, plutôt que de s’en charger eux-mêmes :

Parmi les risques associés à l’activité de gérer son propre travail valideur, on retrouve les vols, la perte de la clé de retrait ou les transferts incorrects de fonds au contrat de dépôt d’ETH 2. Sans parler des failles de hardwares ou de la connection à internet, lesquelles entraînent une perte de récompenses de valideur.

Il a ajouté qu’avec le service Codefi de ConsenSys, les clés de valideurs seront gardées dans un coffre-fort sécurisé avec une capacité de connection en ligne. De même, plusieurs étapes de validation de transactions permettront d’éviter tout usage non autorisé. Bien qu’il s’agit d’une bonne chose en termes de sécurité, ce système présente de nombreuses caractéristiques propres à la centralisation. Il y a toutefois peu de chance que cela dissuade les investisseurs institutionnels ou les plateformes d’échanges, étant elles-mêmes centralisées.

Un observateur a également remarqué ce paradigme dans une réponse au tweet de l’entreprise. Il y a ainsi suggéré qu’ils devraient s’appliquer à développer des dApps permettant aux utilisateurs “moyens” de réaliser eux-mêmes leur staking.

Plutôt que d’aider les exchanges en leur donnant plus de pouvoirs avec le temps, vous devriez peut-être soutenir les systèmes DEVS ou les créateurs de portefeuilles afin de simplifier le staking pour l’utilisateur moyen ?

Quand aurons-nous ETH 2.0?

Le lancement complet d’Ethereum 2.0 est encore loin, mais ses premières versions sont déjà en phases de test. Le mois dernier, comme BeInCrypto l’a rapporté, des recherches ont indiqué que le lancement de la “Phase 0” de l’actualisation Serenity pourra avoir lieu d’ici deux mois.

Au début du mois dernier, le testnet Beacon Chain a commencé à décerner ses premières récompenses de staking, comme l’a noté son co-fondateur Vitalik Buterin. De même, le testnet Topaz gère les valideurs avec l’usage des 32 ETH depuis maintenant six semaines.

De plus amples progrès ont également été faits au niveau de problèmes d’adaptabilité, ou scaling, qui ont longtemps pesé sur le réseau Ethereum. En début de mois, Buterin a publié un tweet au sujet du déploiement réussi de plusieurs solutions de scaling de Layer 2 (L2) sur Ethereum. Ces développements, avec le test satisfaisant de Beacon Chain, nous rapprochent du lancement d’ETH 2.0 et son mécanisme très attendu de consensus de preuves d’enjeu.

Des frais de transaction en hausse

Dans un sujet relié, Ryan Watkins [@RyanWatkins_], chercheur pour Messari, a remarqué que les frais de transaction d’Ethereum sont supérieurs à ceux de Bitcoin. La dernière fois qu’une telle situation s’est produite remonte à la mi-2018, a-t-il ajouté. À l’époque, la plateforme d’échange maintenant Fcoin, maintenant désactivée, avait saturé le réseau Ethereum.

La différence clé : l’actuelle pression de frais. Cette dernière est aujourd’hui poussée par une cause bien plus fondamentale (une véritable activité économique).

Ces temps-ci, l’activité sur Ethereum est dominée par la dApp bourgeonnante et le déploiement des smart contracts, ou contrats intelligents. De même, son marché DeFi vient de dépasser 1 milliard de dollars en valeur totale bloquée. Comme BeInCrypto vient de le rapporter, la DeFi pourrait d’ailleurs avoir un impact sur Ethereum supérieur à celui du boum des ICO.

L’émission de stablecoins sur Ethereum a également atteint un sommet sans précédent de plus de 7 milliards de dollars. De même, les adresses actives du réseau ont battu un nouveau record. En y ajoutant le lancement d’ETH 2.0 et de son service de staking associé, il ne s’agira que d’une question de temps avant que le cours de l’actif y réagisse.

Durant la rédaction de cet article, l’Ethereum se trouvait à 233$. Le cours reste stagnant dans le graphique à la journée, et a baissé de près de 2% dans les données à la semaine.

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