Le Bitcoin est connu pour englober plusieurs catégories d’actifs. D’abord monnaie digitale destinée à toutes sortes de transactions, il s’est depuis mué en réceptacle de plusieurs catégories possibles.

Le débat quant à la nature du BTC est largement centré autour de cette variante. Cela dit, une analyse plus fouillée des propriétés et du comportement du Bitcoin révèle une ample variété de classifications possibles.

Est-ce vraiment une couverture ?

De nombreux membres de la communauté crypto (les maximalistes, notamment) affirment que la rareté du Bitcoin en fait un bon fond de couverture. Les couvertures s’avèrent généralement moins risquées et présentent un mouvement opposé à celui des actifs spéculatifs. Lorsque les actionnaires fuient les positions à hauts risques, les couvertures tendent à gagner en valeur. Cette idée d’or numérique se base sur le protocole original du Bitcoin, lequel présente une limite de 21 millions de BTC. Avec cette offre limitée ainsi que sa valeur consensuelle, Le Bitcoin partage donc certaines propriétés en commun avec l’or.

Tom Lee de Fundstrat, Mike Novogratz de Galaxy Digital et plusieurs autres pensent que le Bitcoin est bien un “or numérique”. Il aurait donc les mêmes propriétés fonctionnelles que l’or, tout en étant transférable de manière numérique.

Ces derniers temps, cela dit, certains sont revenus sur leur opinion à ce sujet. Tyler Winklevoss, lui-même défenseur du Bitcoin, a notamment déclaré que ce titre d’or numérique pourrait être un peu exagéré.

Le Bitcoin et les actions suivent un même mouvement

Les performances du BTC durant la pandémie du Covid-19 indiquent en effet que son potentiel d’or numérique serait un peu forcé. Tout au long de la crise, l’actif numérique a suivi le cours du marché des actions. Lorsque ces dernières rebondissaient, le Bitcoin faisait de même.

Ces derniers jours, la corrélation du cours BTC/USD avec celui des actions affiche même un sommet sans précédent. Charles Edwards, gestionnaire d’actifs numériques, a expliqué ce phénomène au travers d’un intéressant graphique.

La corrélation du Bitcoin et du S&P 500 en 2020.

Le 10 juin, ils se sont (tristement) recoupés. Leur corrélation est à un sommet sans précédent.

Vous remarquez la tendance ?

Un niveau élevé de craintes et d’incertitudes (ex: VIX) = un niveau élevé de corrélation.

La tendance des actionnaires à fuir le Bitcoin en période de doutes indiquerait que sa comparaison avec l’or est infondée. Au contraire, les craintes financières et la volatilité sont généralement synonymes de hausse pour l’or, en raison de son statut de couverture.

Bien que cette apparente corrélation puisse changer un jour, les analyses actuelles suggèrent que le Bitcoin n’est pas cet “or numérique”. Il peut servir de couverture contre certaines forces du marché, mais une immense quantité d’acheteurs de Bitcoins le voient comme étant (au moins) aussi risqué que les actions.

Un simple actif spéculatif ?

Pour la plupart des économistes, le Bitcoin n’est qu’un actif hautement spéculatif plutôt qu’une monnaie d’échange. Dernièrement, Steve Hanke, professeur d’économie à l’université John Hopkins, a notamment déclaré :

Le Bitcoin est un actif hautement spéculatif et non une monnaie. Les cryptomonnaies doivent être rattachées à un groupe de commodités afin de pouvoir être considérées comme une monnaie légitime.

Cette définition rejoint assez bien l’avis d’autres économistes, notamment Warren Buffett et Jamie Dimon de JPMorgan.

Cette classification limite ainsi les propriétés du Bitcoin en tant que monnaie, et semble s’accorder avec sa posture d’action. Certains pourraient s’opposer à la définition de “monnaie” de Steve Hanke (le dollars n’étant pas soutenu par des commodités), mais sa conclusion s’accorde bien avec les conditions du marché.

Surfe-t-il sur la vague fédérale ?

La Réserve fédérale américaine, l’institution même que le Bitcoin était censé remplacer, semble ironiquement détenir un grand contrôle sur sa valeur. La récente hausse des liquidités paraît avoir ramené les actionnaires vers le Bitcoin, entraînant une hausse de son cours.

L’impressionnante remontée post-Covid du marché des actions comme du Bitcoin serait le résultat de plans de relance sans précédents. Les fondamentaux économiques reste clairement faibles, mais ces deux marchés sont revenus à leur niveau d’avant la crise.

Ces derniers jours, la stagnation du cours du BTC comme des actions serait reliée aux craintes d’une potentielle seconde vague du virus. Un nouveau confinement engendrerait probablement de plus amples problèmes économiques, forçant les actionnaires méfiants du risque à rester sur la touche.

Steven Mnuchin, secrétaire du Trésor des États-Unis, a déjà confié que les marchés sont “accros à la relance”. Cette déclaration souligne le fait que la remise sur pied post-Covid est la conséquence directe de subventions gouvernementales plutôt que des fondamentaux économiques.

La corrélation du Bitcoin avec le marché des actions montre simplement que les investisseurs qui reçoivent des fonds du gouvernement seront plus disposés à parier ces fonds, soit au travers d’action ou du Bitcoin. Dans tous les cas, l’un comme l’autre restent très sujets au risque.

Si le gouvernement fédéral décide de mettre fin à ses activités de relance, le Bitcoin pourrait chuter main dans la main avec les actions.

Enfin, qu’en est-il de son rôle de monnaie ?

Tandis que la volatilité du Bitcoin est bien connue, son utilité en tant que monnaie pourrait s’accroître. La dernière nouvelle au sujet du soutien de Paypal a créé un revirement intéressant quant à la manière dont les commerces et consommateurs en ligne transfèrent des fonds.

Bitcoin peut en effet supprimer le besoin de compter sur Paypal en tant que plateforme de paiement numérique. Les paiements numériques sur la blockchain s’avèrent bien plus simples et économiques que leurs équivalents sur Paypal.

Cet ajout pourrait également simplifier considérablement l’accès à la cryptomonnaie pour beaucoup de nouveaux investisseurs. De plus, sachant que le Bitcoin est maintenant utilisable sur cette plateforme, ou encore CashApp, les utilisateurs peuvent acheter et vendre des BTC sur des plateformes habituellement propriétaires.

Cet exemple d’usage, très semblable à celui du dollar sur ces deux plateformes, offre au Bitcoin des propriétés reflétant celles des monnaies.

Cela dit, le Bitcoin a beau présenter des propriétés uniques rendant cet usage possible, cela ne prouve pas nécessairement qu’il s’agit d’une monnaie.

Sa capacité à réaliser ou recevoir des paiements en quantités réduites (sa divisibilité) et son interchangeabilité (sa fongibilité) ajoutent à la crédibilité du Bitcoin. Cependant, son utilité en tant que monnaie reste encore à découvrir.

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