Le KOSPI sud-coréen a bondi de 112 % en 2026, dépassant le FTSE 100 britannique, et s’est hissé au rang d’indice majeur le plus performant au monde en 2025. Pourtant, lors de sa dernière revue annuelle, MSCI a décidé de maintenir le pays dans la catégorie des marchés émergents pour une année supplémentaire.
Le PDG de MSCI, Henry Fernandez, précise que l’économie sud-coréenne n’est pas en cause. C’est son marché des devises qui l’est.
Une règle sur la devise freine la promotion du pays
Fernandez a déclaré à CNBC que la Corée du Sud est « l’un des marchés les plus développés au monde » sur le plan économique et technologique. Mais MSCI évalue les pays en fonction du fonctionnement de leurs marchés actions pour les investisseurs internationaux. Selon ce critère, le won constitue un obstacle spécifique.
Les gestionnaires de fonds qui souhaitent acheter des actions sud-coréennes doivent d’abord acquérir du won afin de régler les transactions. Dans tous les autres marchés que MSCI classe comme développés, il est possible pour les investisseurs d’acheter ou de vendre la monnaie correspondante à toute heure, depuis n’importe quel centre financier majeur. Le won coréen, lui, ne se négocie qu’aux heures d’ouverture à Séoul.
Cette contrainte pèse à grande échelle. Fernandez explique qu’un tiers de tous les actifs mondiaux gérés indiciellement sont placés dans des fonds indiciels. Les gestionnaires de ces fonds ne peuvent pas rééquilibrer leurs positions sur la Corée du Sud en dehors des heures d’échange à Séoul.
La réforme prévue en juillet ne suffit pas à convaincre MSCI
La Corée du Sud prévoit de lancer des transactions au comptant dollar-won 24 heures sur 24 à partir du 6 juillet. Fernandez reconnaît que cette réforme constitue une réelle avancée. Mais il pose une question directe : « Un service de nuit basé à Séoul générera-t-il suffisamment de liquidité, avec un écart achat-vente suffisamment resserré, pour répondre à la demande institutionnelle ? » Il affirme avoir des doutes.
MSCI cite également des exigences rigides en matière d’identification des investisseurs, des restrictions sur les transferts en nature, ainsi que des limitations concernant l’utilisation des données de l’exchange, comme autres raisons de maintenir le pays parmi les marchés émergents. L’agence précise que, d’après les rapports des investisseurs, ces difficultés persistent.
La Corée du Sud bénéficie déjà du statut de marché développé selon la classification de FTSE Russell. Toutefois, le critère MSCI pèse davantage pour les flux passifs de fonds à l’échelle mondiale, raison pour laquelle Séoul poursuit depuis longtemps cette reconnaissance. Plus tôt en 2026, le KOSPI a dépassé le FTSE 100 britannique, devenant ainsi le huitième indice national le plus valorisé au monde. Cependant, la performance du marché n’entre pas dans la méthodologie de MSCI.
Le lancement des échanges en juillet sera un test déterminant. Si cette mesure parvient à instaurer un marché profond et liquide en continu, la prochaine revue annuelle de MSCI pourrait aboutir à un autre résultat.









