L’indice boursier sud-coréen, le KOSPI, a déclenché son deuxième coupe-circuit en une seule semaine en pleine spéculation autour des puces IA, secouant les marchés mondiaux.
La chute intrajournalière de 8,19 % vendredi a entraîné une nouvelle suspension de 20 minutes et a fait plonger Wall Street, Tokyo et SoftBank (cotée à Tokyo).
Cette cascade représente désormais le signe le plus clair que l’exposition aux puces IA est devenue le principal facteur de risque pour les actions mondiales.
Qu’est-ce qui a déclenché le dernier arrêt du KOSPI ?
Un coupe-circuit est un mécanisme d’urgence qui suspend la cotation lorsqu’un indice chute trop fortement sur une courte période. La Bourse de Corée en a déclenché un vendredi à 12h10 heure locale après que le KOSPI soit resté plus de 8 % sous la clôture précédente pendant au moins une minute.
L’indice de référence a plongé de 731,97 points, tombant à 8 198,33 au moment de la suspension. Ainsi, les opérateurs ont assisté en direct à la cinquième activation d’un coupe-circuit sur le KOSPI en 2026.
De plus, ce n’est que la deuxième fois qu’un sidecar vendeur et un coupe-circuit sont activés lors d’une même séance.
Le KOSPI a clôturé à 8 411,21, en baisse de 5,81 % sur la journée. Samsung Electronics a chuté de 5,30 % à 339 500 wons (~248 $), tandis que SK Hynix a perdu 8,36 % à 2,673 millions de wons (~1 950 $).
Les deux fabricants de puces représentent environ la moitié de la capitalisation totale de l’indice, amplifiant considérablement le mouvement de l’indice global.
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Les sorties de capitaux ont été massives. Les investisseurs étrangers ont vendu pour un total net de 4,62 trillions de wons (~3,4 milliards $) durant la séance. Les investisseurs institutionnels ont suivi avec 3,78 trillions de wons (~2,8 milliards $) de cessions supplémentaires.
En revanche, les investisseurs particuliers ont pris le contre-pied, achetant pour un total net de 8,19 trillions de wons (~6,0 milliards $), misant à nouveau sur la thèse d’une infrastructure IA sur le long terme.
L’épisode survient à peine trois séances après la chute de 9,99 % du mardi. Cette précédente séance avait déclenché le premier coupe-circuit de la semaine, entraînant des chutes de plus de 12 % pour Samsung et SK Hynix chacun.
En conséquence, la volatilité du KOSPI a désormais atteint des niveaux rarement observés depuis la création de l’indice.
La spéculation sur les puces IA alimente le risque au niveau international
Les catalyseurs de la chute de vendredi sont liés à un ensemble de préoccupations concernant la mémoire vive. Les inquiétudes sur le ralentissement de la demande et les tensions sur les prix entre Apple et Micron ont provoqué de premières ventes.
De plus, le regain d’inquiétudes concernant le coût de l’infrastructure IA et un possible retard de l’introduction en bourse d’OpenAI ont aggravé la chute.
Les prises de bénéfices ont amplifié le mouvement. Le KOSPI avait rebondi de 5 % mercredi et de 3 % jeudi après la chute initiale de mardi. Ainsi, les fonds indiciels passifs exposés aux semi-conducteurs se sont retirés en masse, provoquant des vagues de ventes forcées sur tous les titres liés aux puces à Séoul.
L’effet domino a largement dépassé la Corée. Le Nikkei 225 a chuté de 4,15 % vendredi à 69 360,83, effaçant complètement les gains de jeudi et retombant sous le seuil des 70 000 points.
Par ailleurs, SoftBank a chuté de plus de 12 % à Tokyo, sous la pression des rumeurs circulant sur les réseaux mondiaux à propos du calendrier de l’introduction en bourse d’OpenAI.
Wall Street a ressenti l’impact de cette initiative. Le Nasdaq Composite a clôturé vendredi sur sa cinquième séance consécutive de baisse. L’indice a reculé de 4,6 % sur la semaine. En parallèle, le S&P 500 a perdu près de 2 % sur la même période, tandis que le Philadelphia Semiconductor Index amplifiait une correction mondiale qui avait déjà atteint l’Asie et l’Europe.
Les analystes expliquent la situation comme un phénomène de concentration. Avec Samsung et SK Hynix représentant plus de la moitié du KOSPI, chaque variation liée aux puces mémoire devient un événement à l’échelle de l’indice.
De ce fait, les produits liés au KOSPI se comportent désormais moins comme des indicateurs du marché coréen et davantage comme un baromètre pur du sentiment sur les puces IA.
La leçon à retenir est structurelle. Désormais, les dépenses dans l’infrastructure IA, le prix de la mémoire vive et le calendrier des grandes introductions en bourse rythment l’ensemble du risque mondial.
Tant que la spéculation autour des puces IA n’aura pas trouvé une base plus stable, les coupe-circuits à Séoul continueront de jouer le rôle de premier signal d’alerte pour tous les marchés en aval.









