Pump.fun a généré plus de 500 millions de dollars de bénéfices l’an passé avec moins de 100 personnes. Désormais, la plateforme propose jusqu’à 5 millions de dollars à un unique candidat au poste de Chief Legal Officer pour rejoindre son équipe.
Le cofondateur Alon Cohen a publié l’offre sur X. La fourchette salariale, comprise entre 1 et 5 millions de dollars, place ce poste parmi les fonctions juridiques les mieux rémunérées de l’industrie crypto.
Lorsque la croissance dépasse l’infrastructure juridique
L’écart entre le chiffre d’affaires de Pump.fun et sa maturité juridique s’est creusé rapidement. Baton Corporation a bâti l’une des plateformes les plus rentables du secteur crypto sur Solana, enregistrant plus de 300 millions de dollars de volume quotidien. Cependant, l’entreprise doit faire face à une action collective, à des accusations fédérales de racket, à une surveillance réglementaire sur trois continents et à une controverse publique concernant ses produits de bounty.
Le montant de 5 millions de dollars correspond uniquement au salaire de base. Lancée en 2023, Pump.fun est devenue en quelques mois la plateforme de lancement de meme coins dominante sur Solana. Son modèle, permettant à n’importe qui de créer et d’échanger des jetons contre des frais fixes, a fait d’une petite équipe l’une des structures les plus lucratives du secteur. Ce même modèle se retrouve désormais au cœur de contentieux fédéraux.
Procès et controverses
Pump.fun fait l’objet d’une action collective devant un tribunal fédéral de New York depuis début 2025. L’affaire s’est élargie à des accusations au titre du Racketeer Influenced and Corrupt Organizations Act (RICO), les plaignants qualifiant la plateforme de « casino numérique illégal ». La plainte vise désormais d’autres acteurs de l’écosystème Solana et réclame des dommages-intérêts compensatoires, des dommages triplés ainsi qu’une injonction permanente.
Le marketplace de bounty de Pump.fun accentue la pression
Le contentieux n’est pas le seul point de tension. En parallèle, Pump.fun a été critiqué concernant son marketplace GO de bounty, qui rémunérait les utilisateurs pour des actions publiques, y compris des modifications corporelles extrêmes.
Un épisode a notamment concerné un bounty pour tatouage sur le front où le nom d’un meme coin a été mal orthographié. La plateforme doit également faire face à des plaintes de créateurs de jetons dénonçant des intimidations présumées. L’ensemble de ces situations a offert aux régulateurs et aux plaignants des arguments supplémentaires pour affirmer que la plateforme opère sans protections suffisantes pour les utilisateurs.
Le futur CLO héritera de l’ensemble de ces enjeux d’un seul coup, les procédures judiciaires, régulations et la pression publique avançant en parallèle. Ainsi, le salaire de base de 5 millions de dollars reflète désormais ce qu’il en coûte pour bâtir une Strategy juridique sur une plateforme que les régulateurs de plusieurs juridictions surveillent de près.









