Le marché boursier américain a atteint un nouveau record mercredi, alors que l’apaisement des tensions entre les États-Unis et l’Iran a fait baisser le prix du pétrole et que les résultats exceptionnels d’AMD sur ses puces IA ont relancé le rallye des semi-conducteurs.
Le S&P 500 a progressé de 1,14 %, le Nasdaq Composite a bondi de 1,51 % et le Dow Jones Industrial Average a gagné 1,10 %. Un solide rapport ADP sur l’emploi privé a renforcé l’idée d’un atterrissage en douceur, avec une participation large qui a soutenu la hausse.
1. La possibilité d’un accord avec l’Iran a fait baisser le prix du pétrole
La Maison-Blanche serait sur le point de finaliser un protocole d’accord d’une page avec l’Iran visant à mettre fin aux combats et à ouvrir des négociations sur le nucléaire, l’Iran devant répondre dans les 48 heures.
Les termes proposés prévoient que l’Iran suspende l’enrichissement d’uranium, accepte des inspections de l’ONU et limite ses sites souterrains, en échange d’un allègement des sanctions américaines et de la libération d’avoirs gelés.
Les deux parties devraient également alléger les restrictions dans le détroit d’Ormuz, ouvrant ainsi une fenêtre de négociation de 30 jours. Trump a interrompu l’escalade, notamment ses plans d’escorte navale dans le détroit.
La perspective d’un accord a comprimé le prix du pétrole brut, avec une détente du Brent alors que les traders ont intégré une normalisation de l’offre. Cette initiative a favorisé l’ensemble des actifs risqués tout en exerçant une pression sur les valeurs énergétiques.
La baisse du prix du pétrole réduit également les pressions inflationnistes sur la consommation des ménages, ce qui a soutenu le rebond général des actions.
2. Les résultats d’AMD sur les puces IA ont déclenché un rallye des semi-conducteurs
Advanced Micro Devices (AMD) a bondi de 16,29 % pour enregistrer un nouveau sommet après avoir dépassé les prévisions du premier trimestre et relevé ses objectifs. Le fabricant de puces a annoncé un bénéfice ajusté par action de 1,37 $ pour un chiffre d’affaires de 10,25 milliards de dollars, soit une hausse de 38 % sur un an, principalement portée par la demande en puces IA pour centres de données.
La direction a relevé ses perspectives pour le deuxième trimestre, affichant ainsi sa confiance dans la poursuite de l’essor de l’IA.
Ces résultats valident l’hypothèse que les investissements dans les puces IA dépassent désormais Nvidia, tirant à la hausse l’ensemble du secteur des semi-conducteurs. Super Micro Computer (SMCI) a grimpé de 15,25 %, Nvidia (NVDA) de 4,31 %, Lam Research (LRCX) de 7,17 %, Micron Technology (MU) de 2,77 %, et Intel (INTC) de 2,40 %.
Ce seul groupe a d’ailleurs été à l’origine de l’essentiel de la progression du S&P 500.
3. Le rapport ADP sur l’emploi renforce la théorie d’atterrissage en douceur
Le rapport ADP sur l’emploi privé du mois d’avril a fait état de 109 000 créations de postes, dépassant le consensus de 84 000. Ce chiffre va dans le sens d’un atterrissage en douceur, au moment où les responsables de la Fed évaluent l’impact de la récente volatilité du prix du pétrole sur l’inflation.
Un nombre d’emplois supérieur aux attentes, combiné à la détente du prix du pétrole, offre à la Fed la marge nécessaire pour maintenir sa politique prudente, ce qui est interprété par les marchés comme un signal favorable à la croissance et aux actifs risqués.
Que s’est-il passé sur les grands indices américains ?
- S&P 500 : +1,14 % à 7 341,93 (nouveau record historique)
- Nasdaq Composite : +1,51 % à 25 707,5
- Dow Jones Industrial Average : +1,10 % à 49 839,3
L’étendue du marché confirme cette tendance avec 60,3 % de titres en hausse contre 36,3 % en baisse. Les nouveaux records historiques représentent 75,9 %, contre 24,1 % de nouveaux plus bas, tandis que le ratio haussiers/baissiers est à 53 % haussiers contre 47 % baissiers. Ce profil est plus constructif que lors des dernières sessions et indique une participation plus large au rallye mené par l’IA.
Sur le graphique journalier du S&P 500, l’indice monte régulièrement depuis son point bas du 31 mars, le mouvement s’étant poursuivi jusqu’au 1er mai, avant une légère consolidation qui s’est résolue à la hausse dans le sillage des espoirs liés à l’accord avec l’Iran. Le volume d’échanges lors de ce rallye reste stable, l’action sur les bougies étant saine, ce qui suggère une véritable pression acheteuse plutôt qu’une simple percée haussière sur faible volume.
La prochaine résistance se situe à 7 399 (0,236 Fibonacci). Une clôture quotidienne au-dessus ouvrirait la voie vers 7 540 (0,382 Fibonacci) et 7 654 (0,5 Fibonacci). Le niveau de 0,618 Fibonacci à 7 767 représente un potentiel haussier d’environ 5 %.
À la baisse, une faiblesse apparaîtrait sous 7 172, avec 7 001 comme seuil psychologique clé. Une cassure sous 7 001 affaiblirait la structure actuelle de la percée haussière.
Quels secteurs résistent ?
Le secteur des matériaux de base a mené la danse avec +3,68 %, suivi par la technologie (+2,08 %), l’industrie (+1,93 %) et les services de communication (+1,63 %). Le leadership technologique reflétait le rallye des puces IA porté par AMD, les valeurs des semi-conducteurs concentrant l’essentiel des flux entrants.
Les valeurs industrielles ont profité du dynamisme de l’aéronautique, avec GE en hausse de 6,04 %, la volatilité liée à la trêve s’étant apaisée. L’immobilier (+1,53 %) et la consommation discrétionnaire (+1,41 %) ont progressé, la baisse du pétrole allégeant la pression sur les coûts pour les consommateurs et améliorant la visibilité sur les dépenses discrétionnaires.
Quels secteurs reculent ?
L’énergie a fortement reculé de -3,74 % suite au repli du Brent, à l’approche d’un accord avec l’Iran.
Exxon Mobil (XOM) a chuté de 4,72 % et Chevron (CVX) de 4,58 %, la baisse du secteur étant directement liée à la normalisation de l’offre, qui pèse sur le cours du pétrole.
Les services aux collectivités (-0,73 %) ont sous-performé, les positions défensives étant délaissées au profit des valeurs de croissance et du leadership technologique axé sur l’IA.
Que surveillent les investisseurs à présent ?
La période de 48 heures pour la réponse de l’Iran représente le catalyseur immédiat. Un protocole d’accord signé entraînerait une nouvelle baisse du pétrole brut et prolongerait probablement la domination technologique menée par l’IA. Une réponse au point mort ou rejetée réintroduirait une prime sur le pétrole et augmenterait la pression sur l’ensemble du risque.
Sur le plan technique, l’évolution du S&P 500 au-delà de 7 399 indiquera aux investisseurs si la percée haussière portée par l’IA dispose du volume nécessaire pour viser 7 654, voire au-delà.









