L’Inde devrait promouvoir le minage domestique de Bitcoin comme un contrepoids stratégique à l’or, au lieu de s’appuyer uniquement sur des restrictions à l’importation, selon Kashif Raza, fondateur de Bitinning, la principale plateforme d’éducation crypto en Inde. Il avance que le pays ne peut pas produire d’or mais peut produire du Bitcoin, ce qui permettrait de conserver les revenus au sein de l’économie.
Raza a cité le minage comme l’une des nombreuses solutions que le gouvernement aurait pu utiliser pour défendre une roupie à un niveau historiquement bas. Il a expliqué que l’or est surtout une nécessité culturelle plutôt qu’un investissement, de sorte que la taxe nuit avant tout aux ménages tandis qu’un concurrent « minable » permettrait de générer des revenus en dollars.
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L’une des solutions pour enrayer la chute de la roupie
Dans un entretien accordé à BeInCrypto, Raza a réagi à la récente initiative du gouvernement visant à soutenir la roupie. En mai, le Premier ministre Narendra Modi a incité les ménages à éviter les achats d’or non essentiels pendant un an. Peu après, l’Inde a relevé la taxe à l’importation sur l’or et l’argent à 15 %, contre 6 % auparavant.
Cette mesure a suivi une forte baisse de la roupie, qui a frôlé les 96,9 par dollar à des niveaux historiques. La hausse du prix du pétrole liée au conflit iranien a alourdi la facture d’importations indienne, le Brent dépassant les 100 dollars.
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Interrogé sur ce que l’Inde aurait pu faire différemment, Raza a proposé plusieurs pistes : des marchés plus transparents, une meilleure éducation financière, une fiscalité plus légère sur les plus-values boursières, et des limites plus strictes sur les transferts de fonds à l’étranger. Sa suggestion la plus marquante reste la promotion du minage de Bitcoin.
Pourquoi Raza veut que l’Inde soutienne le minage de Bitcoin
Son argument principal : l’offre. La production domestique d’or en Inde demeure extrêmement limitée, autour de 1,5 tonne par an. En parallèle, le pays importe environ 700 à 720 tonnes chaque année, ces achats étant réglés en dollars. Ce flux continu de devises étrangères provoque une pression directe sur la roupie.
Le Bitcoin fonctionne différemment. « Le Bitcoin, vous n’avez pas à l’importer », explique Raza. Un pays peut le produire sur son sol, sans expédition ni facture de change étrangère associée.
« Le Bitcoin est une bonne réserve de valeur et il concurrence en quelque sorte l’or », précise-t-il.
Il détaille toute la chaîne : l’Inde pourrait miner du Bitcoin localement, l’approvisionner auprès des exchanges nationaux et l’acheminer vers les investisseurs particuliers. Les revenus resteraient ainsi dans le pays.
La production excédentaire pourrait même être exportée. Selon ce modèle, le Bitcoin ferait entrer des dollars au lieu d’en faire sortir, inversant ainsi la dynamique créée par l’importation d’or.
Le minage de cryptomonnaies est autorisé en Inde, aucune loi n’interdit ou ne criminalise actuellement cette activité. En revanche, le pays impose un régime fiscal strict sur les actifs numériques.
Les profits issus des cryptomonnaies, classés dans les Actifs numériques virtuels (VDA), sont soumis à une taxe de 30 %. Une Taxe prélevée à la source (TDS) de 1 % s’applique également à la plupart des transactions crypto, calculée sur la valeur totale de la transaction.
Raza estime que les décideurs publics devraient soutenir l’industrie, et pas simplement la tolérer. Il présente aussi le Bitcoin comme une avancée structurelle par rapport à l’or.
L’or est peu divisible, difficile à transporter et à stocker, souligne-t-il. Le Bitcoin résout ces trois problèmes et propose une offre fixe qu’aucun gouvernement ne peut augmenter.
« Le Bitcoin possède toutes les vertus de l’or : c’est une commodité digitale, personne ne le possède, personne ne l’a émis, personne ne l’a créé et il est décentralisé, c’est une monnaie neutre, aucune nation ne la détient », indique Raza.
Une taxe culturelle, pas une taxe sur l’investissement
Raza critique la hausse de la taxe, et son raisonnement constitue la seconde partie du sujet. Il juge son timing « un peu inquiétant », estimant que Modi aurait dû laisser le temps à l’appel de produire ses effets avant de taxer.
Il précise que l’or est une nécessité culturelle, pas un investissement négociable que la plupart des Indiens voudraient échanger. L’or est un élément central des mariages et de la planification familiale, explique-t-il, les familles commençant à épargner pour le mariage d’une fille dès la naissance.
« Cela fait partie de la culture. Et on ne peut pas changer les cultures et les croyances », ajoute Raza.
Environ 40 % des réserves d’or de l’Inde se trouvent dans cinq États du sud, précise-t-il, ce qui rend difficile de modifier les comportements par simple décret.
L’écart de connaissance financière aggrave la situation. Raza estime que 75 à 78 % des adultes indiens sont financièrement analphabètes et ont du mal à penser au-delà de l’or. Selon lui, cette taxe a rendu le métal plus cher du jour au lendemain, au détriment, en priorité, des ménages ordinaires.
C’est pourquoi il juge plus pertinent d’introduire un nouvel actif que d’instaurer une nouvelle taxe. Selon lui, encourager une industrie domestique du Bitcoin offrirait aux épargnants une alternative qui ne dépend pas d’importations coûteuses.









