2020 a été une bonne année pour la cryptomonnaie, et ce n’est pas la dernière

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EN BREF
  • Les marchés les plus importants du monde vont réguler les cryptomonnaies, notamment en termes de stockage et de transfert d'actifs, ce d'ici le deuxième trimestre de 2021.

  • La réglementation contribue à instaurer la confiance, à protéger les acteurs du marché et à encourager les projets de biens numériques à innover.

  • Alors que la cryptomonnaie continue de mûrir et que des réglementations efficaces sont mises en place, Konstantin Anissimov de CEX.IO pense que 2021 et les années suivantes seront encore meilleures.

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Des investisseurs institutionnels au boom de la finance décentralisée (DeFi) en passant par les CBDC, l’année 2020 a réservé de grandes surprises au secteur de la cryptomonnaie. Il va sans dire que 2020 a été une année riche en événements. De la pandémie aux krachs boursiers, en passant par la tourmente économique mondiale et la révolution numérique, le monde a connu de grands changements cette année. C’est également vrai pour l’industrie de la cryptomonnaie, qui a été florissante en 2020, avec de nouvelles et passionnantes tendances du marché.



La montée des CBDC

Ces dernières années, il n’existait que des rumeurs au sujet des monnaies numériques des banques centrales (CBDC). Émise et contrôlée par l’État, une CBDC fait référence à la version numérique de la monnaie nationale, ayant le potentiel de remplacer les espèces.

Cependant, en 2020, nous avons assisté à un développement rapide des activités de recherche dans ce domaine, de nombreux gouvernements entrant dans une course effrénée les uns avec les autres pour développer leur propre CBDC. Les Bahamas ont même déjà lancé leur Sand Dollar en octobre. Dans le même temps, la Chine a pris la tête du développement de la crypto d’État parmi les grandes économies, en lançant des projets pilotes et en préparant un projet de loi pour son projet de yuan numérique.



Le projet suédois e-krona devrait achever son essai en février 2021, le gouvernement lançant une étude officielle sur la transition potentielle de la nation sans espèces vers un actif numérique soutenu par l’État. Les États-Unis, le Royaume-Uni et l’Union européenne en sont encore au stade initial du développement de la CBDC.

Étant donné les avantages des actifs numériques et de la technologie de blockchain, il n’est pas surprenant de voir tant de gouvernements explorer les CBDC pour rendre leur économie plus efficace. Avec le passage aux paiements numériques, alimenté par le coronavirus, la cryptomonnaie émise par l’État est devenue encore plus importante pour les banques centrales afin de répondre à la demande croissante et de créer un système financier dans lequel elles ont le contrôle des transactions électroniques.

Je pense qu’en 2021 et durant les prochaines années, le développement des CBDC va encore s’accélérer. Il y aura davantage d’essais de monnaie numérique au niveau de l’État et les grandes économies comme la Chine libéreront leurs actifs crypto contrôlés par l’État.

Des investissements institutionels record pour Bitcoin

Nous pouvons conclure sans risque que 2020 a été l’année des investissements institutionnels dans la cryptomonnaie.

En août et septembre, la société de veille économique MicroStrategy, cotée en bourse, a fait la une des journaux en achetant pour 425 millions de dollars de bitcoin (BTC). Depuis lors, la société a augmenté ses avoirs en Bitcoin avec un achat de 50 millions de dollars. L’entreprise cherche ainsi à lever près de 550 millions de dollars pour de futurs investissements en cryptomonnaie.

Au-delà de MicroStrategy, des entreprises comme Square, Galaxy Digital et la compagnie d’assurance MassMutual ont peu à peu investi dans la crypto cette année. Le gestionnaire d’actifs numériques Grayscale a également réalisé des investissements records en cryptomonnaie trois trimestres de suite.

Selon le site Bitcoin Treasuries, les investisseurs institutionnels détiennent près de 890 000 BTC, ce qui représente plus de 4% de l’offre totale de BTC en circulation. Quelle est cependant la raison de cette hausse soudaine et massive de l’intérêt des institutions pour Bitcoin ?

Les actifs sûrs sur le marché général, tels que les obligations d’État de haute qualité et les comptes d’épargne, offrent des rendements limités aux investisseurs, et qui se trouvent rongés par l’inflation. En conséquent, les investisseurs institutionnels recherchent des investissements alternatifs pour répondre aux attentes de leurs actionnaires. Tout comme l’or, Bitcoin fonctionne comme un actif refuge, avec un potentiel de croissance nettement plus important.

Compte tenu de cette situation, de la volatilité record du BTC et de la maturation du secteur crypto, les investisseurs institutionnels et les entreprises voient maintenant dans Bitcoin la possibilité d’accroître leurs rendements tout en se protégeant contre les risques du marché en général.

À moins que quelque chose de radical ne se produise, je pense que davantage de grandes entreprises et d’investisseurs institutionnels suivront les traces de MicroStrategy pour augmenter leurs investissements en BTC en 2021.

Nouveau record historique pour Bitcoin

2020 a été une année exceptionnelle pour l’industrie de la cryptomonnaie, et nous pouvons déjà en constater les effets positifs sur le cours de Bitcoin.

Depuis l’engouement pour l’offre initiale de pièces (ICO) en 2017, Bitcoin n’avait pas pu dépassé son dernier sommet record depuis un moment, surtout si l’on tient compte du marché baissier dévastateur de 2018.

Le cours du BTC a toutefois atteint un nouveau record historique à 19 835 dollars le 30 novembre, dépassant ainsi le précédent record de 19 783 dollars établi le 18 décembre 2017. La performance de Bitcoin en 2020 devient encore plus intéressante lorsque l’on regarde comment la cryptomonnaie a commencé l’année.

Après que le cours du BTC soit passé de 7 193$ à 10 401$ en février, le crash boursier alimenté par le coronavirus a ensuite fait chuter le prix de l’actif numérique à 4 845$ en mars.

Cela dit, Bitcoin s’est rapidement rétabli et a connu une forte hausse depuis, atteignant un sommet de 28 377 dollars le 27 décembre. Au 28 décembre, le BTC avait augmenté de 280% depuis le début de l’année. À titre de comparaison, l’or a réussi à augmenter sa valeur de 21,85% au cours de la même période.

Bien qu’une partie de cette hausse puisse être attribuée à au halving de Bitcoin de 2020 (au cours de laquelle l’offre de BTC nouvellement émis a été réduite de moitié), une grande partie du succès du BTC cette année provient de la hausse des investissements, en particulier parmi les investisseurs institutionnels, et du développement organique de l’industrie crypto.

Une réglementation crypto accrue

En 2017, l’industrie de la cryptomonnaie était très peu réglementée, ce qui a permis au nombre alors croissant de projets frauduleux et de cybercriminels de cibler l’espace sans trop de risques.

De plus, plusieurs sociétés d’actifs numériques ont profité de la réglementation limitée pour lancer des ICO, récoltant un montant record de fonds avec un simple concept ou un produit semi-fini. En conséquence, la spéculation, la peur de manquer une opportunité (FOMO) et le battage médiatique ont fait grimper les cours des actifs numériques à des niveaux sans précédent en 2017, jusqu’à ce qu’ils s’effondrent pendant l’hiver crypto de 2018.

L’état du marché de la cryptomonnaie et l’évolution des cours à cette époque peuvent faire office d’un excellent exemple afin de démontrer l’importance de la réglementation du secteur. Pour protéger les investisseurs et éviter un tel scénario fâcheux à l’avenir, les régulateurs ont manifesté un intérêt accru pour le secteur crypto après la fin de 2017 et le début de 2018.

Depuis lors, de nombreuses juridictions ont créé des cadres réglementaires viables autour de la cryptomonnaie. La réglementation contribue à instaurer la confiance, à protéger les acteurs du marché et à encourager les projets d’actifs numériques à innover. Dans le même temps, elle responsabilise les entreprises.

Bien que certains des cadres existants doivent certainement être améliorés (prenez par exemple la question de la catégorisation incohérente des actifs numériques dans de multiples juridictions), je m’attends à ce que les marchés les plus importants du monde réglementent la cryptomonnaie, notamment en termes de stockage et de transfert d’actifs, ce d’ici le deuxième trimestre 2021.

Le boom de la DeFi

Bien que la finance décentralisée (DeFi) n’ait pas été fondée en 2020, cette année a connu la plus forte croissance de ce secteur.

Selon les statistiques de DeFi Pulse, la valeur totale verrouillée des protocoles de financement décentralisés est passée de 675 millions de dollars le 1er janvier à 15,08 milliards de dollars le 16 décembre, ce qui représente une croissance massive de 2 134%.

La raison pour laquelle la DeFi a connu une croissance exponentielle réside dans sa capacité à créer un moyen alternatif, plus ouvert, transparent et démocratique pour les investisseurs d’accéder aux produits et services financiers, en évitant la paperasserie ou l’implication de tiers.

Comme alternative aux rendements faibles ou même négatifs des comptes d’épargne et des obligations, les utilisateurs de la DeFi peuvent fournir des liquidités, mettre des pièces en jeu (staking) ou prêter de la cryptomonnaie à d’autres, avec des risques limités, tout en gagnant un intérêt décent sur leurs actifs numériques. Là encore, d’autres activités comme l’agriculture de rendement permettent aux investisseurs ayant un appétit pour le risque plus élevé d’augmenter leur potentiel retour sur investissement.

Il est intéressant de noter que les clients institutionnels et les entreprises se joignent de plus en plus aux investisseurs de détail dans le secteur de la finance de marché.

Ainsi, je m’attends à ce que l’espace financier décentralisé continue de se développer en 2021 et devienne un marché plus efficace, tant que les investisseurs institutionnels continueront de faire leur apparition et que la technologie murira.

2020, l’une des meilleures années de l’industrie crypto

Du développement rapide des CBDC et de la création de cadres réglementaires efficaces à la croissance de Bitcoin, des investissements institutionnels et de la DeFi, beaucoup de choses se sont produites dans l’industrie des actifs numériques en 2020.

Malgré l’actuelle tourmente économique mondiale, la cryptomonnaie a connu l’une des meilleures années de son histoire, longue de près de 12 ans. Dans le même temps, alors que la cryptomonnaie continue de mûrir et que des réglementations efficaces sont mises en place, je pense que 2021 et les années suivantes seront encore meilleures.

Auteur : Konstantin Anissimov

Konstantin est directeur exécutif du l’exchange crypto CEX.IO, où il est responsable des relations avec les clients institutionnels et VIP, supervisant la création de la stratégie de développement de la société, des nouveaux produits, des marchés et des partenariats. Il a suivi le programme Executive MBA de l’université de Cambridge et possède une solide expérience technique en matière de développement web et de blockchain Ethereum. Konstantin possède une vaste expérience de travail avec divers marchés du monde, notamment au Royaume-Uni, dans les pays de l’UE, en Chine, en Asie du Sud-Est et en Afrique du Sud.

NOTE : Les opinions exprimées ici sont celles de l’auteur et ne représentent ou ne reflètent pas nécessairement celles de BeInCrypto.

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