Alors que Pékin ravive la tension militaire autour de Taïwan, un risque économique colossal de 10 600 milliards de dollars plane sur la planète. Bitcoin pourrait bien en être le grand gagnant inattendu…
Taïwan inquiète les marchés
La tension géopolitique autour de Taïwan prend une nouvelle ampleur. Le 15 mars, la Chine a repris ses opérations militaires à grande échelle autour de l’île, mobilisant 26 avions et 7 navires, selon le ministère taïwanais de la Défense. Cette démonstration de force, la plus importante depuis plusieurs semaines, intervient après un calme relatif de deux semaines dans la zone d’identification de défense aérienne (ADIZ).
Taïwan est au cœur de la chaîne d’approvisionnement mondiale des semi-conducteurs. L’île produit plus de 60 % des puces globales et plus de 90 % des processeurs avancés utilisés dans l’intelligence artificielle, les centres de données et les smartphones. Le géant TSMC fournit notamment Apple, NVIDIA, AMD et Qualcomm.
Selon une modélisation de Bloomberg Economics, une guerre entre les États-Unis et la Chine autour de Taïwan pourrait provoquer 10,6 billions de dollars (soit 10 600 milliards) de pertes mondiales, soit environ 10 % du PIB planétaire. Même un simple blocus serait capable de réduire le PIB mondial de 2,8 % dès la première année. Dans ce scénario, les chaînes logistiques des secteurs électroniques, automobiles et industriels seraient paralysées.
Ajoutons à cela que la Chine, deuxième puissance économique mondiale, est aussi un pivot stratégique de la production manufacturière. Des sanctions ou restrictions commerciales après une escalade militaire amplifieraient le choc économique. Or, cette montée des tensions survient dans un contexte déjà fragile, marqué par les conflits persistants au Moyen-Orient.
Le BTC profite du stress géopolitique
Alors que les marchés traditionnels plient sous le poids de ces inquiétudes, Bitcoin affiche une résilience notable. Depuis le regain de tension entre les États-Unis et l’Iran fin février, le cours du BTC a gagné près de 7 %, surpassant l’or, le S&P 500 et le Nasdaq 100. Coté autour de 73 916 $, il s’approche d’un plus haut de six semaines après un rebond de 25 % depuis son bottom de février.
Pour l’analyste Gautam Chhugani de Bernstein, les propriétés structurelles du Bitcoin en font un refuge naturel en période d’instabilité. D’autant que 60 % des BTC en circulation n’ont pas bougé depuis plus d’un an, limitant la pression vendeuse, tandis que les ETF Bitcoin américains enregistrent trois semaines consécutives d’entrées.
De son côté, l’investisseur Robert Kiyosaki estime que l’économie mondiale s’apprête à affronter « la plus grande bulle de l’histoire ». Il prédit, après l’éclatement de cette bulle, un Bitcoin à 750 000 $ et un or à 35 000 $ l’once.
La morale de l’histoire : guerre ou pas, la cupidité trouve toujours une blockchain où s’abriter.