Tandis que les investisseurs particuliers se ruent sur l’or noir, une question brûlante s’impose : la flambée du prix du pétrole sera-t-elle un carburant ou un frein pour Wall Street ?
Pas de repos pour le prix du pétrole
Le prix du pétrole poursuit sa course folle. Le Brent a franchi les 106 $ le baril dimanche, avant de refluer légèrement en début de séance lundi, dans un contexte de fortes tensions au Moyen-Orient. Une situation géopolitique instable qui attire une vague d’investissements vers l’or noir et pousse les experts à envisager trois scénarios.
Au cours du dernier mois, les particuliers ont afflué massivement vers les fonds négociés en bourse (ETF) spécialisés dans le pétrole. Les montants investis ont atteint un niveau record de 211 millions de dollars jeudi, dépassant le pic observé en mai 2020 (+200 millions) et triplant le sommet de 2022 (+70 millions).
Le United States Oil Fund (USO) s’est distingué avec 32 millions de dollars d’entrées de détail en une seule journée, soit le troisième plus gros afflux quotidien jamais enregistré, un véritable engouement populaire pour un actif longtemps réservé aux investisseurs institutionnels.
Cette ruée traduit une demande environ dix fois supérieure à la moyenne quinquennale. Les particuliers semblent désormais considérer le pétrole comme une valeur refuge face à l’incertitude macroéconomique et aux secousses boursières.
Quid de la bourse ?
Mais qu’en est-il des grandes valeurs américaines ? Contre toute attente, la flambée des prix du pétrole ne rime pas forcément avec un effondrement des marchés actions. Au contraire, les analyses historiques suggèrent une corrélation positive entre les hausses du baril et les performances du S&P 500. Depuis 1986, l’indice a progressé en moyenne de 24 % dans les douze mois suivant une envolée d’au moins 20 % des prix du pétrole sur deux jours.
Sur sept épisodes recensés, six se sont soldés par une année de hausse. Seule la crise de 2008, survenue dans un contexte de récession mondiale, échappe à la règle. Le rebond le plus spectaculaire reste celui de 2020, où le S&P 500 avait bondi de 54 % après le krach pandémique, soutenu par les plans de relance des banques centrales et des gouvernements.
Historiquement, lorsqu’un choc pétrolier n’est pas accompagné d’un ralentissement économique marqué, il tend à offrir des opportunités d’achat à long terme et à stimuler les valeurs énergétiques, moteur du S&P 500. À court terme, les investisseurs surveilleront donc de près la dynamique des prix du Brent et son impact sur la confiance des consommateurs comme sur les marges du commerce de détail.
La morale de l’histoire : l’or noir fait tourner le monde, mais surtout les têtes des investisseurs.