Le PDG de Blockstream et inventeur du Hashcash, Adam Back, a affirmé cette semaine que les mathématiques fondamentales de Bitcoin relèvent d’une découverte, et non d’une invention, et a directement repoussé les allégations selon lesquelles le développeur Peter Todd serait Satoshi Nakamoto. Ces déclarations sont issues d’un échange sur les réseaux sociaux qui a ravivé l’un des plus anciens débats de la crypto.
La discussion a démarré à la suite d’un post de Todd, qui a expliqué avoir abordé des concepts similaires à Bitcoin avec Back et Hal Finney alors qu’il était adolescent. Todd a fait cette remarque en critiquant une proposition de restriction d’âge sur les réseaux sociaux au Royaume-Uni.
Todd est-il Satoshi ?
Le post de Todd ne constituait pas une revendication de la part de Satoshi, malgré des titres de presse lui prêtant cette intention. Il a soutenu que priver les adolescents d’accès aux forums techniques reviendrait à couper les futurs innovateurs des discussions qui ont contribué à façonner Bitcoin. Sa référence concernait un « système similaire à Bitcoin » reposant sur le proof-of-work et une conception décentralisée, et non un aveu de paternité.
Lorsqu’un utilisateur a interprété la réponse de Back comme une confirmation que Todd serait Satoshi, Back l’a rejetée sans équivoque.
Back a confirmé que Todd participait à des communautés de recherche où ce type d’idées circulait bien avant le whitepaper de Satoshi en 2008. Il a cité un échange sur la mailing list cypherpunks en 1997 ainsi qu’une discussion en 2001 entre Todd et Finney, sur la liste de recherche pair-à-pair. Par ailleurs, Satoshi a contacté Back parmi les toutes premières personnes avant publication. Les cypherpunks qui ont contribué à faire avancer ces idées restent aujourd’hui une présence notable lors des événements dédiés à Bitcoin.
Découverte, pas invention
Le débat plus large porte sur la véritable nature de Bitcoin. Back l’a comparé à des théorèmes mathématiques ou des constantes physiques, des éléments qui existent dans un espace de conception extrêmement étroit, ne laissant aucune place à l’arbitraire.
« Autre marqueur de découverte : Bitcoin n’existe que dans un espace de conception très étroit. C’est davantage comme le théorème de Pythagore, l’ADN, ou l’or physique en tant que monnaie marchandise. La véritable découverte ici, c’est la marchandise numérique rare », affirme Back par le biais de X.
Lorsque des critiques ont soutenu que les découvertes ne sauraient exister dans un espace de conception étroit, Back a défendu la position inverse. Selon lui, cette étroitesse définit justement ce qu’est une découverte : le théorème de Pythagore fonctionne, mais dès qu’on le modifie, il s’effondre. Il en va de même pour l’ADN. Selon Back, Bitcoin « casse » chaque fois que des développeurs tentent d’altérer son architecture fondamentale, un comportement qui s’apparente plus aux lois physiques qu’à la souplesse d’un logiciel.
Les détracteurs rétorquent que Bitcoin est une implémentation spécifique sans cahier des charges précis, et que le fait de décourager les implémentations alternatives pour les nœuds en langages plus sûrs en mémoire trahit une rigidité plus qu’une inévitabilité. Satoshi aurait d’ailleurs dû construire le système avant de rédiger le whitepaper pour vérifier qu’il fonctionnait réellement, un détail que Back cite comme une preuve supplémentaire qu’un autre design n’aurait pas été possible.
Il avait nié être Satoshi lorsqu’une analyse des écrits de Satoshi en 2026 avait fait de lui le principal suspect, une conclusion contestée par Saylor et d’autres. Certains estiment que l’identité de Satoshi doit rester inconnue, tandis que les détracteurs font remarquer que cet intérêt coïncide avec l’actualité autour du projet de jeton BSTR de Blockstream. Que Bitcoin soit le fruit d’une découverte ou d’une conception, la question soulevée par Back va au-delà de la question de l’identité.









