Les traders d’options ont choisi leur camp dans le duel MSTR contre BMNR. Ce n’est pas celui que la plupart des investisseurs auraient deviné. Ils continuent d’acheter des calls sur BitMine Immersion Technologies (BMNR) tout en restant prudents sur MicroStrategy (MSTR).
Ce choix peut sembler étrange à première vue. L’action BitMine a chuté bien plus sévèrement cette année, et pourtant, le marché des options reste orienté à la hausse sur ce titre. L’explication se trouve dans les bilans financiers des deux sociétés.
Les traders d’options sont haussiers sur BitMine, prudents sur MicroStrategy
L’action BitMine a perdu environ 45 % en 2026, soit bien plus que la baisse d’environ 17 % de MicroStrategy. Malgré cela, les traders se positionnent sur un rebond de BitMine. L’indicateur le plus révélateur est le ratio put-call, qui compare les contrats de vente (puts) aux contrats d’achat (calls). Une valeur inférieure à 1 signifie que les calls sont plus nombreux que les puts, ce qui indique une tendance haussière.
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BitMine se situe largement en territoire haussier. Son ratio de volume est de 0,23 et son ratio d’intérêt ouvert est de 0,35 au 15 juin. Les deux sont bien en dessous de 1.
Cette conviction s’est renforcée. Début juin, le ratio de volume était de 0,60 et le ratio d’intérêt ouvert de 0,37. Depuis, de nouveaux achats de calls ont été réalisés.
La situation est plus partagée pour MicroStrategy. Son ratio de volume est tombé à 0,61 contre 0,93 un mois plus tôt, ce qui montre un regain d’activité sur les options. Toutefois, son ratio d’intérêt ouvert est de 0,94 : le carnet d’options en cours reste donc davantage orienté vers les puts.
Le faible coût des options constitue un atout. La volatilité implicite de BitMine, c’est-à-dire les anticipations du marché sur les variations de prix, se situe au 4ᵉ percentile de l’année écoulée. Ce percentile indique la fréquence à laquelle la volatilité était plus basse : à 4 %, cela signifie que la volatilité n’a été plus calme que dans 4 % des cas.
En d’autres termes, les options BitMine sont quasiment au plus bas de leur prix depuis un an. MicroStrategy est placé au 65ᵉ percentile, avec des valeurs plus faibles la plupart du temps, ce qui rend ses options plus chères. Cet écart permet donc aux traders de miser sur un rebond de BitMine à moindre coût.
Un Bitcoin en trésorerie à prix réduit n’est pas toujours une affaire
L’équation se complique davantage côté valorisation. MicroStrategy s’échange à 0,82x mNAV, c’est-à-dire une capitalisation boursière divisée par la valeur de ses actifs crypto. En dessous de 1,0x, cela signifie que l’action est moins chère que les pièces détenues en réserve.
À 0,82x, chaque dollar investi dans MicroStrategy permet d’acquérir l’équivalent de 1,22 dollar de Bitcoin. BitMine se négocie à 0,97x, quasiment à parité avec ses avoirs en Ether. Sur le strict critère du prix, la trésorerie Bitcoin semble donc être l’opportunité.
Un rabais n’est une affaire que si rien ne le justifie. Or, ici, trois éléments l’expliquent.
Premièrement, la dette. MicroStrategy porte environ 8,2 milliards de dollars de dette, tandis que BitMine n’en a aucune. Si l’on retire la dette, les deux s’échangent autour de 0,96x à 0,97x : l’effet de levier représente donc la différence.
Deuxièmement, une position en moins-value. Le coût moyen d’achat de MicroStrategy, c’est-à-dire le prix payé pour chaque coin, est d’environ 75 527 dollars. Avec un Bitcoin autour de 66 552 dollars au moment de la rédaction, la position est en négatif.
Troisièmement, le rendement. BitMine stake la majorité de son Ether et génère un rendement de staking d’environ 2,9 %, récompensant ainsi sa contribution à la sécurisation du réseau. Le Bitcoin de MicroStrategy ne rapporte rien.
Le rabais n’est donc pas de l’argent facile. Il s’agit du marché qui évalue l’effet de levier, les pertes, et une trésorerie qui ne rapporte rien. Le prix proche de la valeur liquidative de BitMine reflète l’inverse : une trésorerie Ethereum saine et générant du rendement. C’est pourquoi les traders d’options paient plus cher pour ce titre. Ils n’achètent pas seulement un rabais mis en avant.
La question suivante est de savoir si le smart money partage cet avis.
Le smart money se range du côté des baissiers sur MicroStrategy
Les données on-chain confirment cette lecture prudente. Le smart money identifié par Nansen—des wallets ayant un solide historique—semble pencher à la baisse sur la proxy MicroStrategy.
Le groupe détient une position nette short d’environ 4,2 millions de dollars. Les positions longues s’élèvent à 712 915 dollars contre 4,95 millions en short, soit un ratio long/short de 0,14x.
Cette orientation correspond au carnet d’options dominé par les puts sur MicroStrategy. Deux jeux de données distincts vont dans le même sens. Les données comparables pour le smart money ne sont pas disponibles pour BitMine, cette analyse porte donc uniquement sur MSTR.
Un détail explique pourquoi la structure compte autant. Sur la période récente, les deux actions ne suivent plus quasiment la performance de leurs pièces. Le bêta de BitMine par rapport à Ether, qui mesure l’amplification des mouvements du cours de l’Ether par l’action, n’est que de 0,06x. Celui de MicroStrategy face à Bitcoin est de 0,07x. La corrélation quotidienne, c’est-à-dire la synchronisation entre les deux, frôle les 0,03.
Avec un lien aussi faible à la pièce, les facteurs propres à l’entreprise pèsent désormais davantage que les mouvements du Bitcoin ou de l’Ether au quotidien. L’attention se reporte donc sur la dette, le rendement et le prix d’acquisition. La thèse haussière sur BitMine présente toutefois encore une faille.
Le point faible qui pourrait compromettre la thèse haussière dans le débat MSTR vs BMNR
Le pari d’options sur BitMine suppose que de nouveaux acheteurs suivent. Or, le marché n’est pas d’accord pour l’instant.
Le Chaikin Money Flow, un indicateur de la pression d’achat ou de vente institutionnelle, s’établit à -0,09 pour MicroStrategy et -0,11 pour BitMine. Les deux valeurs sont négatives.
Une valeur négative indique une distribution, c’est-à-dire plus de ventes que d’achats. Ainsi, même l’action préférée des options continue d’être vendue par les institutionnels.
Il en ressort donc un test clair. L’avantage de BitMine est réel sur le papier, avec l’absence de dette, un rendement de staking et une trésorerie valorisée à son juste prix.
Le risque, c’est qu’une vague de ventes généralisées entraîne les deux titres à la baisse, quelle que soit la solidité de leur bilan. Si les acheteurs entrent en scène, le positionnement sur les options BitMine paraîtra précurseur et pertinent. Mais si la pression vendeuse persiste, aucun bilan ne protégera ni l’un ni l’autre.









