La crypto triomphe là où les banques centrales capitulent

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EN BREF
  • Les banques centrales des pays en crise sont confrontées à d'importantes pénuries de liquidités et de services financiers.

  • Le krach de la banque centrale et de la monnaie du Liban pousse les citoyens à se tourner vers la crypto.

  • La crypto aide les pays ravagés par la guerre comme l'Afghanistan, mais elle vient avec son lot de répercussions et peut également amener vers la centralisation dans certains cas.

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À l’heure où de plus en plus de pays sont confrontés à des difficultés économiques mêlées à des crises politiques, les banques centrales se retrouvent avec peu voire aucun pouvoir. Ne pouvant pas faire confiance aux entités publiques de leurs pays, beaucoup se tournent vers les monnaies numériques.

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Les banques centrales s’effondrent

Tout au long de l’année écoulée, beaucoup de pays à travers le monde ont vu leurs difficultés économiques s’exacerber. Ces problèmes sont le résultat de plusieurs facteurs, notamment la pandémie du Covid-19, la corruption, les guerres, les catastrophes naturelles ou tout simplement une dégradation persistante de la situation financière. Dans certains cas, comme celui du Liban, tous ces facteurs sont réunis.

Le Liban est un pays où les vagues d’incertitude économique, politique et sociale ne cessent de s’intensifier. L’une de ses dernières épreuves en date a éclaté en 2019 avec l’épuisement du système financier libanais. La monnaie nationale du Liban, la livre libanaise, est arrimée au dollar avec un taux officiel d’un dollar pour 1 500 livres. Cependant, les taux de change du marché noir ont fortement grimpé, franchissant la barre des 17 000 livres à la fin de la semaine dernière.

Dans une situation plus “typique”, la banque centrale tient les rênes de la politique économique, car elle ressent les fluctuations du marché. Cependant, au Liban, les institutions financières centralisées ne sont plus là pour réorienter l’économie du pays. Des images récentes prises sur le terrain montrent des citoyens libanais protestant devant les banques locales, qui ont collectivement pris la décision de retenir et de geler leurs épargnes.

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La Banque centrale du Venezuela est un autre exemple de banque centrale en déconfiture. Après un déclin économique continu, le PIB du pays a subi une chute libre au cours des huit dernières années. Rien que cette année, la monnaie nationale du pays a perdu 73% de sa valeur, selon les statistiques d’Al Jazeera.

Comme solution potentielle, la banque centrale a décidé de changer de devise afin d’alléger le fardeau pour “une échelle monétaire plus simple”. Avant, le bolivar vénézuélien valait 0,25 $.

Se démener pour le pouvoir économique et la stabilité du pays n’est cependant pas la seule corvée des banques centrales. Les pays comme le Liban et le Venezuela se retrouvent souvent face à des restrictions et des sanctions internationales. Dans le cas du Liban, les comptes bancaires et les cartes de crédit sont pratiquement inutiles à l’extérieur du pays, ce depuis plusieurs mois.

La crypto à la rescousse

Au moment où les banques centrales s’écroulent voire disparaissent, des particuliers et parfois même des pays se tournent vers la crypto comme moyen d’épargne. Au Liban, le krach bancaire a encouragé les détenteurs de crypto à lancer leurs propres marchés P2P. C’est ce qu’a fait Mario Awad.

“J’ai des responsables de la sécurité, des politiciens, des personnalités médiatiques, tout le monde achète de la crypto”, a déclaré Mario Awad dans une interview avec Reuters, avant d’ajouter que “de plus en plus de citoyens lambda qui essaient de fuir les banques ruinées et de réduire leurs pertes” se lancent également dans la crypto.

Une autre personne libanaise interrogée par l’agence a affirmé que la crypto, plus précisément le Bitcoin, est “100 fois plus concret que les dollars que nous avons dans les banques”.

En outre, les échanges de cryptomonnaies dans des pays financièrement désespérés, tels que le Liban, ont souvent lieu entre deux personnes physiques (P2P). WhatsApp, Telegram et Twitter regorgent de comptes dédiés à la crypto et au Bitcoin qui fournissent des informations sur le marché. C’est le cas également en Inde, mais aussi en Afrique où les transactions Bitcoin en P2P étaient à leur plus haut niveau en milieu d’année 2021, avec une augmentation de 50% par rapport à l’année précédente.

En Afghanistan, un pays actuellement contrôlé par les talibans, les arguments en faveur de la crypto se sont renforcés alors que les institutions financières traditionnelles se sont essoufflées. Au cours des mois qui ont suivi la prise de contrôle par le nouveau gouvernement, l’utilisation de la crypto a augmenté et a propulsé l’Afghanistan dans le top 20 des 154 pays de l’indice mondial d’adoption de la cryptomonnaie en 2021. Selon plusieurs sources, les adeptes crypto de la première heure ont utilisé les monnaies numériques pour le soutien et l’assistance face à la récente vague d’incertitude.

Cependant, plusieurs questions liées aux risques de l’utilisation de la crypto sont soulevées dans ces zones instables. Les talibans pourraient par exemple adopter une politique d’usage des cryptomonnaies, qui leur permettra de capitaliser sur les transactions anonymes et d’éviter les systèmes financiers occidentaux.

Des questions sur les monnaies numériques des banques centrales

Alors que la question des cryptomonnaies contre les banques centrales subsiste, une combinaison des deux est à l’horizon. Les monnaies numériques des banques centrales (CBDC) sont actuellement en cours de développement dans plusieurs pays. Un rapport récent a révélé qu’environ 80% des banques centrales mondiales ont déjà lancé des recherches sur les CBDC.

Ces actifs sont essentiellement des versions numériques des monnaies fiat des banques centrales. Il s’agit concrètement d’un enregistrement électronique ou d’un token, qui contient un enregistrement électronique de la devise d’un pays donné. Bien qu’elles soient également considérées comme des tokens numériques, les CBDC se démarquent des cryptomonnaies plus traditionnelles par des différences notables principalement liées à la centralisation.

Malgré l’utilisation de la technologie blockchain, le réseau sous-jacent des CBDC demeure sous le contrôle de l’autorité financière émettrice. Bien que cette technologie de registre distribué soit innovante, l’hyper-centralisation des CBDC donne aux banques centrales plus de pouvoir et d’autorité sur les capacités financières du citoyen lambda. Cela peut également se traduire par une influence politique et privée plus importante.

Comme mentionné précédemment, de nombreux pays comme la Chine sont actuellement en train de tester les CBDC, et d’autres comme les États-Unis ont des recherches en cours sur ce sujet. Nul n’ose nier l’évolution du paysage financier mondial. Reste à voir comment les institutions traditionnelles comme les banques centrales se repositionnent face à un tel changement.

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Savannah Fortis is a multimedia journalist covering stories at the intersection culture, international relations, and technology. Through her travels she was introduced to the crypto-community back in 2017 and has been interacting with the space since.

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