Comment mesurer l’impact socio-environnemental d’une blockchain ?

28 décembre 2022, 09:15 CET
9 janvier 2023, 13:09 CET

La blockchain a apporté énormément de choses à beaucoup de secteurs, mais son empreinte carbone a toujours été pointée du doigt par ses détracteurs. Les développeurs de projets crypto ont donc multiplié leurs efforts pour rendre la blockchain plus durable et plus éthique. La mise à jour The Merge, par exemple, a réduit la consommation énergétique du réseau Ethereum de plus de 99 %.

De même, il existe une liste non exhaustive de projets blockchain durables et écologiques. Bien qu’il soit difficile de mesurer l’impact socio-environnemental de ces projets, certains outils peuvent nous faciliter la tâche. Dans ce guide, nous verrons comment on peut mesurer l’impact socio-environnemental d’une blockchain en se basant sur les ODD de l’ONU.

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Table des matières

  • Comment mesurer l’impact environnemental d’une blockchain avec les ODD ?
  • La blockchain est-elle toujours énergivore ?
  • Créer un monde meilleur avec la blockchain
  • Développement durable : un pilier de croissance pour la crypto
  • Foire aux questions (FAQ)

Comment mesurer l’impact environnemental d’une blockchain avec les ODD ?

Blockchain

Comment peut-on quantifier l’impact d’une blockchain sur l’environnement ? La méthode la plus simple consiste à se référer aux objectifs de développement durable de l’ONU (ODD). Il s’agit d’une liste de 17 objectifs fixés par l’ONU pour mettre fin à la pauvreté, protéger la planète et garantir la paix et la prospérité partout dans le monde d’ici 2030.

La réalisation de ces objectifs nécessite des efforts concertés de la part des gouvernements, de la société civile et des entreprises. Un rapport publié en 2021 a révélé que 83 % des entreprises adhèrent à la vision de l’ONU. Près de la moitié des entreprises interrogées ont pris des mesures tangibles afin d’atteindre ces objectifs.

Quelques exemples de projets blockchain durables 

Voyons maintenant quelques exemples de projets blockchain qui contribuent considérablement à certains ODD. 

  • Dans le cadre de son projet de lutte contre la précarité menstruelle, la Fondation Binance Charity a distribué des Pink Care Tokens (PCAT) et livré des packs de serviettes hygiéniques réutilisables à des écolières en Ouganda. Cette initiative correspond à l’ODD 3 : “Permettre à tous de vivre en bonne santé et promouvoir le bien-être de tous à tout âge” et à l’ODD 5 : “Parvenir à l’égalité des sexes et autonomiser toutes les femmes et les filles”.
  • Bazar Network est une marketplace décentralisée basée sur la plateforme SDK Lisk. Le projet s’appuie sur la technologie blockchain pour connecter les exportateurs, les acheteurs et les vendeurs de produits alimentaires comme l’avocat, le cacao et le café. Son objectif est de décentraliser la supply chain agroalimentaire, ce qui correspond à l’ODD 12 : “Établir des modes de consommation et de production durables”.
  • DMRV utilise la technologie IOTA pour rationaliser et digitaliser la gestion des données énergétiques au sein des unités de production. Par exemple, un établissement vinicole en Chili peut réduire son empreinte carbone et conserver ainsi les ressources hydriques et terrestres. Cela correspond à l’ODD 9 “Bâtir une infrastructure résiliente, promouvoir une industrialisation durable qui profite à tous et encourager l’innovation” et à l’ODD 12.
  • Empowa est une plateforme DeFi qui s’appuie sur Cardano pour fournir des logements abordables aux communautés africaines traditionnellement exclues. La technologie blockchain est utilisée pour suivre, enregistrer et valider les achats de logement, créant ainsi une source fiable d’informations sur le marché africain du logement social. Cela correspond aux ODD 9 et 11 “Faire en sorte que les villes et les établissements humains soient inclusifs, sûrs, résilients et durables”.

La blockchain est-elle toujours énergivore ?

Avant de trancher sur la durabilité d’un projet, il faut tout d’abord savoir comment fonctionne la blockchain qu’il utilise. En effet, il est contre-productif de vouloir contribuer au développement durable en utilisant une blockchain énergivore. 

La plupart de ceux qui disent que la blockchain est une technologie polluante font référence au mécanisme de consensus Proof of Work (PoW). Il s’agit d’un système où les mineurs rivalisent les uns avec les autres pour être les premiers à résoudre des équations mathématiques, ce qui nécessite beaucoup d’énergie. 

Cependant, comme nous l’avons vu avec Ethereum, la plupart des blockchains se tournent vers l’algorithme Proof of Stake (PoS). Plutôt que de faire du minage crypto, les validateurs bloquent leurs tokens dans un contrat intelligent pour avoir la possibilité de valider de nouvelles transactions et de gagner des récompenses. S’ils valident des données frauduleuses ou erronées, les validateurs perdent leurs jetons. Contrairement au PoW, ce mécanisme nécessite très peu de puissance de calcul.

Outre la blockchain, il existe une nouvelle génération de technologies de registres décentralisés qui utilisent ce que l’on appelle le graphe orienté acyclique (DAG). Contrairement à une blockchain, le DAG s’appuie sur plusieurs chaînes qui fonctionnent en parallèle. IOTA est un excellent exemple de cette nouvelle technologie. En effet, chaque nouvelle transaction IOTA doit valider au moins deux transactions précédentes avant d’être validée. Ce mécanisme permet d’avoir un réseau très économe en énergie qui, comme Tezos ou Cardano, peut fonctionner sur un Raspberry Pi (un petit ordinateur monocarte qui utilise 2, 4 ou 8 Go de stockage). À titre de comparaison, Solana recommande d’utiliser au moins 128 Go d’espace de stockage.

Fait intéressant : les recherches montrent que l’exécution d’une transaction sur le prototype IOTA 2.0 nécessite moins d’énergie que l’allumage d’une lumière de Noël pendant une seconde.

Créer un monde meilleur avec la blockchain

Les exemples donnés ci-dessus ne sont que la partie émergée de l’iceberg. En effet, les différents acteurs du secteur cherchent à faire de la blockchain un pilier de développement social en utilisant les ODD comme outil de mesure.

Parmi les organisations qui participent à ce mouvement, on peut citer : 

  • Positive Blockchain, une base de données qui vise à mettre en avant les avantages socio-environnementaux de la blockchain.
  • Blockchain for Good, une association à but non lucratif dédiée aux acteurs de la blockchain et du développement durable. 
  • Global Blockchain Business Council, une organisation qui encourage les législateurs et les entreprises à utiliser la blockchain pour des sociétés fonctionnelles plus sûres et plus équitables.

L’International Association for Trusted Blockchain Applications (INATBA) dispose également d’un groupe de travail dédié à l’impact social et à la durabilité. Ce dernier identifie les projets ayant un impact social et qui répondent aux objectifs de développement durable de l’ONU. L’année dernière, l’association a publié plusieurs documents très utiles, notamment un rapport intitulé “Blockchain for Social Impact”, ainsi qu’un document et un guide sur l’impact social. 

Les organisations comme celles-ci aident les entreprises et les projets crypto à mesurer leur impact socio-environnemental en s’appuyant sur les ODD de l’ONU. Elles constituent également une excellente ressource pour tous ceux qui souhaitent comprendre comment la blockchain peut améliorer notre monde.

Développement durable : un pilier de croissance pour la crypto

Les rug pulls, les scams NFT et les faillites successives de certains poids lourds du marché ont terni la réputation de la blockchain et de la crypto. Cependant, ceux qui croient dur comme fer au potentiel du secteur n’ont pas cédé au FUD (peur, incertitude, doute). En effet, tous ces incidents ont été causés par la cupidité humaine, ce qui signifie qu’ils n’enlèvent rien au potentiel de la blockchain. 

Lorsqu’elle est utilisée à bon escient, la blockchain peut transformer des vies, renforcer des économies, favoriser l’inclusivité, lutter contre les changements climatiques et résoudre toute une panoplie de problèmes sociaux. Cela dit, l’adoption de cette technologie nécessitera une collaboration entre les gouvernements, les acteurs du secteur et la société civile.

Foire aux questions (FAQ)

Comment utiliser la blockchain dans les projets écologiques ?

L’évaluation de l’impact environnemental nécessite une collecte, une analyse et une vérification des données. Étant 100% immuable, la blockchain constitue le meilleur outil d’évaluation de l’impact environnemental. Aujourd’hui, de nombreux projets utilisent la blockchain pour suivre les émissions de gaz à effet de serre, apporter de la transparence aux chaînes d’approvisionnement, mesurer la performance des solutions technologiques ou optimiser le transport commercial pour réduire les déchets. 

Les cryptomonnaies peuvent également permettre aux groupes exclus d’avoir une autonomie financière. De même, cette catégorie d’actifs aide à lutter contre la corruption avec des données immuables, tokeniser des actifs physiques comme les terrains agricoles et offrir des micro-financements aux agriculteurs.

Comment rendre la blockchain plus durable ?

Le passage à un mécanisme de consensus Proof of Stake (PoS) est déjà un bon pas vers la bonne direction. On peut également opter pour des protocoles DAG comme IOTA. Il convient toutefois de noter que tous les protocoles ne se valent pas en termes de consommation énergétique.

Qu’est-ce que les ODD ?

Les ODD sont un ensemble de 17 objectifs de développement durable fixés par les Nations Unies pour mettre fin à la pauvreté, protéger la planète et assurer la paix et la prospérité partout dans le monde. Les acteurs impliqués sont les gouvernements, les autorités infranationales, les entreprises et la société civile.

Quelles sont les organisations qui utilisent la blockchain pour la durabilité ?

Le Forum économique mondial et les Nations Unies commencent à se tourner vers la blockchain. Certains bureaux de l’ONU, comme le Programme alimentaire mondial (PAM) et le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), ont déjà lancé des projets basés sur la blockchain. 

Parmi les organisations qui sensibilisent les gens à ce sujet, on peut citer : Positive Blockchain, Blockchain for Good, le Global Blockchain Business Council et l’International Association for Trusted Blockchain Applications (INATBA).

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